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DIAGNOSTIC DE L’ANTHRAX

Il nous reste, en dernier lieu, à passer en revue le diagnostic, le pronostic et le traitement de l’anthrax.

Diagnostic. — Rappelez- vous les quelques propositions suivantes :

1° Dans l’immense majorité des cas, le diagnostic de l’anthrax ne présente aucune difficulté ; les signes spéciaux que nous avons indiqués suffisent habituellement pour entraîner la conviction.

2° L’erreur qu’il est facile de commettre, c’est de prendre un anthrax pour un furoncle, soit que tout d’abord l’anthrax s’annonce sous un petit volume, soit que l’anthrax se développe secondairement autour d’un furoncle initial. Gomme règle pratique, souvenez-vous du précepte suivant : 11e vous hâtez jamais de porter un diagnostic au moment où vous verrez un furoncle commencer à évoluer, avant que le furoncle ne soit franchement limité, surtout si la tumeur apparaît chez un individu présentant une des causes générales que nous avons signalées.

On comprend très bien que l'on puisse, au premier abord, hésiter entre un anthrax et la pustule maligne. Mais la pustule maligne débute nettement par une vésicule. Lorsque l’on voit dans l’anthrax une phlyctène apparaître, il y a déjà depuis longtemps des phénomènes de rougeur, de tuméfaction. Sous la phlyctène de la pustule maligne, on voit se produire une escarre; sous la phlyctène de l’anthrax, on voit les orifices qui devront laisser passer les bourbillons, les cratères plus ou moins nombreux, suivant que la tumeur est plus ou moins volumineuse.

Pronostic. — Le pronostic de l’anthrax est difficile à apprécier d’une manière complète. O11 possède, du reste, peu de relevés suffisants pour résoudre cette question, et les statistiques des divers chirurgiens varient dans des proportions considérables, même quand il s’agit d’apprécier la mortalité seulement. Ainsi Velpeau, sur 184, a eu 14 décès. C’est une mortalité de 8 0/0. Dcnucé, sur 21 cas, a observé 6 morts. La mortalité s’élevait ainsi à 20 0/0. Paget, en 1860, sur

200 cas, a noté 2 morts seulement. En 1844, Nélaton a écrit que l’anthrax était peu dangereux et ne réclamait que bien rarement un traitement énergique.

Ges divergences démontrent que le pronostic est par conséquent éminemment variable.

Un âge peu avancé, des conditions générales bonnes, des conditions locales satisfaisantes, c’est-à-dire un anthrax do petites dimensions, situé dans des régions favorables, évoluant sans complications, sont des conditions qui permettent habituellement une terminaison heureuse. Des conditions inverses conduiront tout naturellement à un pronostic plus grave.

Voici, du reste, quelques observations que vous 'pourrez retenir :

1° D’après quelques auteurs, l’anthrax situé sur la ligne médiane se termine plus souvent favorablement que celui que l'on observe sur un point quelconque des parties latérales.

2° La gravité de l’anthrax croît en raison de sa dimension, de son siège, des complications, et de l’état général. Nous avons indiqué, d’après les observations d’Halpryn, que l’état diabétique existant au moment de l’évolution d’un anthrax ne présentait pas la gravité que l’on est tout d’abord disposé à affirmer dans ces cas. Ainsi sur 117 anthrax, 34 observés chez des diabétiques ont été presque tous légers, 84 en dehors du diabète ont présenté, au contraire, une gravité exceptionnelle. Loin de nous cependant la pensée qu’un anthrax développé chez un sujet diabétique déjà épuisé par sa maladie ne soit pas plus grave que celui développé chez un individu non diabétique et jouissant encore de toutes ses forces. Nous signalons seulement la statistique précédente pour bien établir qu'il ne faudrait pas fatalement conclure de l’existence de la glycosurie à un pronostic funeste.

3° A propos du pronostic, il est bon de résoudre cette question : existe-t-il un anthrax malin? Cette question,' mise a l’ordre du jour au Congrès de Bordeaux, mérite vraiment un

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