‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 194 sur 252 · TRAITEMENT DE L’ANTHRAX · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L’ANTHRAX

examen sérieux. Les membres bordelais du Congrès ont tous eu une certaine tendance à admettre un anthrax malin, c’est pour eux une variété d’anthrax ayant par elle-même une marche insidieuse, se compliquant rapidement d’accidents ataxoadynamiques, ne semblant nullement eu rapport avec les phénomènes locaux; cet anthrax, d’après eux, semblerait lié à un certain état virulent.

Richet, Trélat et quelques autres chirurgiens rejettent, au contraire, cette dénomination de malin, admettant seulement, d’une part, des anthrax peu graves, bénins, si l’on veut; d’une autre part, des anthrax graves, très graves, mais la gravité dépendant essentiellement des complications. Ces complications peuvent être liées, soit à îles conditions générales très mauvaises, soit à des conditions locales phlébitiques ; celles que nous avons indiquées, par exemple, dans les cas de furoncle de la région cervico-faciale. Si les furoncles de cette région offrent une gravité exceptionnelle^ bien plus forte raison cette gravité existera-t-elle pour l’anthrax placé dans ces conditions locales. En définitive, comme l’a très bien indiqué Trélat, l’anthrax peut être peu grave, grave ou très grave ; la dénomination de malin devant être simplement prise dans ce dernier sens.

Il nous reste maintenant à envisager la question du traitement.

Traitement. — Examiné à un point de vue général, l’anthrax représente une tumeur essentiellement caractérisée par une douleur très vive, une tendance à envahir les parties profondes. Le processus pathologique s’accompagne habituellement de mortification des parties, la cicatrisation est toujours plus ou moins longue, la cicatrice plus ou moins difforme.

Les divers moyens proposés pour lutter contre cette lésion devront donc

! calmer la douleur ;

Î arrêter autant que possible les progrès du mal;

éviter les mortifications étendues;

\ favoriser la réparation et éviter les cicatrices difformes.

Ils peuvent se diviser en deux catégories : d’une part, un traitement général ; d’une autre part, un traitement local.

Traitement général. — Le traitement général doit être approprié à l’état général du malade et à la période de sa maladie. Pendant la période du début, on a conseillé l’emploi de divers remèdes susceptibles de modifier assez puissamment l’état général pour s’opposer ultérieurement à la poussée de nouvelles tumeurs, tout en pouvant favoriser l’avortement du mal. Ainsi on administre quelquefois un éméto- cathartique ou un purgatif, mais l’efficacité de ces agents est loin d’ètre démontrée, et bien des chirurgiens y ont renoncé. Ces médicaments souvent n’abrègent pas la maladie et ne la font nullement avorter. Souvent on a même accusé les purgatifs de faire naître des éruptions furonculeuses, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

Gomme moyens internes, nous vous signalerons les suivants :

1° Traitement par les alcalins (Hunier). — Hunter ajoutait à du lait trente à quarante gouttes d’une solution alcaline. Plusieurs fois, il a pu constater sur lui-même, l’efficacité de ce moyen. Il semble, du reste, que Hunter soit arrivé à l’emploi de ce remède d’une manière tout à fait empirique. Dans une lettre au docteur Pitcairie David, avec lequel il soignait un malade atteint d’anthrax, Hunter, découragé de n’arriver à aucun résultat, proposa à son confrère d’essayer les médicaments les uns après les autres, par ordre alphabétique. Le procédé peut sembler tout au moins bizarre; il lui permit heureusement de découvrir un moyen utile.

Gomme Hunter avait observé l’anthrax chez les goutteux, il eût été plus logique à lui d’attribuer l’action des alcalins a l’influence de cette substance sur l’acide urique que l’on rencontre en excès chez les goutteux.

2° Nous retrouvons comme remède indiqué contre 1 anthrax, la levure de bière, du docteur Mosse ( Lancet , 1852, t. II). Nous en avons déjà parlé à propos du traitement du furoncle.

3° Fosbroke, en Angleterre, recommande l’emploi de l’acide

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