‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 196 sur 252 · TRAITEMENT DE L’ANTHRAX — INCISIONS SOUS- CUTANÉES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L’ANTHRAX — INCISIONS SOUS- CUTANÉES

suppurations souvent si longues que l’on voit survenir après les autres traitements.

2° Incisions sous-cutanées. — Pour obtenir tous les avantages que l’on est en droit d’espérer des incisions, Al. Guérin a conseillé les incisions sous-cutanées. Le procédé est décrit par l’auteur lui-même de la manière suivante : « Plongeant au centre de l'anthrax la lame étroite d’un bistouri droit, je l’insinue aussitôt à plat, sous la peau, jusqu’au delà de la partie tuméfiée, et quand j'ai dépassé cette limite, dirigeant le tranchant du bistouri sur les parties profondes, j’incise *de dehors en dedans, jusqu’à ce que j’aie éprouvé la sensation d’une résistance vaincue. Cette première incision ne représentant qu’un rayon de la surface enflammée, j’en pratique trois autres semblables, qui viennent converger avec elle au point enflammé par lequel j’ai introduit le bistouri. Les mortifications commençant au centre de la tumeur, c’est par là que l’on introduit le bistouri. » D’après l’auteur, les avantages de la méthode peuvent se résumer dans les suivants :

! 1° Douleur moindre pendant et après l’opération;

^ 2° Plaie moindre : moins de dangers consécutifs ;

I 3° Cicatrice peu ou pas difforme;

4° Guérison plus prompte.

Nous ne chercherons pas à discuter ces diverses propositions. L’auteur soutient que l’on doit employer ce procédé dès le début, et que c’est seulement dans les cas où le malade se présente au chirurgien, non plus avec un anthrax, mais avec une vaste plaie, qu’il faut renoncer à le mettre en usage. Pour nous, il nous semble qu’il y a lieu d’être plus réservé dans l’application do ce moyen; il est à craindre que, dans bien des cas, le jeune chirurgien ne se trouve mal à l’aise pour sectionner ainsi tout d’abord les parties profondes; quant à préserver de l’érysipèle ou de l’infection purulente, il est douteux que les complications puissent être ainsi arrêtées dans leur marche ; elles sont pour ainsi dire de l’essence même de la maladie.

Dans sa thèse du 1869, le docteur Luthier a cependant cité quelques laits qui viennent à l’appui de cette méthode, et le professeur Gosselin, dans une leçon clinique de 1878 ( Gazette des Hôpitaux, p. 720), a fait ressortir aussi les avantages de cette méthode. Il recommande surtout, lorsque l’on arrive à l’incision de la peau, de respecter les réseaux capillaires lymphatiques ou sanguins. Sans faire de nouvelles incisions extérieures, Gosselin conseille de pénétrer sous les téguments à travers les ouvertures faites spontanément, de conduire par ces ouvertures un bistouri, et d’inciser la tumeur dans cinq ou six directions différentes.

Il nous reste, en dernier lieu, à examiner la cautérisation.

Cautérisation. — La méthode de la cautérisation a été employée, dans le traitement de l’anthrax, à des points de vue thérapeutiques différents. Les uns, par exemple, ont cherché par ce moyen à faire avorter la maladie. Les autres ont eu surtout en vue d’éviter les accidents que l’on regarde habituellement comme dépendant de l’emploi du bistouri.

Gomme méthode abortive, Velpeau, dansles Archives de 1825, a rapporté une série d’observations de lésions furonculeuses que Bretonneau faisait avorter par la cautérisation au nitrate d’argent. Boinet, avons-nous déjà dit, prétendait réussir très bien par l’emploi de la teinture d’iode; mais cette méthode employée pour l’anthrax ne compte aucun succès.

Gomme méthode préventive, la cautérisation a été surtout conseillée par Jobert (de Lamballe), Adolphe Richard, Soulé (de Bordeaux) et Follin.

Gorazza recommande les cautérisations à l’acide phénique pur. On incise l’anthrax jusqu’aux tissus sains, on cautérise avec de l’acide phénique pur, on applique ensuite sur l’escarre une solution phéniquée au 1/100.

Jobert (de Lamballe) appliquait sur la tumeur une large traînée de caustique de Vienne, comprenant habituellement toute la longueur du diamètre vertical. Le caustique était laissé en place

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