DU TRAUMATISME
clans les hémorragies cérébrales, nous croyons 11e pas devoir insister sur cette partie de la question.
Nous joindrons à l’étude des lésions traumatiques celle de la commotion et des corps étrangers.
Nous avons accepté la division que nous venons de vous indiquer, surtout parce que nous tenions à vous rappeler une observation que nous vous avons déjà faite à propos de l’ ulcération en général, à savoir que les diverses lésions traumatiques, telles que nous venons de vous les décrire, peuvent quelquefois se présenter sans conditions traumatiques, se produisant alors sous l’influence de causes internes spéciales. Ainsi sous l’influence de certaines diathèses, la diathèse syphilitique, par exemple, vous verrez souvent se réaliser des solutions de continuité des parties molles, de véritables plaies; on dit alors qu’il se produit des ulcérations. D’autres fois, ce sont des muscles qui se rupturent tout naturellement, des os qui se fracturent sans causes traumatiques. Enfin, vous verrez parfois survenir des escarrifications qui ne seront dues ni à l’action de la chaleur, ni à celle du froid, de la foudre ou des caustiques; ce sont, par exemple, ces gangrènes spontanées que nous avons examinées il y a peu de temps. La similitude au point de vue des symptômes extérieurs est quelquefois même, avons nous dit, si grande que l’interrogation scrupuleuse du malade peut seule vous indiquer comment les faits se sont passés. Nous avons déjà insisté sur ces exemples à propos du traumatisme, nous n’avons pas à y revenir.
On regrette habituellement de 11e pas trouver dans la plupart des traités de chirurgie quelques idées d’ensemble sur le traumatisme en général. Depuis quelques années cependant, le professeur Verneuil a comblé cette lacune, en publiant luimême ou en faisant publier, d’après ses vues personnelles, des travaux importants sur les divers points que comprend cette grande question; aussi nous paraît-il indispensable d’utiliser ces données pour appeler tout d’abord votre attention sur ce sujet.
Nous nous contenterons devons indiquer les quelques observations suivantes :
Lorsqu’une cause traumatique a agi plus ou moins fortement sur un blessé, le plus souvent, si la lésion n’a pas été assez importante pour déterminer une mort immédiate , on voit se produire consécutivement un processus plus ou moins accentué, qui tend à ramener les parties traumatisées à un état local normal. C’est le processus réparateur, c’est lui qui aboutit
/ à la cicatrisation des plaies,
I à la résolution des contusions,
| à la consolidation des fractures,
(à la restauration des parties rupturées, à la chute des escarres et à la réparation de la brèche qui a été faite.
Pour que ce travail puisse bien s’effectuer, il faut que l'organisme soit en état de santé normale, ou tout au moins dans un état d’équilibre convenable. Si ces conditions ne sont pas réalisées, le processus réparateur ne se fait pas ou se fait mal.
Ainsi , chez les individus diabétiques , albuminuriques , urémiques, chez tous ceux, en un mot, qui sont en puissance d’une cachexie quelconque, le traumatisme entraîne des effets différents de ceux que l’on voit survenir chez les individus bien portants.
Le travail réparateur consécutif n’a pas lieu, et l'on voit éclore dans ces cas, des complications graves, érysipèle, lymphangite, inflammations diffuses, gangrène, hémorragies secondaires. C’est alors que l’on voit parfois survenir ces morts promptes que la lésion traumatique primitive ne peut expliquer habituellement, ni par le siège qu’elle occupe ni par l’étendue des parties compromises.
Depuis quelques années, l’attention est sérieusement éveillée sur ces faits, et l’on a cherché à résoudre plus complètement cette double question :