‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 207 sur 252 · DIJ TRAUMATISME - INFLUENCE DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

DIJ TRAUMATISME - INFLUENCE DE LA SYPHILIS

1° Quelle influence les lésions traumatiques exercent-'t- elles sur tel ou tel état général ?

2° Quelle influence cet état exerce-t-il sur la marche des lésions traumatiques ?

Dès 1867, Verneuil s’est occupé de ces divers problèmes, et, grâce à son impulsion, de nombreuses thèses ont été publiées sur ce sujet. L'énumération même rapide de quelques-unes de ces publications vous indiquera toute l’importance des travaux entrepris.

Pouget Ferrand. Des divers accidents liés aux maladies du foie, dont plusieurs intéressent la chirurgie . 1876, n° 374. Paris.

Longuet. De l'influence des maladies du foie sur la marche des traumatismes. 1877, n° 6.

Turquet de Beauregard. Quelques mots sur l’influence réciproque des diathèses et des traumatismes. 1877, n° 252.

Faucher (H.). De l'influence des affections cardiaques sur le traumatisme. 1877, Paris, n° 428.

Tavale. De la vieillesse dans ses rapports avec le traumatisme. 1877.

Nous ne prétendons pas a îjourd’hui entreprendre complètement cette étude, il serait nécessaire pour cela que vous soyez déjà au courant des effets habituels que le traumatisme produit dans les conditions normales ; il nous semble possible néanmoins de vous esquisser rapidement la marche des lésions traumatiques chez les syphilitiques, les alcooliques, les rhumatisants. Nous aurons aussi à vous dire quelques mots de l’influence de l’intoxication paludéenne et de celle de la grossesse. Voici, à propos de ces divers sujets, les conclusions pratiques dont vous devez vous souvenir.

A. Influence de la syphilis. — 1° Chez un individu syphilitique, lorsqu’une lésion traumatique survient, deux conditions peuvent se présenter : ou bien la période d’éruption est terminée, ou bien l’éruption est en voie d’évolution. Dans le premier cas,

Bëh.ne. — Path. ehir.

le virus syphilitique ayant épuisé, pour ainsi dire, toute son action, la lésion traumatique n’est pas influencée; ainsi des plaies de sangsues, des excisions d’amygdales hypertrophiées à côté d’ulcérations secondaires peuvent rester plaies simples et évoluer comme telles. Dans le second cas, la plaie sert, pour ainsi dire, de soupape pour le virus, et les tissus blessés sont alors plus ou moins impressionnés. Dans ces cas, pour employer l’expression de Ricord, le syphilitique est une outre virulente, et il suffit de le piquer pour en faire sortir le virus.

2° Lorsque la syphilis est dans la période de transition, le malade est alors en imminence morbide. Le plus souvent, le fait du traumatisme provoque, au niveau de l’endroit traumatisé, une manifestation syphilitique. Quelquefois la lésion qui a été produite ne tendra à la guérison qu’avec une lenteur extrême ; une fracture, par exemple, dans ces conditions, ne se consolidera qu’ après un temps plus long que d’habitude. Retenez un fait qui, au premier abord, semble assez bizarre : lorsqu’une plaie devient syphilitique, c’est habituellement au moment même où la cicatrisation est en partie achevée que les caractères syphilitiques s’accentuent.

3e Lorsque ia cachexie syphilitique est établie, les phénomènes se présentent d’une manière différente. Les plaies ne revêtent pas le caractère syphilitique, mais la cicatrisation ne s’opère plus ; il semble que les éléments de réparation font défaut. Aussi, il est pour ces cas une règle thérapeutique que vous devez connaître : le traitement spécifique est alors inutile, vous aurez à le remplacer par un traitement tonique et réparateur. Vous trouverez dans la thèse de H. Petit des observations à l’appui de ces diverses propositions.

Réciproquement, les lésions traumatiques influencent la syphilis. Ainsi, le traumatisme fait naître souvent des accidents syphilitiques chez des sujets qui ne présentent plus de manifestations spécifiques au moment même où la cause traumatique

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