DU TRAUMATISME — INFLUENCE DE L’ALCOOLISME
vient agir sur eux. Tantôt la manifestation nouvelle apparaît dans la région blessée ; tantôt dans un point plus ou moins éloigné; tantôt l’éruption nouvelle est limitée; tantôt cette éruption s’étend à une grande partie de la surface tégum enta ire.
Si l’individu qui a subi une blessure vient à contracter ultérieurement Ja syphilis, c’est habituellement dans la région où siège la cicatrice que la localisation syphilitique se manifestera, c’est le locus minoris resistanliæ pour les accidents secondaires du moins.
B. Influence de V alcoolisme sur le traumatisme. — 1° L’ivresse légère modifie peu les symptômes ordinaires du traumatisme, il n’en est pas de même de l’ivresse forte. Dans cet état, l’élément douleur fait presque complètement défaut, et souvent même une opération chirurgicale pourrait être supportée, comme si le blessé était anesthésié. Bouisson a rapporté, par exemple, une observation où Blandin fit une amputation de cuisse chez un homme trouvé ivre. L’opération fut pratiquée sans la moindre perception de douleur.
2° Chez l’homme ivre, la contraction musculaire si fréquente dans la plupart des cas de fracture ou de luxation fait plus ou moins complètement défi ut ; aussi le chirurgien peut-il souvent tenter la réduction et réussir plus facilement, même sans le secours des aides dont la présence est habituellement nécessaire.
3° On a rarement à redouter les accidents nerveux à forme convulsive. Ces accidents dépendent plutôt de l’alcoolisme chronique.
4° L’alcoolisme chronique modifie toujours sérieusement les symptômes du traumatisme, et cela se comprend facilement lorsque l’on songe combien l’influence de l’alcool agit profondément sur l’organisme. Tout le système organique chez l’alcoolique est frappé comme d’une vieillesse précoce, et la résistance se trouve par ce fait même sensiblement diminuée. Aussi chez les blessés atteints d’alcoolisme chronique, vous verrez sur-
venir fréquemment des accidents immédiats ou consécutifs de Ja plus haute gravité :
I la mort rapide, v la septicémie, les suppurations diffuses,
/ les gangrènesgraves,
1 les hémorragies secondaires.
Si le blessé échappe à ces accidents divers, le processus réparateur se fera du moins toujours avec une lenteur extrême.
G. Influence du rhumatisme. — Le professeur Verneuil a étudié, dans ces derniers temps, l’intluence de la diathèse rhumatismale sur le traumatisme. Voici les idées qu’il a exprimées sur ce sujet :
1° Tantôt la blessure et la maladie constitutionnelle évoluent parallèlement, normalement pour ainsi dire, sans paraître s’influencer réciproquement.
2° Tantôt la marche de la lésion présente des anomalies imputables à l’état diathésique.
3° Tantôt l’accident traumatique modifie l’évolution de la maladie générale .
La première de ces conditions se réalise assez fréquemment. Que de fois, par exemple, ne voit-on pas, soit des blessures accidentelles, soit des opérations pratiquées sur des sujets rhumatisants n’entraîner cependant aucune symptomatologie spéciale. Toutefois une observation a été faite par Verneuil; presque toujours, chez ces malades, la fièvre traumatique est plus rapide et plus intense.
Lorsque la lésion traumatique s’accompagne de quelques symptômes spéciaux, voici ce que l’observation clinique permet d’indiquer :
1° Souvent la blessure, dans ces cas, est de suite plus grave qu’elle ne le paraît tout d’abord ; la plus petite lésion articulaire déterminera soit une hydarthrose, soit une arthrite grave; une luxation, une entorse même conduira plus tard à l’arthrite sèche.