DU TRAUMATI SME — INFLUENCE DES MALADIES DU CŒUR
ne se consolident pas. Chez les albuminuriques, les érysipèles phlegmoneux sont fréquents, même après de simples scarifications faites pour dégorger les parties œdématiées. Le manque de plasticité du sang rend toujours alors les écoulements sanguins faciles à se produire, difficiles à arrêter, et souvent, dans ces conditions, l’on voit des ecchymoses considérables se constituer sous l’influence dos contusions les plus légères.
Chez le scorbutique, vous constaterez souvent la tendance aux hémorragies après les moindres opérations chirurgicales, et chez eux la lenteur des phénomènes réparateurs est parfois excessive.
Nous examinerons, en dernier lieu, l’influence des affections cardiaques et de la vieillesse dans leurs rapports avec le traumatisme.
G. Influence des affections cardiaques et de la vieillesse. — Les observations que nous vous avons déjà faites, à propos des albuminuriques ou des rhumatisants vous indiquent déjà l’action que doivent avoir sur le traumatisme les affections cardiaques, puisque, le plus souvent, les lésions du cœur se rencontrent à la suite de l’albuminurie ou du rhumatisme. Nous nous contenterons de vous signaler les conclusions qui ont été formulées par Faucher (thèse inaugurale, 1877).
1° Les affections organiques du cœur prédisposent aux complications des lésions traumatiques. Ces complications consistent principalement en des hémorragies et en des inflammations diffuses, tout au moins en un retard notable de la cicatrisation.
2° Dans la grande majorité des cas, les lésions mitrales placent les blessés dans des conditions plus défavorables que les lésions aortiques.
3° Les lésions traumatiques étendues ou les accidents graves venant compliquer les plaies d’individus atteints de maladies cardiaques retentissent sur celles-ci, font cesser la compensation et déterminent les phénomènes asystoliques. Guénebaud, dans sa thèse de doctorat ( Influence du traumatisme sur
les lésions cardiaques , Lyon, 1882), a bien démontré aussi 1 influence des lésions cardiaques sur le traumatisme.
H. Influence de la vieillesse. — L’influence de la vieillesse sur les lésions traumatiques semble toute naturelle, et puisque, dans la période la plus avancée de la vie, les fonctions ne s’accomplissent plus avec assez d’énergie, d’activité ni de régularité, il est tout naturel que le moindre traumatisme soit plus grave chez le vieillard que chez l’adulte. Pour lui, le moindre choc traumatique, la plus inoffensive des opérations doivent être redoutés. Voici, du reste, les conclusions que vous retiendrez :
1° Chez le vieillard, le plus souvent, les accidents que l’on voit survenir à la suite d’un traumatisme tiennent aux états pathologiques antérieurs qui existaient chez lui : lésions des poumons, de l’encéphale, du tube digestif, des reins. Ces états pathologiques sont subitement aggravés par le fait du traumatisme, et la mort survient alors à la suite d’affections pulmonaires gastro-intestinales, cérébrales, rénales; ces affections subissent à l’occasion du traumatisme une aggravation sérieuse. L’état de santé du vieillard devra donc être sévèrement examiné lorsque le chirurgien se trouvera dans la nécessité de juger de l’opportunité d’une intervention chirurgicale. Ainsi nous trouvons consignée dans la thèse de Tavale une observation de James Pajet qui doit être prise en grande considération : lorsque le vieillard est maigre, sec, à voix claire, aux yeux brillants, qu’il digère bien, les complications, à la suite d’un traumatisme, seront moins à redouter.
2° Les accidents locaux qui naissent de la blessure sont tantôt l’absence des phénomènes réparateurs naturels, tantôt les complications ordinaires que l’on voit survenir à la suite des plaies : infection putride, résorption purulente, inflammations diffuses, hémorragies consécutives. Les plaies contuses sont surtout celles qui, chez le vieillard, sont sujettes à ces diverses complications.
3° Une particularité intéressante a été notée dans la thèse que