‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 212 sur 252 · ÉTUDE DES PLAIES - DÉFINITION · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES PLAIES - DÉFINITION

nous venons de vous citer, c’est que, chez les vieillards, les plaies faites largement et complètement ouvertes guérissent beaucoup mieux que les plaies petites et anfractueuses dont le chirurgien se contente quelquefois pour épargner un peu les tissus. La septicémie locale est un des accidents qui sont le plus à redouter.

Eu vous énonçant rapidement ces indications, nous n’avons pas eu la prétention de traiter d’une manière bien approfondie ces rapports réciproques du traumatisme avec l’état général. Nous avons tenu cependant à aborder ce sujet, parce que, depuis quelques années, le professeur Verneuil a appelé très sérieusement l’attention sur l'ensemble de ces questions. Certainement ces divers problèmes avaient été déjà entrevus ; ainsi, dans sa thèse d’agrégation (1847), Boyer s’était occupé déjà du rôle que jouent les diathèses dans les affections chirurgicales, et, en 1845, Norman Clievers, dans un travail inséré dans le Journal de chirurgie de Malgaigne, avait recherché quelles étaient les causes de la mort après certaines lésions traumatiques et certaines opérations chirurgicales; mais, depuis lors, ces questions étaient restées dans l’oubli le olus profond.

Il suffit, croyons-nous, de vous avoir mentionné les divers points que nous venons de passer en revue pour vous faire apprécier toute l’importance des résultats obtenus, et vous convaincre de tous les avantages que le praticien pourra en retirer désormais au point de vue et du pronostic et du traitement des lésions traumatiques.

Après ces quelques considérations générales, commençons l’étude des plaies en particulier. Un mot tout d’abord sur la définition, U historique et la division du sujet.

Etude des plaies. — Définition. — On peut désigner sous le nom de plaies des solutions de continuité produites par une cause extérieure, solutions de continuité ayant habituellement de la tendance à guérir lorsque l’économie se trouve dans des conditions générales relativement bonnes et que le traumatisme

n’a pas été trop considérable. Cette définition s’appliquerait ainsi aux solutions de continuité des parties molles et des parties dures, en un mot, aux plaies de toutes les parties du corps. L’usage a prévalu dans un autre sens. On établit habituellement une distinction entre les solutions de continuité des parties molles et des parties dures. Aux premières est réservée spécialement la dénomination de plaies. Aux secondes, on accorde plus volontiers la dénomination de fractures. Souvent, en employant un langage qui semble au premier abord plus précis, on se contente de définir la plaie une solution de continuité des parties molles. Cette définition n’est pas juste. Un ulcère est une solution de continuité des parties molles. Un ulcère cependant n’est pas une plaie. Il faut ajouter à ce premier terme de la définition que l’on peut appeler le terme anatomique, l’idée de causalité, le fait de la vulnération. En définitive, la plaie peut être dénommée une solution de continuité des parties molles, produite par vulnération.

Historique. — Sans vouloir établir un historique complet de la question, il nous semble convenable de vous donner quelques détails sur ce sujet. Les connaissances chirurgicales, et même des préceptes très complets sur cette branche de la pathologie chirurgicale remontent à une époque déjà fort éloignée. De tout temps, en effet, il s’est rencontré des blessés, et l’on a dû, par conséquent, chercher de tout temps ce qu’il fallait faire pour les guérir ou pour les soulager. Les poètes de l’antiquité la plus reculée parlent déjà du fameux Centaure Chiron qui apprit son art à Hercule, à Thésée, à Achille. On peut diviser l’historique du traumatisme en trois périodes. Cette division aura le mérite de fixer plus facilement ces détails dans votre mémoire :

(Période ancienne ;

Période du moyen âge et période moderne ;

Période contemporaine.

La période ancienne comporte les quelques considérations suivantes :

Page 1