ÉTUDE DES PLAIES — HISTORIQUE
Dans les livres d’Hippocrate (460 avant l’ère chrétienne), l’on trouve de très bonnes notions sur les plaies, sur leur inflammation, sur les phénomènes divers qu’elles déterminent et sur le traitement qu’elles exigent. Malheureusement le livre spécial où les idées d’Hippocrate sur ce point étaient surtout exposées n’est pas parvenu jusqu’à nous, et l’on ne peut avoir ces renseignements divers que disséminés dans les autres ouvrages hippocratiques, Y Officine du chirurgien , le livre des Ulcères, celui des Aphorismes.
Après Hippocrate, nous trouvons Celse, qui vécut sous Auguste, Tibère et Galigula. Celse a écrit sur les plaies des préceptes généraux d’une grande valeur; il donne avec beaucoup de précision des conseils pour l’extraction des corps étrangers, il insiste sur l’utilité des contre-ouvertures, formule des opinions très nettes sur les hémorragies, la cicatrisation et la formation du pus. Cent cinquante ans après, Galien s’occupe de cette question, mais avec beaucoup moins de grandeur que dans bien d’autres sujets où l’on est habitué à admirer la puissance généralisatrice de ce grand esprit. Galien avait cependant en anatomie des connaissances plus approfondies que celles de ses prédécesseurs, aussi ce que l’cn trouve de mieux dans ses écrits sur les plaies, c’est un diagnostic plus précis, plus sûr, une appréciation plus judicieuse du pronostic.
Après Galien, retenez les noms d’Arétée de Cappadoce, de Paul d’Egine. Arétée a fourni une très bonne description du tétanos. Vous trouverez, mentionné dans Paul d’Egine, un instrument destiné à arracher les flèches fixées dans les tissus. C’est une espèce d’arbalète à laquelle on attache la flèche; une détente brusque détermine une pression qui sert à enlever le corps étranger.
Rien d’important à vous signaler aux environs des ans 1000, 1200 et 1400, sauf quelques travaux peu connus, ceux de Pitard (1200), Guy de Chauliac (1400). A cette époque, vers le milieu du quatorzième siècle, l’invention des armes à feu ouvrit
im champ nouveau et malheureusement bien vaste pour la chirurgie. Gomme il arrive souvent lorsque des faits se manifestent pour la première fois, les erreurs d’observation et d’appréciation sont fréquentes, c’est ce que nous aurons bientôt aussi l’occasion de constater pour ces plaies d’armes à feu. Go fut une des gloires d’Ambroise Paré d’avoir exprimé des idées plus vraies sur la nature de ces traumatismes et des préceptes plus utiles pour soulager et guérir ces blessures.
À la date de 1610, nous devons vous citer un livre de Magatus, dans lequel l’auteur étudie avec une sagacité profonde la marche naturelle de la cicatrisation des plaies (De rara médications vulnerum). Il critique avec beaucoup de sens l’abus des tampons et des pansement trop multipliés. Après lui, nous rencontrons des noms plus insignifiants, Paulmier, Guillaumet, Joubert. Delaborde; plus tard, J. Louis Petit, les Mémoires de T ancienne Académie de Chirurgie. Les travaux de Hunter priment, à cette époque, sur tous les autres, et de beaucoup. On trouve, en effet, dans les ouvrages du grand pathologiste anglais, toutes les questions relatives à la physiologie de la réunion immédiate, tout ce qui touche à F inflammation, à la suppuration des plaies. Enfin, à notre époque, les recherches et les découvertes d’histologie, les investigations de la physiologie expérimentale nous ont appris à mieux connaître les phénomènes delà cicatrisation et surtout nous ont permis de combattre plus utilement les accidents des plaies. Nous avons maintenant des idées plus justes sur la structure intime des tissus et, mieux renseignés sur les causes des accidents, nous pouvons dès lors les combattre plus utilement. Nous citerons les travaux spéciaux publiés sur ce sujet lorsque nous nous occuperons de ces questions particulières. Les applications pratiques de Lister, disons- le dès maintenant, l’emportent de beaucoup sur toutes les autres recherches. Envisageons actuellement l’étude des plaies proprement dites.
Division des plaies. — Les plaies peuvent être produites