‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 219 sur 252 · FORMATION DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

FORMATION DES VAISSEAUX

Signalons, en dernier lieu, l’opinion formulée dans le traité de Vidal (de Cassis). Le sang versé à la surface d’une plaie se diviserait, suivant lui, en plusieurs couches. Une première couche, la plus superficielle, serait destinée à se décomposer, à disparaître. Une deuxième constituerait la lymphe plastique, une troisième serait formée essentiellement, par les globules sanguins qui ont conservé leurs droits à la vie. Ces globules continueraient à osciller, à se mouvoir au milieu de la lymphe plastique. La lymphe plastique se solidifie tout autour, et les vaisseaux se trouvent ainsi tout formés.

En résumé, trois théories principales :

1° Les uns considérant les vaisseaux de nouvelle formation comme l’extension des vaisseaux voisins, vaisseaux capillaires, artériels, veineux et plasmatiques.

2° Les autres admettant l’abouchement direct des vaisseaux existant sur les bords de la plaie (dans le cas de réunion immédiate).

3° D’autres encore croyant à la formation directe de nouveaux vaisseaux au niveau même du tissu cicatriciel.

Nous aurons l’occasion de * avenir sur la formation des vaisseaux, lorsque nous nous occuperons de la cicatrisation par deuxième intention. Les vaisseaux, dans ce cas, sont, en effet, toujours plus développés, mais même dans la cicatrisation par première intention ; la formation vasculaire nouvelle, pour être moins apparente, n’en est pas moins réelle.

Duhamel avait institué quelques expériences assez ingénieuses pour démontrer la réalité de cette création nouvelle. Il fracturait, par exemple, l’os de la cuisse chez un animal et laissait la fracture se consolider; il sectionnait ensuite un tiers de la circonférence du membre; la cicatrisation faite, il sectionnait le deuxième, puis le troisième tiers. Tous les vaisseaux ayant été ainsi successivement divisés; comme néanmoins après cette opération conduite avec intelligence le membre continuait à vivre, il fallait bien admettre la formation de nouveaux vaisseaux.

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Les faits que nous venons de passer en revue sont-ils sous la dépendance d’un travail phlegmasique? Il nous semble inutile de discuter à fond cette question. Ce que l’on peut affirmer c’est que, le plus habituellement, moins l’inflammation est sérieuse, moins elle est vive, et plus, au contraire, ces phénomènes sont réguliers. Ce travail de réunion par première intention n’est, après tout, qu’un travail dénutrition, travail seulement un peu exagéré par le fait de l’irritation inévitablement déterminée par le traumatisme.

Les auteurs décrivent habituellement la réunion par première intention à propos seulement des plaies par instruments tranchants. Lorsque les tissus, en effet, ont été divisés, soit après une contusion, soit après la cautérisation, on suppose qu’une épaisseur variable des parties mortifiées par le traumatisme est destinée à s’éliminer; à quoi bon, par conséquent, tenter une réunion. Il y a peu de temps cependant, P. Reclus a publié, dans la Gazette hebdomadaire (1881, nu 47), une observation des plus intéressantes de réunion immédiate des tissus divisés par le thermo-cautère. Après l’emploi du thermocautère, de larges surfaces juxtaposées avec soin ont pu se réunir par première intention. La zone mortifiée a été, dans ces cas, d’une épaisseur si minime qu’elle a pu être ou absorbée ou traversée immédiatement par les anses des vaisseaux de formation nouvelle.

Le tableau suivant vous permettra de vous rappeler rapidement ce processus de réparation. Il comprend essentiellement une première période, de suintement de lymphe plastique; une deuxième période, de métamorphose de cette lymphe plastique; une troisième période, de vascularisation.

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