‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 220 sur 252 · CICATRISATION PAR PREMIÈRE INTENTION · texte numérisé non relu

CICATRISATION PAR PREMIÈRE INTENTION

Lorsque les bords d’une plaie sont bien réunis, on voit survenir les phénomènes suivants :

1° Cessation de la douleur, j 2 » Arrêt de l'hémorragie.

13» Suintement /'Blastème cicatriciel, i° Première période : ) d’un liquide Baume nutritif,

Période de suintement de/ sirupeux. 1 Lymphe plastique.

lymphe plastique. I 4.1 Liquide protéique avec des cellules et quelques sels.

f Pour les uns, il provient du sang.

Pour les autres, il provient soit des canaux plasmatiques, > soit des cellules plasmatiques elles-mêmes.

2» Deuxième période : ( lo Coagulation de la lymphe plastique.

Période de métamorphose de j £u La cellule primitive (le corpuscule granuleux de la lymphe plastique. ( Lebert devient cellule plasmatique).

i» Création de vaisseaux nouveaux.

3" Troisième période :

Période de vascularisation de la lymphe plastique.

2° Pour les uns, extension des vaisseaux voisins.

3° Pour d’autres, création sur place de vaisseaux nouveaux et communication ultérieure avec les vaisseaux voisins.

4" Pour d’au Ires, inosculation directe.

VINGT-S EPTI KM E I , EÇON

Réunion secondaire. — Rendons- nous compte actuellement de ce qui a lieu lorsque les lèvres d’une plaie n’ont pas été maintenues rapprochées, lorsque, en d’autres termes, par suite de circonstances particulières, la réunion par première intention n’a pas réussi. Les phénomènes sont alors plus complexes. Voici ce qui se passe dans ces nouvelles conditions : ln La douleur, au lieu de diminuer comme dans le cas où les lèvres de la plaie ont été rapprochées, persiste plus longtemps, souvent trois, quatre, cinq heures. Elle dépend du contact de l’air, et ne cesse ou ne diminue qu’à la suite de pansements plus on moins bien faits. L’hémorragie habituellement persiste aussi pendant un temps plus long; au sang qui recouvre tout d’abord la plaie succède bientôt l’apparition d’un liquide sérosanguinolent : puis tout écoulement cesse, et quarante-huit heures après la blessure, la surface traumatique est, au contraire, d’une sécheresse extrême.

2° Au deuxième ou au troisième jour, surviennent des symptômes inflammatoires plus ou moins prononcés du côté des bords fie la plaie. Ges bords se tuméfient, deviennent plus douloureux, plus rouges, plus chauds. La surface de la plaie se recouvre d’une matière couenneuse, d’un blanc terne: c’est de la lymphe plastique mélangée de pus.

En d’autres termes, la plaie exposée à l’air a été soumise à une excitation trop vive ; le travail cicatriciel, au lieu de rester un simple processus de nutrition, devient un processus pathologique. La lymphe plastique, mélangée d’une trop grande quantité de pus, ne joue plus le rôle de la véritable lymphe plastique. La nature l’utilise seulement comme couche protectrice.

Au dessous, en effet, de cette première sécrétion de lymphe plastique adultérée, les phénomènes inflammatoires sont moins accusés, et à ce niveau s’extravase une nouvelle quantité de lymphe plastique, laquelle, plus pure, se prête alors mieux a réaliser le travail cicatriciel.

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