‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 226 sur 252 · ETUDE DU TISSU CICATRICIEL · texte numérisé non relu

ETUDE DU TISSU CICATRICIEL

pour que cette cause puisse être considérée comme bien importante.

Quelquefois l’hypertrophie cicatricielle n’est pas simplement constituée par clu tissu conjonctif fibroïde; on voit se développer en môme temps des éléments fibro-plastiques. Use produit alors ce quel’on appelle deschéloïdes. Dans ces conditions, la dégénérescence est susceptible de récidive, sans présenter aucun autre caractère de malignité. Ces chéloïdes restent le plus souvent stationnaires, ou du moins leur développement ne se fait qu’avecune extrême lenteur, et ce n’est que dans les cas où des contusions sérieuses viennent à se produire que la marche est plus envahissante, souvent compliquée alors d’inflammation et d’ulcération.

L’épithélioma, le carcinome se développent fréquemment au niveau des cicatrices, comme, du reste, au niveau de tous les autres tissus ; le fait a lieu surtout pour les cicatrices déjà anciennes et d’une certaine étendue.

11° Les cicatrices peuvent être douloureuses; tantôt les douleurs dont elles sont le siège sont passagères, tantôt ces douleurs persistent longtemps, et quelquefois sans que rien puisse en diminuer l’intensité. Les extrémités des nerfs englobés dans la cicatrice et tiraillés pendant les mouvements paraissent être l’origine de ce phénomène, surtout lorsque ces extrémités nerveuses présentent des névromes plus ou moins volumineux, comme cela arrive au niveau des moignons des amputés.

Certaines cicatrices deviennent douloureuses par le fait de variations atmosphériques. Cette particularité a fait supposer que le tissu cicatriciel était hygrométrique, et que les variations de volume qui résultaient nécessairement de l’influence de cette cause devenaient l’occasion de pressions et de tiraillements douloureux. Ces douleurs sont habituellement soulagées par l’application sur la cicatrice d’une peau de cygne, d’une feuille de ouate ou de tout autre corps sec ou chaud. Quelquefois, dans les cas graves, il faut en venir à la section, à la résection des filets nerveux, et même dans quelques circonstances, la douleur

Bekne. — Palh. chir.

SX

est si intense que l’on est autorisé à proposer l’amputation de ces parties.

1 2° Signalons, en dernier lieu, que les cicatrices peuvent être difformes. Ces difformités nombreuses peuvent tenir à des modifications de coloration, à des saillies, des enfoncements, desbrides, des adhérences, des rétrécissements, des oblitérations que le tissu cicatriciel détermine. Le cadre général dans lequel nous devons nous maintenir nous oblige à ne pas envisager ces divers points avec détail. Il y a, dans ces divers cas, des particularités spéciales que vous aurez à apprécier surtout au lit du malade.

Nous venons actuellement d’étudier avec soin le travail que la nature emploie pour réparer une brèche, pour combler le vide fait par une solution de continuité. Ce travail est-il toujours le même au niveau de tous les tissus; en d’autres termes, le processus de réparation s’effectue -t-il toujours de la même manière pour les plaies des divers organes ou des divers tissus, de la peau, du tissu cellulaire, du tissu osseux, du tissu nerveux, du tissu musculaire? Voici comme il nous semble convenable de répondre à cette question .

Lorsqu’une plaie a été produite, la nature tend à réaliser deux buts bien distincts :

Réparer la perte de substance, combler le vide; Régénérer dans une certaine limite les parties qui ont été détruites ou divisées.

Pour réaliser la première partie de ce programme, le procédé employé est toujours identique: il se forme du tissu embryonnaire vasculaire, autrement dit des bourgeons charnus; ce tissu devient ensuite tissu conjonctif cicatriciel.

Quand il s’agit de régénérer les parties détruites, il faut alors établir une distinction importante. Les parties détruites peuvent être, en effet, des organes ou des tissus ; or, pour l’homme et les animaux supérieurs, la régénération ne comporte pas la création de nouveaux organes, la régénération de tissus nouveaux est seule possible.

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