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CICATRISATION SOUS-CRUSTACÉE NATURELLE

décomposer. Leur contact devient alors irritant, nuisible, et dans ces conditions le processus réparateur est plutôt entravé. Cependant comme les avantages de ce mode de cicatrisation ont semblé à quelques chirurgiens l’ emporter sur les inconvénients qu’il peut présenter, on a cherché à produire à volonté soit la cicatrisation sous-crustacée naturelle, soit la cicatrisation sous-crustacée artificielle.

Cicatrisation sous-crustacée naturelle. — C’est au professeur Bouisson (de Montpellier) que revient le mérite d’avoir réalisé la cicatrisation sous-crustacée naturelle, en appliquant la ventilation à la thérapeutique des plaies et des ulcères. Le procédé indiqué par cet auteur, en 1859, dans un mémoire publié dans la Gazette médicale de Paris, consiste à ventiler les plaies avec un soufflet, un éventail ou une vessie en caoutchouc. En faisant la ventilation trois ou quatre fois par jour, un quart d’heure environ chaque fois, on arrive à déterminer une croûte asse? épaisse sur une plaie d’une étendue mojmnne. La croûte que l’on obtient peut se décomposer, d’après Bouisson, en trois couches définitives. La première couche est sèche, pulvérulente et se détache facilement de la surface de la plaie. La deuxième, plus homogène, plus adhérente, constitue surtout une enveloppe protectrice ; c’est cellequi empêche l’air de pénétrer. La troisième, plus molle, plus tomenteuse, plus plastique, constitue la couche la plus utile, elle abrite la plaie et la protège contre les violences du dehors.

Une thèse de Ritzinger, soutenue en 1859 à la Faculté de Strasbourg, contient sur l’emploi de cette méthode quelques détails qu’il nous semble intéressant de vous signaler. Le premier effet qui se produit est un effet de réfrigération; la douleur que le malade ressent habituellement comme phénomène primitif diminue le plus souvent; les phénomènes inflammatoires se modèrent aussi. Dans quelques cas rares cependant, le courant d’air . est mal supporté et le blessé accuse, au contraire, une douleur beaucoup plus vive. La ventilation agit, en deuxième

lieu, sur la quantité des liquides exsudés; comme ce procédé diminue la circulation, ces liquides exsudés doivent nécessairement être moins abondants. Il semble, au premier abord, que ce résultat doive retarder la cicatrisation ; il n’en est rien, la quantité de blastème sécrété étant toujours en proportion plus que suffisante. En troisième lieu, il se constitue au-dessus des bourgeons charnus une couche protectrice au-dessus de laquelle les bourgeons charnus se nivellent ; alors seulement leur organisation se perfectionne et la cicatrisation s’effectue dans des conditions plus faciles.

Cicatrisation sous-crustacèe artificielle. — Pour réaliser les croûtes artificielles, les procédés employés sont nombreux; quelquefois, par exemple, le chirurgien applique sur la plaie de la charpie sèche et râpée, imprégnée ou non de poudres absorbantes ou de substances styptiques ou antiseptiques, poudre de quina, d’alun, de camphre. L’emploi de l’iodoforme a été souvent mis en usage. L’application d’une enveloppe de baudruche gommée, d’une solution de gutta- percha, de collodion, permettent aussi de constituer une couche protectrice qui réalise la croûte artificielle sous laquelle la cicatrisation semble évoluer d’une manière plus normale. Nous aurons, du reste, à revenir sur ces détails quand nous étudierons le traitement des plaies. Quelquefois, avons-nous dit, malgré le contact protecteur de la croûte, l’inflammation de la plaie persiste et le pus se forme en assez grande quantité ; il faut alors se hâter de donner issue aux liquides nouveaux, sans cela la plaie se creuserait davantage et des désordres sérieux pourraient en résulter.

Sans nous exagérer l’importance de ce mode de cicatrisation, nous tenions à vous indiquer ce que les auteurs ont entendu par cicatrisation sous-crustacée, à vous décrire les modifications que ce processus entraîne dans l’évolution des phénomènes consécutifs des plaies, à apprécier les avantages ouïes inconvénients qui peuvent en résulter. Étudions actuellement la cicatrisation des plaies sous-cutanées.

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