‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 231 sur 252 · CICATRISATION SOUS-CUTANÉE - DÉFINITION · texte numérisé non relu

CICATRISATION SOUS-CUTANÉE - DÉFINITION

Cicatrisation sous-cutanée. Définition. — On clit qu’une plaie est sous-cutanée quand elle se présente dans les conditions suivantes :

1° Lorsque la plaie ne communique nullement avec l’air extérieur, ce qui arrive, par exemple, clans quelques cas cle contusion; la peau est alors intacte, et les parties profondes, au contraire, plus ou moins divisées.

2° Lorsqu’une plaie communique tout d’abord avec l’atmosphère par un trajet plus ou moins étroit, mais que le trajet s’oblitère rapidement, la communication n’étant que temporaire, la solution de continuité cesse alors complètement de communiquer avec l’air ambiant.

3° Une plaie est encore dite sous-cutanée lorsque le trajet de communication avec l’air extérieur ne s’est pas oblitéré, mais que la plaie communique avec l'atmosphère seulement par une voie étroite. Les véritables plaies sous-cutanées sont les plaies clesdeux premières catégories, mais d nous a semblé cependant important de vous signaler cette dernière variété. Celle-ci peut être considérée comme la transition entre la plaie exposée et la véritable plaie sous-cutanée. Au reste, elle n’est souvent qu’un accident survenu au niveau d’une solution de continuité destinée tout d’abord à être complètement sous-cutanée. Les liquides, dans ces conditions, s’écoulent difficilement, et l’infection est alors beaucoup plus à redouter. Nous insisterons plus tard sur ces conséquences spéciales.

Phénomènes qui se passent au niveau des plaies souscutanées. — Ces phénomènes sont à peu près les mêmes que ceux des plaies ordinaires que nous avons déjà analysés. Comme phénomènes immédiats, l’on constate toujours de la douleur, de l’épanchement sanguin et un certain écartement des bords de la solution de continuité; mais ces divers symptômes s’expriment à un moindre de£ré; par exemple, la douleur est moins prononcée. La peau, en effet, dans ces conditions, n’est pas compromise, et vous vous souvenez que c’est tou-

jours l’incision clu tégument externe qui détermine le plus de douleur.

L’écoulement de sang existe, puisque des vaisseaux sont divisés; mais la pression qui, dans ces cas, s’exerce toujours plus complètement sur l’extrémité des vaisseaux divisés diminue singulièrement les chances d’hémorragie. Pour l’écartement des bords de la plaie, il faut établir la distinction suivante : tantôt la solution de continuité est une plaie du tissu cellulaire, tantôt la solution de continuitéa compromis lesmusclesoules tendons. Dans le premier cas, l’écartement desbords existe bien peu, le tissu cellulaire est, en effet, beaucoup moins élastique, beaucoup moins rétractile que la peau ; rien de plus naturel, par conséquent, que de voir dans ces conditions un écartement moins accusé. La pression de la peau fait correspondre aussi plus exactement les parties divisées. Lorsque la plaie a intéressé les muscles ou les tendons, l’écartement est beaucoup plus considérable.

Phénomènes consécutifs. — Pour les phénomènes consécutifs, nous distinguerons encore les deux conditions précédentes : tantôt le tissu cellulaire est seul intéressé, tantôt les muscles ou les tendons ont été divisés.

1° Lorsque la plaie a compromis seulement le tissu cellulaire, la symptomatologie est à peu près la même que celle d’une plaie ordinaire. Gomme dans les plaies ordinaires, il se fait un épanchement de lymphe plastique qui s’organise, en passant de l’état de tissu embryonnaire à l’état de tissu conjonctif cicatriciel.

Nous n’acceptons, dans ces cas, ni l’organisation par un blastème amorphe, ni l’organisation immédiate par l’intermédiaire du sang épanché. La cicatrisation se fait simplement par première intention, elle s’effectue seulement dans les meilleures conditions possibles , parce que l’inflammation est réduite alors à ses limites les plus restreintes: la présence de la peau empêche, en effet, l’abord de l’air extérieur, et l’affrontement des lèvres de la plaie est plus parfait, les. parties superficielles et les parties profondes se trouvant ainsi en contact intime. Jules

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