INFLUENCES DIVERSES .MODIFIANT LA CICATRISATION
Il arrive souvent qu’une plaie sous-cutanée a pourtant communiqué pendant un certain temps avec l’air extérieur. Si cette communication n’est que temporaire, l’air est le plus habituellement promptement absorbé ; la cicatrisation se produitalors aussi facilement que dans le cas où ce fait n‘a pas eu lieu. Des expériences de Malgaigne tendent à démontrer qu’il ne faut pas s’exagérer l’importance de cet accident. Mais ce que nous savons actuellement sur la présence des germes contenus dans l’air atmosphérique sur leur action nuisible nous oblige à mettre une certaine réserve dans l’appréciation de ce fait.
En 1859, Demarquay et Leconte ont cherché à examiner si la cicatrisation des plaies sous-cutanées était modifiée sensiblement lorsque l'on introduit au niveau de la plaie de l’oxygène, de l'hydrogène ou de l’acide carbonique. L’introduction de l’oxygène semble retarder .la cicatrisation ; la présence de l’hydrogène est indifférente, e+ l’acide carbonique accélère un peu les phénomènes de la réparation. Aujourd’hui l’on se préoccupe surtout de la présence des corpuscules microscopiques que l’air peut renfermer.
Avant d’étudier les symptômes généraux que les plaies suscitent, il nous reste à apprécier en quelques mots les circonstances particulières qui peuvent favoriser ou retarder le travail de cicatrisation que nous venons de' décrire.
Influences spéciales modifiant le travail de cicatrisation . — Letravail de cicatrisation est modifié par les conditions suivantes : 1° Conditions d’âge; 2° conditions de santé générale du sujet; 3° conditions hygiéniques; 4° la cicatrisation est plus ou moins rapide, suivant la nature des tissus qui ont été divisés.
C’est chez l’enfant que le processus cicatriciel se réalise avec le plus d’activité. Quand on réfléchit à ce fait, on se rend facilement compte qu’il doit en être ainsi. La cicatrisation n’est après tout qu’un mode de nutrition. Or, la nutrition n’est-elle pas plus active dans les premiers temps delà vie ? Aussi chez le vieillard les plaies se cicatrisent- elles toujours avec beaucoup de lenteur.
Behne. — Palh. chir.
VI NGT-H ü 1T I KME LEÇON
Nous avons apprécié il y a peu de tempsl’intiuence desdivers états diathésiques sur l’évolution symptomatologique qu’entraîne le traumatisme ; nous n’insisterons donc pas de nouveau sur ce fait. La santé générale du blessé, les états diathésiques qui peuvent peser sur lui, les conditions hygiéniques au milieu desquelles il se trouve, favorisent, retardent, empêchent même, dans quelques circonstances, le travail de cicatrisation. Dans les pays chauds, la cicatrisation se réalise souvent plus facilement. Clot-Bey, Larrey ont signalé cette particularité pendant l’expédition d’Égypte.
La cicatrisation dépend aussi de la nature des tissus divisés. Hunter s’était occupé déjà de cette question. On trouve, en effet, dans ses ouvrages le tableau suivant, qui indiquerait la facilité plus ou moins grande avec laquelle les divers tissus sont susceptibles de se cicatriser. En première ligne, il place les muscles, puis la peau, les nerfs, le tissu cellulaire, les téguments, les tendons et les os. Cette classification ne peut être acceptée. Palmer, l’annotateur des ouvrages de Hunter, avait formulé une opinion différente. Pour lui, un tissu est d'autant plus apte à la cicatrisation qu’il contient plus de vaisseaux et qu’il présente plus de laxité. Cette opinion a été acceptée pendant toute la période où l’on considérait surtout les phénomènes d’inflammation et de cicatrisation comme des phénomènes de vascularisation ou du moins de circulation exagérée. Aujourd'hui ces phénomènes sont envisagés comme des faits de prolifération cellulaire. Il semble plus naturel, par conséquent, d’affirmer que le tissu cellulaire doive être regardé comme le tissu réalisant le mieux le travail de cicatrisation.
Phénomènes généraux. — Nous venons de passer en revue les symptômes primitifs des plaies par instruments tranchants, la douleur, l’hémorragie, l’écartement des bords. Nous avons apprécié les phénomènes consécutifs, c'est à-dire le processus cicatriciel. Il nous reste à étudier encore les phénomènes généraux que les plaies peuvent déterminer* Ces phénomènes géné
ri