‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 234 sur 252 · FIÈVRE TRAUMATIQUE — DÉFINITION · texte numérisé non relu

FIÈVRE TRAUMATIQUE — DÉFINITION

raux ont été étudiés surtout par les chirurgiens français de l’école de Dupuytren ; ils constituent ce que l’on a appelé la (lèvre traumatique, la fièvre vulnéraire de Richter et de Richerand.

Comme, d’une part, la lièvre traumatique n’est pas spéciale aux plaies par instruments tranchants et qu’elle peut survenir après n’importe quelle blessure ; comme, d’une autre part, elle ne se produit pas nécessairement après tous les cas de traumatisme, on comprend que bien des auteurs aient réservé l’examen de cette question, soit à l’étude des traumatismes en général, soit à celle des complications des plaies. 11 nous semble plus naturel de vous en parler maintenant ; ce que nous vous en dirons vous préparera, du reste, à mieux comprendre l’histoire des complications septiques quenous aurons à vous exposer plus tard.

Les auteurs classiques insistent peu sur ce point de pathologie. Ainsi Follin, après avoir décrit les symptômes de la fièvre traumatique, consacre seulement les quelques lignes suivantes à l’étude de la nature intime de cette complication. « Quelques auteurs, dit-il, se sont évertués à pénétrer la nature intime de cette fièvre. Les uns ont voulu y voir un effort de la nature, une réaction générale nécessaire au développement des phénomènes locaux des plaies ; les autres, interprétant les faits d’une façon inverse, ont cru y trouver une généralisation du mouvement des globules sanguins ayant son origine dans l’activité circulatoire qu’on observe autour de la plaie. Mais ce sont là des hypothèses sans fondement. » Sans vouloir entrer dans des détails trop minutieux, nous tenons à vous donner cependant quelques renseignements plus précis pour bien fixer dans votre esprit la définition, la symptomatologie de la fièvre traumatique et les théories qui ont été émises pour expliquer la nature de ce processus pathologique.

Définition. Description. — La fièvre traumatique peut être définie le mouvement fébrile qui survient peu après le traumatisme et qui coïncide habituellement avec le début des phénomènes de réparation de la plaie.

Ce mouvement fébrile est surtout caractérisé par l’augmentation de la chaleur et l’élévation du pouls. On en donne habituellement la description suivante. La fièvre débute par un peu d’excitation , un léger malaise, rarement par un frisson. Le blessé présente de suite une certaine animation des traits, de l’accélération du pouls, de la fréquence dans la respiration, une sueur chaude, une soif assez vive. L’appétit est nul, parfois se montrent quelques phémomènes gastriques, des nausées, des vomissements. Les urines sont rares, colorées. Le processus fébrile revêt parfois des allures variées, quelquefois, par exemple, chez des individus très irritables, ce sont les phénomènes d’excitation cérébrale et de délire qui prédominent; d’autres fois, la fièvre prend rapidement un caractère adynamique. Du reste, au lieu de reproduire les descriptions plus ou moins détaillées dont vous pourrez prendre connaissance dans le travail de Lucas-Championnière (thèse d’agrégation, 1872), il m’a semblé plus convenable de condenser sous forme de quelques propositions générales, comme nous l’avons déjà fait en d’autres circonstances, les points les plus importants qui se rapportent à cette question.

1° On peut appeler fièvre traumatique la fièvre que l’on voit survenir ordinairement après un traumatisme quelconque.

2° Gomme tout processus fébrile, cette fièvre comporte les symptômes généraux que nous avons étudiés antérieurement : augmentation de la chaleur , fréquence des battements du cœur, troubles nerveux, modifications du sang , troubles de la nutrition.

3° On considérait autrefois la fièvre traumatique comme une réaction générale survenant habituellement a la suite d un traumatisme, réaction générale toute naturelle ; on la décrivait parmi les symptômes généraux des plaies, après l’étude des symptômes primitifs et des symptômes consécutifs.

4° Aujourd’hui la fièvre traumatique est, au contraire, regar-

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