PLAIES PAH INSTRUMENTS TRANCHANTS — DIAGNOSTIC
de substituer l’or ou l’argent à l’acier dans lo fabrication des instruments de chirurgie : l’idée n’était pas heureuse ; le tranchant des instruments serait alors beaucoup moins parfait, et la douleur serait, par conséquent, ressentie beaucoup plus vivement par le patient.
3° Le pronostic dépend du milieu dans lequel le blessé est placé; il dépendra aussi des conditions générales de santé, d’âge, qui peuvent, comme nous l’avons déjà indiqué, favoriser ou entraver le travail de réparation.
4° Vous trouverez dans la plupart des traités de chirurgie une dernière observation que nous vous signalons, c’est l’absence habituelle de réaction grave à la suite des plaies chez l’aliéné. Les faits cités par les auteurs à l’appui de cette affection sont, du reste, très nombreux. Ainsi vous trouverez dans les cliniques de Dupuytren l’histoire de deuv maniaques: l’un s’était fait plus de trois cent soixante plaies, le second plus de huit cents. Tous deux guérirent parfaitement.
Nous pouvons actuellement commencer l’étude du traitement des plaies par instruments tranchants.
VINGT-NEUVIÈME LEGON
Traitement des plaies par instruments tranchants. — Traitement général. — Traitement local. — Traitement général: repos; chaleur; régime alimentaire convenable. — Précepte hippocratique. — Réaction due en France surtout à Malgaigne.
— Observations de Ph. Boyer. — Bains de vapeur. — Médications préventives. — Pratique de Delpech. — Administration de l'opium à haute dose. — Administration des prépara’ions d'arnica. — Traitement local. — Division : traitement local primitif;— traitement Jocal consécutif.— Traitement local consécutif, pour obtenir la cicatrisation par première intention. — Procédé classique. — Réunion immédiate. — Conditions de la réunion immédiate. — Conditions générales. — Age. — Santé antérieure du sujet. — Conditions hygiéniques. — Conditions locales: plaie récente; écoulement sanguin arrêté; vitalité des bords de la plaie. — Maintenir la réunion pendant un certain temps. — iu Repos. — 2° Position. — 3° Bandages.
— 4° Agglutinatifs. — 5° Sutures. - 6U Serres-tiges. — Avantages et inconvénients de la réunion immédiate.
Messieurs,
Le traitement (les plaies par instruments tranchants dont nous allons nous occuper maintenant peut être considéré comme une étude ayant rapport au traitement des plaies en général. Cependant nous laisserons de côté ce cpii a trait d’une façon toute spéciale au traitement des autres plaies que nous aurons à examiner plus tard: plaies par instruments piquants, contondants, plaies empoisonnées, plaies par armes à feu.
Division. — Le traitement des plaies par instruments tranchants comporte :
( Un traitement général;
I Un traitement local.
Le traitement général, c’est l’ensemble des quelques moyens
Berne. — Pat h. cliir.
généraux, do régime, d’hygiène, de médecine proprement dite, auxquels on doit soumettre un blessé pour lui permettre de réaliser le plus convenablement possible, les phénomènes de la cicatrisation.
Le traitement local, c’est l’ensemble des moyens locaux capables de modifier soit les phénomènes primitifs, soit les phénomènes consécutifs des plaies. Examinons tout d’abord le traitement général.
Traitement général. — 1° Le blessé doit être tenu dans un repos aussi complet que possible, repos moral, repos physique.
2° Vous trouverez dans le traité de Follin qu’il est convenable de placer le sujet dans une température assez chaude. La chaleur, dit-il, convient aux plaies, et l’expérience de Larrey prouve que dans les campagnes d’Egypte et d’Italie de vastes plaies marchaient rapidement vers une cicatrisation qu’on obtenait plus difficilement, au contraire, dans les climats du Nord. Il faut en tous cas éviter soigneusement le refroidissement ou les alternatives d’une température chaude, puis froide: des accidents graves que nous aurons à étudier plus tard, le tétanos en particulier, sont très fréquemment occasionnés par l’oubli de cette précaution.
3° Il faut soumettre le blessé à un régime alimentaire convenable. La pratique chirurgicale, souvent entraînée par des idées théoriques a, sous ce rapport, varié beaucoup. Quelques considérations à ce sujet nous semblent devoir vous être présentées.
Hippocrate avait émis sur le régime des blessés des préceptes qui ont été acceptés à peu près sans contestation pendant de longues années. Si nous divisions, en effet, à ce point de vue, les chirurgiens en deux camps : les uns partisans de la doctrine hippocratique (elle se résume en cet aphorisme formulé par Hippocrate, vulneraios famé alliyato)) les autres, partisans, au contraire, d’un régime alimentaire plus copieux, nous trouverions dans la première catégorie l’ensemble presque