TRAITEMENT GÉNÉRAL DLS PLAIES
traire à l’empoisonnement. Les expériences cle Magendie n’ontelles pas démontré qu’un cmpoisonncmentse faisait toujours d’autant plus facilement que le sujet était à jeun depuis plus longtemps; les opérés, les blessés seront plus exposés, par conséquent, s’ils sont tenus à une diète rigoureuse. Si, au contraire, vousnourrissez dès le début, le sujet qui aura subi un grand traumatisme, les forces se maintiendront, l’absorption des produits nuisibles se fera moins facilement et les chances de fièvre diminueront.
Ce que nous venons de vous faire entrevoir pour les blessés, est vrai aussi pour les femmes qui viennent d’accoucher. Une accouchée est un blessé : la prétendue fièvre de lait n’est qu’une fièvre traumatique. Si vous maintenez à la diète vos accouchées dès les premiers moments qui suivent l’accouchement, vous rendez par cela même les chances d’intoxication beaucoup plus faciles.
En définitive, pour avoir plus de chances d’éviter les complications fébriles, alimentez les blessés dès la première période. Alimentez les encore dans la deuxième période, c’est-à-dire au moment même de la cicatrisation ; le blessé, mieux nourri, pourra satisfaire plus facilement à la production des sucs plastiques nécessaires. Pour réaliser ce précepte d’alimentation, il faudra savoir à propos combattre les diverses complications qui peuvent se rencontrer du côté des fonctions digestives, administrer à propos quelques purgatifs légers, quelques amers, quelques préparations de quinquina, quelques eaux minérales alcalines.
4° Les chirurgiens étrangers soumettent quelquefois le blessé à l’usage de bains de vapeur. Quelques observations sur ce sujet sont indiquées dans le travail de Malgaigne que nous venons de citer. Les résultats semblent assez satisfaisants, mais cette méthode est trop peu acceptée en France, pour que nous insistions sur ce point.
Tel est l’ensemble des mesures de précaution qu’il nous a paru convenable de vous détailler. Il nous reste à vous indiquer,
VINGT-N E U Vi ÈM E LEÇON
en outre, quelques médications préventives que l’on conseille souvent, soit pour activer la guérison, soit pour empêcher les complications. Delpech, par exemple, soumettait fréquemment les malades à l’emploi de l’émétique, 40 à 50 centigrammes par jour, dans le but d’ empêcher les accidents inflammatoires. En 1834, il parut même, dans la Gazette médicale de Paris, un mémoire de Franck sur cette question; l’emploi de l’émétique à haute dose était surtout conseillé après les grandes plaies. Cette médication pouvait être acceptée à la rigueur, à un moment où l’on redoutait par-dessus tout les accidents inflammatoires comme expression d’un état général trop pléthorique. On déterminait ainsi chez les blessés une prostration extrême que l’on croyait utile. Tous les auteurs actuels sont unanimes pour blâmer cette méthode et si nous avons tenu à vous en parler, c’est seulement pour vous montrer combien des idées plus justes en physiologie pathologique peuvent modifier le traitement .
Malgaigne a proposé aussi une médication spéciale qui mérite un examen plus sérieux. Cette médication consiste à administrer après les grands traumatismes l’opium à haute dose. L’emploi de ce moyen préviendrait la fièvre traumatique et les autres accidents qui peuvent compliquer les plaies dès les premiers jours. Peu de chirurgiens français ont suivi exactement ce procédé ; en Angleterre et en Amérique, cette manière de procéder est plus souvent mise en pratique, et des succès importants ont été signalés.
Il y a quelques années, un de nos prédécesseurs à la Charité, le docteur Nichet, avait accepté cette médication dans son service de la Maternité, les résultats qu’il en obtenait étaient des plus heureux.
Comme médication préventive, vous verrez souvent prescrire l’administration des préparations dites vulnéraires, et en particulier celles de Y Arnica montana. Il y a de l’exagération, et de la part de ceux qui attachent à l’emploi de ce moyen uneiinpor-