‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 241 sur 252 · RÉUNION IMMÉDIATE - TRAITEMENT LOCAL · texte numérisé non relu

RÉUNION IMMÉDIATE - TRAITEMENT LOCAL

1° Traitement local consécutif 'pour obtenir la cicatrisation par première intention, par le procédé ponçant être dit classique. — L’ensemble clés moyens que le chirurgien met en usage pour réaliser ce mode de traitement porte habituellement le nom cle réunion immédiale. Le chirurgien tente, dit-on, ce cpie l’on appelle la réunion immédiate. A toutes les époques de la chirurgie, on a tenté la réunion immédiate des plaies. Hippocrate en fait mention, Gelse et Galien en ont formulé le précepte. Les Arabes et les arabistes en ont parlé aussi. En France cependant, ce n’est guère que depuis le commencement de ce siècle que cette méthode a été acceptée d’une façon un peu complète, et pendant qu’en Angleterre et en Italie la réunion immédiate était admise, soit par J. Bell, soit par A. Balini, qui l’avait introduite dans la pratique militaire, les chirurgiens français n’utilisaient que rarement ce mode de pansement.

Ce fut en 1815 que le professeur Roux, au retour d’un voyage en Angleterre, chercha à vulgariser parmi nous cette méthode. A. Dubois s’en déclara partisan. Delpech, à Montpellier, lui prêta son appui, et peu à peu, malgré quelques hésitations, quelques oppositions, cette méthode s’est généralisée. La plupart des chirurgiens l’acceptent en principe. Dupuytren même, qui a passé pour être opposé à la réunion immédiate, a écrit cependant cette phrase que vous trouvez dans une de ses leçons cliniques. « Il ne saurait, dit-il, exister de doutes sur la convenance de rapprocher et de réunir immédiatement les lèvres des plaies récentes et exemptes de complications. » Seulement Dupuytren n’acceptait pas cette manière de faire pour toutes les plaies, pour les plaies d’amputation, par exemple.

Pour que la réunion immédiate puisse et doive être tentée, il faut, en effet, que les plaies se présentent dans quelques conditions spéciales, et l’on comprend dès lors parfaitement que des chirurgiens, quoique partisans en principe de la réunion immédiate, en aient discuté souvent l’application.

79 i VINGT-NEUVIÈME LEÇON

Ces conditions peuvent être ramenées aux suivantes : lüIl faut, en premier lieu, que la plaie soit récente. En général, après vingt-quatre heures, la réunion des bords d’une plaie a beaucoup moins de chance de pouvoir être utilement tentée.

En effet, la plaie qui a été plus ou moins longtemps exposée à l’air s’enflamme et suppure. A quoi bon, dans ces cas, chercher une réunion immédiate, puisque fatalement la cicatrisation ne pourra être que secondaire ou médiate.

2° Il faut que la plaie ne soit pas saignante. Si vous tentez la réunion dans ces cas, et que l’écoulement du sang persiste, le sang épanché au niveau des bords réunis agira comme corps étranger, de là l’irritation et la suppuration consécutives. Pour être plus sûr que l’écoulement sanguin soit bien arrêté, quelques auteurs conseillent d’attendre environ vingt-quatre heures avant de procéder au pansement. Cette manière de faire doit être absolument rejetée : en agissant ainsi, vous diminueriez de beaucoup les chances de succès.

3° Les bords de la plaie doivent habituellement présenter une certaine netteté. Lorsque ces bords sont notablement écrasés, contus, ils sont inévitablement voués à un certain degré de gangrène moléculaire; inutile, par conséquent, de chercher alors une cicatrisation immédiate. Au cuir chevelu cependant, vous vous souviendrez que souvent la réunion immédiate pourra réussir, alors même que les bords de la plaie sont fortement contus.

Larrey et Roux ont donné un conseil qui mérite d’être discuté. Lorsque les bords sont plus ou moins fortement contusionnés et que l’on prévoit que la réunion immédiate est impossible, il serait convenable, d’après eux, de régulariser ces bords et de substituer, pour ainsi dire, à la plaie primitive une nouvelle plaie à bords plus nets, plus réguliers, susceptibles alors de pouvoir se réunir immédiatement. Le conseil doit-il être suivi? Cette pratique est certainement plus brillante, mais elle offre incontestablement plus de danger pour le blessé. L’observation clinique a, en effet, démontré que les

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