CONDITIONS NÉCESSAIRES DE LA RÉUNION IMMÉDIATE
plaies contuses exposent moins à certains accidents consécutifs des plaies ; à l’infection purulente, par exemple.
-Par conséquent, 11e substituez pas une plaie vive par instrument tranchant à une plaie contuse. C’est surtout pour les traumatismes des doigts que ce précepte doit être gravé dans votre esprit. Quand vous aurez à soigner une plaie des doigts, ne cherchez pas à régulariser les moignons même s’ils sont très irréguliers ; c’est une pratique inverse qui devrait presque être érigée en loi, et l’on comprend très bien que pour mieux fixer cette conduite dans la mémoire du chirurgien, un des maîtres les plus autorisés, soit par ses innovations chirurgicales, soit par son enseignement clinique, Chassaignac, ait posé comme un aphorisme de proscrire toute amputation des doigts pour cause traumatique.
4° Il faut que la vie soit conservée au niveau des bords de la plaie; en d’autres termes, il faut que les deux lèvres de la solution de continuité conservent des relations d’innervation et de circulation suffisantes avec le reste des tissus.
Cette dernière condition doit être présente à l’esprit du chirurgien quand il s’agit, par exemple, de tailler un lambeau au moment d’une amputation. Il est toujours important de ménager les vaisseaux et les nerfs dans les lambeaux que l’on veut replacer sur les surfaces divisées.
Cette prescription 11e doit pas cependant vous faire oublier que des parties complètement séparées du corps peuvent, même après un certain temps, être remises en place et la cicatrisation s’opérer néanmoins par réunion immédiate. Nous aurons à revenir sur ces faits, à propos de l’étude des greffes chirurgicales.
Outre ces conditions locales, il est bon que certaines conditions générales soient aussi réalisées, conditions de milieu atmosphérique et de santé antérieure du sujet. Il est évident que, toutes choses égales d’ailleurs, la réunion immédiate aura d’autant plus de chances de réussir que le blessé sera plus
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jeune, d une santé meilleure, placé dans des conditions hygiéniques plus parfaites ; mais le plus souvent nous ne sommes pas maîtres de ces conditions, et nous sommes forcés de les accepter telles qu’elles nous sont imposées.
En résumé, la division suivante peut être acceptée. Pour que la réunion immédiate réussisse, il faut :
1° Des conditions générales.
^ Conditions d'âge.
. — de santé antérieure du sujet.
— de milieu.
/ 1° Que la plaie soit récente.
V 2° Que l'écoulement de sang soit arrêté.
2° Des conditions locales. . . J 3<> Que les bords soient nets.
I 4° Que les bords soit suffisamment innervés \ et vascularisés.
Pour que la cicatrisation immédiate puisse aboutir, il faut, en outre, que les parties réunies dans les conditions dont nous venons de parler soient encore maintenues réunies pendant un certain temps. Pour maintenir cette réunion, le chirurgien a à sa disposition les moyens suivants :
11° Le repos;
2° La position ;
3° Les bandages;
4° Les agglutina tifs;
5° Les sutures ;
6° L’emploi des serre-fines.
Passons en revue l’étude de ces divers moyens.
1° Repos. — Ce que l’on peut appeler le repos d’une plaie est toujours très difficile à obtenir. Pour que ce repos soit réalisé d’une manière complète, il faut qu’il n’y ait pas de tiraillements, pas de mouvements de tension et de relâchements alternatifs au niveau des bords de la solution de continuité. Si ces mouvements existent, on comprend très bien que l’agglutination des parties ne puisse pas s’effectuer d’une manière complète. Dans bien des régions, ce repos est difficile à obtenir ; ainsi aux lèvres, au