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SUTURES A FILS MÉTALLIQUES

pas entraîné la conviction, et malgré les affirmations antérieures de Fabrice d’Aquapendente, de Percy, de Levret, on peut dire que, même au temps de Düpuytren, l’ensemble des praticiens n’avaient pas recours aux sutures à fils métalliques.

La première tentative faite à notre époque est due à Physick. Ce chirurgien prit vingt et un chiens auxquels il pratiqua la ligatura de la carotide ou de la crurale ; chez les uns, il se servit pour réunir la plaie de fils métalliques; chez les autres, il employa des fils ordinaires. Dans tous les cas où la ligature métallique fut mise en usage, on ne trouva aucune trace de suppuration au niveau des parties divisées. Dans tous les cas, au contraire, où les fils ordinaires furent employés, ces fils furent retrouvés au milieu de la suppuration, sauf dans un seul cas où le fil ordinaire s’enkysta. Ainsi, tolérance complète pour les uns, pour les autres, au contraire, réaction inflammatoire plus vive avec suppuration .

Depuis cette époque, quelques chirurgiens s’engagèrent plus résolument dans cette voie. Diffenbach, par exemple, conseilla de nouveau l’emploi des fils de plomb. En 1830, Heyward (de Boston) employait les fils métalliques pour la réunion des fistules vésico- vaginales ; mais ce ne fut qu’à partir de 1845 que Marion Sims généralisa l’emploi de cette méthode pour . les principales opérations de chirurgie.

Ces* idées pénétrèrent en France par l’intermédiaire de Follin et de Verneuil. Ges deux chirurgiens firent part tout d’abord à la Société de chirurgie de la pratique américaine et essayèrent d’en favoriser la généralisation. Malheureusement quelques chirurgiens de Paris s’opposèrent tout d’abord à cette diffusion. Richet et Boucher parurent, dès le début, peu favorables à cette méthode. Malgaigne, aidé de Labé, qui était alors un de scs internes, institua quelques expériences ; elles lui semblèrent peu avantageuses, et son appréciation fut défavorable.

Tout en acceptant quelques-uns des laits de la pratique américaine, Gosselin jugea convenable de faire des restrictions. Aiusi,

pour lui, c’était, par exemple, exclusivement pour les plaies des muqueuses que la nouvelle méthode semblait offrir des avantages sérieux .

Aujourd’hui, malgré ces quelques entraves, la vérité s’est fait jour, et la méthode s’est à peu près généralisée. En analysant les éléments de cette supériorité, voici les raisons que l’on peut invoquer. Notre collègue Ollier les a bien indiquées dans son mémoire de 1862 sur les sutures métalliques.

1° Les fils métalliques ulcèrent et coupent moins vite les tissus.

2° Ils occasionnent plus rarement la suppuration au niveau des parties qu’ils traversent.

3° Le séjour des fils peut être toléré plus longtemps.

4° Les fils métalliques laissent des traces de cicatrisation moins apparentes.

En un mot, tous les avantages peuvent se résumer dans la simple proposition suivante : les fils métalliques irritent moins les tissus. L’expérience a, en outre, prouvé que l’irritation était d’autant moins vive que les fils employés étaient plus petits. Dans ces conditions, il semble, au premier abord, que les fijsles plus petits doivent couper les tissus plus facilement. C’est une erreur, les fils plus petits déterminent moins d’irritation et sont supportés plus facilement. Comme on ne peut pas, avec des fils très petits, exercer sur eux un traction un peu forte, on est obligé alors d’en multiplier le nombre. En appliquant ainsi un plus grand nombre de fils, on demande à chacun d’eux un travail de résistance moins considérable, tout en obtenant un résultat général plus satisfaisant.

Pourquoi les fils métalliques sont-ils mieux supportés que les fils ordinaires ? La réponse à cette question est plus difficile qu’il ne semble au premier abord. Quelques auteurs ont émis, par exemple, l’hypothèse qu’il s’agissait de phénomènes électriques se produisant au contact des tissus et des fils métalliques. Le fait peut être possible dans une certaine limite, mais

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