‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 25 sur 252 · INFLAMMATION - PRONOSTIC · texte numérisé non relu

INFLAMMATION - PRONOSTIC

ilammatoires antérieurs et primitifs. Gela n’est plus possible lorsque l’inflainmation est restée limitée à la première période.

En effet, les symptômes de cette période, que nous avons appelée période à? irritation nutritive, sont des phénomènes qui disparaissent après la mort et qui ne peuvent plus vous servir pour asseoir votre opinion. Ainsi la rougeur d’une partie érysipélateuse n’apparait plus après la mort.

Dans quelques inflammations chroniques de la peau cependant, vous vous souviendrez qu’une coloration brune ou noirâtre persistante révèle souvent le fait d’un processus inflammatoire qui a existé à un moment donné.

Pronostic. — La question du pronostic ne peut être traitée d’une manière complète. La gravité de l’inflammation est, en effet, subordonnée essentiellement à des raisons de siège, d’étendue, dénaturé, d’épidémicité, de formes, d’âge, de constitution, de résistance du sujet que nous ne pouvons toutes passer en revue.

Insister sur des généralités semblables serait un travail assez facile, mais certainement peu profitable pour vous.

J’examinerai seulement, à propos du pronostic, les deux questions suivantes :

1° Le processus inflammatoire qui évolue, soit dans un organe, soit dans un tissu, prédispose-t-il ces parties à contracter une lésion organique?

2° Les lésions organiques, les tumeurs sont-elles susceptibles de s’enflammer?

Pour la première de ces questions, des opinions bien diverses ont été tout d’abord tour à tour exprimées. Ainsi Broussais, Bouillaud ont affirmé que l’intervention d’un travail inflammatoire préalable précédait presque toujours la tuberculisation pulmonaire. Plus tard, Bayle, Laenncc, Louis réagirent avec beaucoup de vigueur contre cette idée. Aujourd’hui la vérité semble exister entre ces deux pensées extrêmes. Cliniquement, il est incontestable que, soit pour le tubercule, soit

SEPTIÈME LEÇON

pour le cancer, la fréquence de ces dégénérescences est plus grande dans les parties qui primitivement ont été soumises à une certaine irritation phlegmasique.

Les bronchites répétées conduisent souvent à la tuberculisation pulmonaire. Nous n’insisterons pas sur cet exemple, parce qu’il est quelquefois difficile d’apprécier la différence entre les lésions tuberculeuses et les dégénérescences granule -caséeuses de l’inflammation. Pour quelques auteurs, en effet, les bronchites renouvelées fréquemment conduisent à la phtisie caséeuse, et non pas à la phtisie tuberculeuse.

Pour le cancer, les exemples d’irritation inflammatoire préexistante à la lésion néoplasique sont aussi fréquents. Ainsi le cancer du sein se rencontre le plus souvent chez la femme; or, c’est chez la femme certainement que les inflammations préalables de cette partie existent dans des proportions plus grandes.

Le cancer du col utérin est une des variétés que la femme présente le plus habituellement. 11 est facile de se représenter toutes les excitations inflammatoires qui sont perçues par cet organe. Les observations de Scanzoni ont même démontré que c’était dans les cas d’accouchements gémellaires qu'il y avait le plus de chances pour voir ultérieurement survenir une altération cancéreuse. Il est bien évident que dans ces conditions l’irritation préalable a été plus violente.

Chez l’homme, le cancer des lèvres se rencontre plus souvent chez le fumeur ; celui de l’estomac est plus fréquent chez l’homme qui a abusé des liquides irritants.

En définitive, au point de vue clinique, un processus inflammatoire antérieur à la lésion organique semble toujours favoriser une dégénérescence néoplasique qui survient ultérieurement.

A la deuxième question, les lésions organiques sont-elles susceptibles d’inflammation? La réponse est assez facile.

1° Au point de vue anatomo-pathologique, on hésite souvent pour affirmer si certaines lésions de structure que l’on observe

INFLAMMATION

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