L H LS
Coloration variable.
Couleur rouge foncée en rapport avec gravité.
/Caractères.^ Coloration. . . .]
' En plaques.
Retour habituellement à l’état nor- i Exception dans les
ma j • ( cas de syphilides.
i° Dilatation des vaisseaux.
2» Création de vaisseaux nouveaux.
3° Passage du sang dans les vaisseaux lymphatiques. 4» Extravasation j Déchirure des vaisseaux. Diapédése.
JCauses. . .<
\Im portance. J
du sang.
Assez sérieuse.
Cependant. .
I Après la mort cessation de rougeur. Après la mort, rougeur des parties non enflammées antérieurement.
le tissu ou l’organe enflammé.
Caractères.
Causes. . .
Importance.
Caractères./
Variable suivant Circonscrite.
Générale.
Superficielle.
Profonde.
1° Plus de sang. . , ,,
2o Exsudais d'où Congestive. . Début
tuméfaction . / ^sudat.ve Période moyenne.
3o Néoplasmes. .( ^eoPl^ique.( Période ultime.
C'est peut-être le signe le moins important des symptômes cardinaux.
Existe dès le début.
Cuisson.
Brûlure.
Gravative.
Pongitive.
Lancinante.
Térébrante.
Puisa tive.
En rapport
Causes. . . j
Importance. .
Caractères.^
Causes.
Importance. |
r Avec la nature de l’inflammation.
\ Avec la différence des tissus.
) Avec la résistance du tissu à l inl flammation.
Douleur souvent moindre dans les inflammations chroniques.
Compression des nerfs par les vaisseaux dilatés. Altération des nerfs (Vulpian).
Très réelle et restriction cependant.
Observation de Hanter.
Observation de Roger.
Observation de Simon et Montgomery.
Vitesse du cours du sang.
Plus de sang.
Augmentation des échanges moléculaires.
Expériences de Estorel Saint-Pierre.
Signe d’une grande valeur. Souvent cependant de> parties seulement chaudes ne s'enflamment pas.
DEUXIÈME LEO ON
Autres symptômes locaux. — Augmentation delà consistance, — du poids. — Diminutiou de cohésion — Augmentation de la fragilité. — Opacité des membranes transparentes. — Diminution ou augmentation de la graisse. — Modifications dans le tissu cellulaire, — dans les vaisseaux. — Troubles fonctionnels. — Phénomènes de voisinage. — Phénomènes réflexes —
^ Élémentaires.
Phénomènes microscopiques locaux. . . ! Vasculaires.
f Exsudatifs.
— Phénomènes élémentaires. — Au niveau des tissus non vasculaires. — Au niveau des tissus vasculaires. — Phénomènes vasculaires. — Indications bibliographiques
— Exposition des faits observés.- — Wilson Philip. — Thomson, Hastings, Kaltenbrunner. — Résumé des observations modernes. — Phénomène de diapédèse. — Faut-il accorder la supériorité aux phénomènes élémentaires ou aux phénomènes vasculaires. — Gellularistes. — Vascularistes.
Messieurs,
Nuits venons de passer en revue les quatre symptômes locaux inflammatoires les plus importants ; quelques autres méritent encore d’être mentionnés.
En premier lieu, si l’organe enflammé est accessible à la main, on trouve sa consistance augmentée. Pour le testicule, le sein, les glandes lymphatiques, le phénomène est des plus faciles à constater.
2° Le poids des organes, leur pesanteur spécifique augmente. Ainsi on vous indiquera en médecine légale un fait qui ne s’oublie pas, une fois qu’on l’a su : un morceau do poumon sain flotte sur l’eau; un morceau de poumon hépatisé par suite d’inflammation, descend, au contraire, au fond du liquide dans lequel
£0 DEUXIÈME LEÇON
il a été déposé. Vuus noterez cependant une exception pour le tissu osseux.
Pour les os, l’inflammation leur fait perdre une partie de leurs principes minéraux, et dans ces conditions le poids est moindre.
3° La cohésion des parties diminue presque toujours. Ce fait semble au premier abord en contradiction formelle avec l’augmentation de densité que nous venons de signaler ; mais un examen même rapide permet de se rendre compte de ce résultat. Ainsi lorsque le poumon est enflammé, les doigts peuvent s’ j enfoncer avec la plus grande facilité, sous l’influence de la moindre pression. Pour le cerveau, le ramollissement est encore plus considérable; les fluides semblent s’épancher directement dans la masse cérébrale. Lorsque la cornée transparente a été longtemps enflammée, elle se ramollit; on la voit alors se laisser distendre sous forme de cônes ou de saillies hémisphériques auxquelles on a donné le nom de staphylomes. Dans ces conditions, le tissu osseux lui- même se laisse couper facilement par l’instrument tranchant.
Lallemand avait indiqué déjà ce fait en insistant sur ces résultats. «L’inflammation aiguë, disait il , détruit, diminue la cohésion des tissus qu’elle affecte, et il faut, ajoutait-il, considérer deux choses bien distinctes : l’augmentation de densité ou dureté, et la diminution de cohésion ou désorganisation. »Du reste, en étudiant bientôt la physiologie pathologique de l’inflammation, nous nous rendrons compte d’une partie de ces phénomènes. Sous l’influence 'du processus inflammatoire, les cellules prolifèrent ; la substance fondamentale se dissout, souvent disparaît. Les fibres élastiques, les lamelles osseuses subissent des modifications semblables, et l’on comprend bien alors le défaut de cohésion, le ramollissement qui tend à survenir. A côté de cette loi que l’on pourrait formuler : l'inflammation aiguë détruit ou diminue la cohésion du tissu qu’elle affecte, Cruveilhier en a émis une seconde que nous vous rappellerons plus tard : c’est que, pour un tissu enflammé çhroni-
INFLAMMATION — PHÉNOMÈNES MICROOR APHIQUES
qucment, ce phénomène se passe en sens inverse. « Tout tissu chroniquement enflammé, en même temps qu’il augmente de densité, augmente aussi, au contraire, d’une manière proportionelle en force do cohésion. »
La connaissance do ces divers symptômes conduit à quelques applications pratiques que nous devons vous signaler. Ainsi, un organe enflammé supportera une contusion bien moins facilement ; et souvent dans ces conditions des déchirures seront le résultat du moindre traumatisme. La ligature des polypes coupe souvent le pédicule qu’elle embrasse, moins par l’intensité de la constriction que par le ramollissement que l’inflammation développe dans le pédicule qui a été scié. Ces mêmes phénomènes vous permettront de vous rendre compte de l’ouverture de l’abcès phlegmoneux. Les couches cutanées enflammées, amincies, résistent de moins en moins, et l’ouverture spontanée s’opère à un moment donné.
Dans les cas de rupture utérine, dite spontanée, on doit presque toujours accuser l’inflammation d’être la cause de l’accident. Les observations de rupture utérine qui ont été publiées signalent presque toujours, en effet, l’inflammation utérine comme antérieure à la rupture de l’organe.
A la suite d’accidents puerpéraux, les ovaires enflammés acquièrent par cela même une grande mollesse ; leur fragilité devient alors excessive. Souvenez-vous, dans ces conditions, d’examiner vos malades avec les précautions les plus grandes. L’organe enflammé pourrait se rompre sous l’influence de la pression la plus légère.
A la suite des fièvres intermittentes, la rate se tuméfie, s’en flamme dans une certaine limite, la fragilité augmente ; les mêmes précautions devront être présentes à votre esprit.
Quelques autres phénomènes locaux doivent encore vous être signalés.
4° Ainsi, en quatrième lieu, les membranes transparentes deviennent opaques. Vous constaterez souvent ce résultat, soit
22 DEUXIÈME LEÇON
pour les séreuses enflammées, soit pour la cornée transparente.
5° Habituellement la graisse diminue dans un organe enflammé; cette observation est de Kaltenbrunner; elle a été acceptée par beaucoup d’auteurs, par Gendrin en particulier. Actuellement les expériences micrographiques modernes autorisent à formuler sur ce sujet quelques détails plus complets. La graisse qui diminue dans un organe enflammé, c’est la substance graisseuse qui existait naturellement avant l’évolution du processus inflammatoire. Par suite du travail plilegmasique, nous verrons bientôt que les cellules élémentaires subissent, au contraire, des dégénérescences graisseuses importantes ; aussi, en fin de compte, est-il vrai de dire que souvent l’élément graisseux tend plutôt à augmenter qu’à diminuer dans une partie enflammée.
6° La texture, soit des tissus, soit des organes, présente souvent des particularités dignes d’être mentionnées. Sans vouloir entrer dans des détails qui trouveront leur place plus naturel lement au moment où nous aborderons l’étude de l’anatomie micrographique', ü est quelques points que nous devons vous signaler dès maintenant; ce sont, par exemple, les modifications qui surviennent souvent, soit au niveau du tissu cellulaire des parties enflammées, soit au niveau des parois vasculaires-.
Le tissu cellulaire présente habituellement des mailles distendues plus ou moins inégalement par une sérosité fibrineuse, plus claire dans les parties périphériques ; plus épaisse, plus coagulable à mesure que l’on se rapproche du centre des parties lésées. Dans ces cas, la surface de la coupe représente assez bien, d’après Hunter, la section d’un citron. Quand on sectionne un morceau de poumon atteint d’inflammation, on voit un aspect granuleux plus ou moins prononcé, suivant que l’inflammation est plus ou moins fibrineuse. Le tissu cellulaire perd sa souplesse habituelle et son élasticité ; les organes qu’il sépare deviennent plus adhérents les uns aux autres, ils tendent à s’immobiliser.
INFLAMMATION — PHKNOMKNRS MIGROGR APHIQUES
Des modifications intéressantes se passent aussi au niveau des vaisseaux, soit au niveau des veines, des artères et des vaisseaux capillaires. Les veines enflammées adhèrent par leurs parois aux tissus voisins; elles ne reviennent plus sur ellesmêmes quand on les sectionne; elles restent alors béantes comme un sinus, et l’on comprend qu’une hémorragie sera, dans ces conditions, bien plus à redouter.
Pour les artères, pour les vaisseaux capillaires, les parois perdent leur contractilité, par suite des infiltrations plastiques qui se constituent. Ce fait explique aussi la persistance et la gravité des hémorragies qui se font au niveau d’un foyer inflammatoire.
7° Notons enfin qu’un organe, qu’un tissu enflammé est presque toujours plus ou moins troublé dans ses fonctions. Les lésions que nous appellerons fonctionnelles sont évidemment variables, suivant les divers tissus ou les divers organes ; mais d’une façon générale, on peut dire qu’elles consistent presque toujours dans la diminution ou l’abolition delà fonction.
Quelques exemples empruntés à divers organes peuvent vous faire comprendre parfaitement cette perturbation du fonctionnement physiologique.
Ainsi, pendant le coryza, la perception des odeurs est souvent abolie, ou tout au moins singulièrement restreinte. Dans la rétinito, la fonction visuelle est sérieusement atteinte. L’absorption est habituellement diminuée au niveau des parties enflammées; et si, à un moment, lorsque la résolution s’opère, on constate, au contraire, une augmentation de cette faculté, on peut dire qu’à ce moment l’état normal tond à revenir et que la période inflammatoire est presque passée. Les organes glan dulaires tendent à suspendre leur fonctionnement au moment d’une inflammation. Le rein enflammé laisse passer l’albumine et arrive bientôt a ne plus sécréter l’urine. Le poumon enflammé cesse de remplir son rôle. Il nous semble inutile, du reste, d’insister plus longtemps sur ces faits ; signalons cependant les modifications que l’on voit survenir du côté de la contractilité.
24 deuxième leçon
La contractilité musculaire s’abolit par le fait de l’inflammation. La dégénérescence granuleuse et parfois graisseuse, l’infiltration œdémateuse des éléments musculaires expliquent assez bien la production de ce phénomène. Quoi qu’il en soit de l’explication, les muscles de la vie de relation, ceux à fibres lisses de la vie végétative tendent à cesser leurs contractions lorsqu’ils sont enflammés. L’asystolie accompagne toujours la myocardite.
C’est habituellement par suite de la paralysie qui survient au niveau de la tunique musculaire intestinale que l’on voit les intestins se distendre à la suite d’une inflammation ayant porté tout d’abord sur le péritoine ou sur la muqueuse pour se propager ensuite à la tunique musculaire. Le ventre se ballonne, les gaz intestinaux distendent alors facilement les tuniques intestinales, dont l’élément contractile a cessé de fonctionner.
Dans les bronches, la paralysie des muscles de Reïsessen succède à l’inflammation de la muqueuse, et l’on voit souvent dans ces conditions l'accumulation des sécrétions bronchiques déterminer des accidents sérieux.
Dans les cas d’angines, les moindres mouvements de déglutition sont difficiles, douloureux ; souvent les aliments ou les boissons refluent alors dans les fosses nasales; ce phénomène dépend bien évidemment de la paralysie des muscles du voile du palais survenue à la suite de l’inflammation qui a existé tout d’abord au niveau de la muqueuse. Les moindres rhumatismes musculaires sont toujours accompagnés d’une grande gêne dans le mouvement et de douleurs vives à la suite du moindre effort.
Il nous paraît inutile de vous citer des exemples trop nombreux; nous vous indiquerons seulement encore une particularité spéciale à l’élément nerveux. L’élément nerveux résiste davantage aux dégénérescences qu’entraîne l’inflammation ; aussi, dans une première phase, il y a plutôt exaltation de l'acte fonctionnel ; et c’est seulement plus tard, dans une seconde phase.
INFLAMMATION — PHENOMENES MICROGRAPHIES 25
que l’on voit survenir la diminution, puis l’abolition cle la fonction.
Follin avait décrit des symptômes locaux de voisinage : ainsi les douleurs de l’épaule dans les cas de phlegmasies pleurales ; les douleurs de l’extrémité de la verge dans les cas de cystite du col, les douleurs périorbitaires de la conjonctivite. Ges symptômes doivent être considérés comme dépendant presque toujours de la propagation du travail inflammatoire à quelques branches nerveuses. .
Enfin nous vous signalerons, en dernier lieu, la production de phénomènes réflexes, phénomènes en rapport avec les organes lésés ; ils se produisent le plus souvent clans les cas d’inflammations superficielles des muqueuses et ont été bien décrits par Picot dans son Etude clcs grands Processus morbides. Ainsi l’inflammation des fosses nasales détermine l’éterniimenf, celle des bronches et des poumons suscite le phénomène de la toux; l’inflammation de l’arrière-gorge s’accompagne fréquemment de l’exagération des mouvements cle déglutition.
En somme, les symptômes locaux que nous venons d’étudier omportent :