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ÉTUDE DU PUS - VARIÉTÉS SUIVANT LES TISSUS

Dans les glandes le pus renferme des éléments épithéliaux, propres à l’organe qui a suppuré. Au niveau des organes internes, des éléments particuliers dénotent aussi la provenance du liquide purulent. Ainsi pour les abcès du cerveau, Vogcl a décrit des fragments de tubes nerveux ; pour ceux du foie, Ch. Robin a signalé des débris de cellules hépatiques, et même quelquefois des cellules hépatiques entières.

Le pus des os contient presque toujours des grains calcaires et des gouttelettes graisseuses.

Au niveau des muqueuses le pus renferme habituellement une proportion plus grande de mucine, il est alors filant. Les anciens auteurs disaient assez volontiers que le pus présentait dans ces conditions les caractères du pus cru. Plus tard, la mucine se dissout, se transforme peu à peu en substance albumineuse, le liquide devient alors plus crémeux, plus épais, c’est ce que les mêmes auteurs appelaient le pus mur.

En somme, un élément spécial décèle, en général, la provenance du pus. Il y a dans ce fait une notion importante qu’il fuit connaître, puisque le chirurgien pourra en tirer souvent des renseignements précieux pour élucider des cas de diagnostic difficiles.

Au point de vue des tissus d’où le pus tire son origine, il est une dernière remarque que vous retiendrez. Tantôt le pus se forme au niveau des parties extérieures qui ont été divisées, au niveau d’une plaie, par exemple; tantôt il se forme au niveau { des parties profondes.

Dans le premier cas, il s’écoule immédiatement au dehors;

i dans le second, il se réunit en constituant ce que l’on appelle r: la collection purulente, l’abcès.

2° Variété suivant V intensité de V inflammation. — Sui-

ii vaut l’intensité de l’inflammation, les auteurs ont tous, à peu ^ près, établi une distinction qui est restée classique.

D’une part, ils ont décrit le pus correspondant à l’inflammation > intense, le pus de l’abcès chaud.

Berne. — Path. chir.

HUITIÈME LEÇON

D'une autre part, ils ont indiqué le pus correspondant à l’in iiamination de peu d'intensité, le pus de l’abcès froid.

Le premier est ( épais, blanc,

renfermant beaucoup de globules, homogène,

sans grumeaux ni flocons.

Le second est, au contraire, séreux,

d’une teinte moins blanche, renfermant peu de globules, moins homogène,

contenant des grumeaux et des flocons.

Quand on examine avec soin cette question, la différence vous paraît encore plus tranchée.

Ainsi non seulement le pus froid est plus fluide, renfermant des grumeaux, mais il contient souvent une quantité plus ou moins grande de sang ; il se présente,, en effet, fréquemment avec une couleur hématique plus ou moins prononcée, contient comme le sang des cristaux de cholestérine.

Les leucocytes qu’il renferme sont toujours en quantité très minime; ils sont granuleux et habituellement en voie de décomposition. En outre, différence plus capitale, si vous injectez dans les tissus d’un animal du pus d’abcès chaud, vous déterminez toujours et rapidement chez lui des phénomènes inflammatoires locaux d’une grande intensité.

Si l’expérience se fait, au contraire, avec le pus de l'abcès froid, aucun effet local inflammatoire ne se produit. Nous aurons bientôt à revenir sur cette question ; mais dès maintenant vous pouvez retenir que les différences si nombreuses entre le pus de l’abcès chaud et celui de l’abcès froid, soif au point de vue physique , chimique , micrographique el vital permettent avec une certaine apparence de raison, d’accentuer encore la distinc-

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