ÉTUDE DU PUS — VARIÉTÉS SUIVANT LA COLORATION
tion simplement établie par les auteurs et d’affirmer, comme nous le dirons plus tard, que le pus froid n’est pas, après tout, du véritable pus. Mais n’anticipons pas.
Continuons l’examen des autres variétés du pus.
3° Variétés au point de vue des caractères physiques. — Au point de vue de la couleur, notez tout d’abord les différences suivantes :
1/ Le pus peut être brun ou noir ;
Il présente quelquefois la coloration safran ;
Il peut être de couleur lie de vin ou rougeâtre; Quelquefois il est bleu.
Coloration noire. — La coloration brune ou noire est due à l’action du sulfhydrate d’ammoniaque sur l’hématosine des globules rouges qui sont souvent mélangés au pus. Ce fait se rencontre fréquemment dans les cas de carie ou de nécrose.
Coloration jaune. — La coloration jaune se rencontre assez souvent. Le pus jaune est habituellement d’une couleur safran, couleur d’ocre. Tantôt cette coloration est uniforme, tantôt elle est partielle.
Cette coloration tient habituellement à une modification particulière de la matière colorante du sang. D’après Traübe et Sée, P hémoglobuline sortie des vaisseaux subit un certain degré d’oxydation. Quoi qu’il en soit de l’explication, le phénomène a lieu le plus souvent lorsque la suppuration se forme au niveau de parties contuses enflammées et ayant présenté un foyer sanguin plus ou moins considérable. Dans les cas d’ictère, la suppuration offre aussi cette coloration jaune.
Quelques auteurs ont émis l’opinion que cette coloration était liée à des phénomènes de résorption purulente. L’expérience n’a pas confirmé cette présomption. Dans quelques cas observés parDelore, cette coïncidence avait été remarquée ; mais des faits plus nombreux ont montré qu’il n’en était rien.
Dans les cas seulement où la teinte jaune est liée à des phénomènes d’ictère, comme l’ictère se rencontre souvent dans la
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résorption purulente, il semble que le rapport signalé ait quelque chose de plus juste.
Coloration lie de vin. — Le pus peut être quelquefois d’une couleur lie de vin, rougeâtre. Le fait tient à une certaine quantité de sang mélangée au liquide purulent et dont les hématies n’ont subi encore aucune altération.
Coloration bleue. — Enfin le pus peut être bleu. Les auteurs se sont occupés beaucoup de cette coloration et de sa cause. Tantôt la coloration est simplement bleuâtre, tantôt bleue très prononcée, tantôt un peu verdâtre. Il faut, en outre, établir la distinction suivante. Tantôt ce sont les linges qui ont touché le pus qui présentent la coloration bleue, tantôt c’est le pus luimême qui offre cette couleur. Ainsi, dans une observation rapportée par Richet, au moment où une incision ouvrait un abcès du sein, ce chirurgien voyait s’écouler du pus parfaitement bleu.
La coloration bleue des linges se produit souvent au moment des orages. Longet a signalé cette coïncidence dans un mémoire important sur cette question, mémoire inséré dans les A rchives de médecine de 1873 et 1874. Dans un tableau résumant une période de plusieurs mois, ce rapport a toujours été noté d’une manière à peu près absolue. Déjà, en 1854, un des préparateurs de chimie à l’école de Lyon, le docteur Coutaret, avait constaté que des linges imprégnés de pus et exposés à une pluie d’orage avaient présenté ensuite cette coloration particulière.
Quant à la cause intime du phénomène, voici un aperçu rapide des diverses opinions qui ont été émises à ce sujet:
En 1841, Perçoz et Dumas avaient pensé que cette coloration tenait à l’acide cyanhydrique se développant dans les suppurations de mauvaise nature; cet acide réagirait sur les particules de fer qui peuvent se trouver, à un moment donné, sur les linges à pansement. Dès 1842, un élève de Dumas, Conte, avait, du reste, réfuté cette théorie en émettant l'idée que le phénomène était -sous la dépendance d’une décomposition chimique analogue à la coloration verte que l’on voit se produire sur la