ÉTUDE DU PUS — PUS BLEU
peau du cadavre. En 1850, Sedillot, après quelques expériences, émit l’opinion quela sérosité du pus ou du sang subit parfois des réactions particulières qui conduisent à la production do la coloration bleue, lorsque la température est modifiée. Ges observations ne présentent cependant rien de précis, rien de très exact.
En 1852, dans un mémoire publié dans la Revue médicale , Pétrequin soutient une opinion se rapprochant un peu de celle de Dumas. Pour lui, la coloration tient au fer que le pus peut renfermer et à l’action, dans cce conditions, de l’acide suif hydrique. L’auteur fait remarquer que la coloration est toujours d’une teinte un peu verdâtre rappelant assez bien celle que le sulfure de fer communique aux bouteilles.
En 1853, Robin et Verdeil soutiennent que la coloration bleue tient à deux causes : tantôt à la présence d’un champignon; tantôt à sa présence et à des modifications subies soit par la bili verdine, soit par l’hématoïdine que le pus peut contenir.
Le champignon indiqué par Robin est une algue microscopique voisine des protococcus, section des palmellées, caractérisée surtout par des spores colorées en bleu verdâtre et mesurant de 5 y et 6 [j..
Delore, dans sa thèse de 1854, attribue aussi cette coloration à des modifications réalisées au niveau de la matière colorante du sang.
En 1863, Fordoz présenta sur ce sujet quelques recherches chimiques qui méritent d’être connues. La coloration bleue est due, suivant cet auteur, à la présence dans le pus, d’une matière colorante spéciale à laquelle il a donné le nom de pyocyamine. Elle peut s’obtenir à l’état cristallin sous formes de prismes bleus. Quand cette matière se trouve mélangée au pus, pour que la coloration s’affirme, il faut que le pus soit au contact de l’air. Ainsi, dansun flacon bien bouché, le pus contenant une certaine quantité de pyocyamine ne présente pas de coloration bleue; si l’on débouche le flacon et que l’on agite le mélange, la coloration apparaît.
En 1868, Billroth accepte, pour se rendre compte de la sup-
HUITIÈME LEÇON
pïiration bleue, les idées de Luckc. La coloration est due, suivant ces auteurs, à la présence d’un vibrion microscopique. Il constitue de petits cylindres à extrémités renflées semblables à des cristaux d’oxalate de chaux. Billrotli ajoute quelques réflexions sur les conditions qui président au développement de ce vibrion. L’état atmosphérique est pour beaucoup dans cette genèse et c’est ce qui expliquerait, suivant lui, l’extension souvent comme épidémique de ce phénomène. Ces assertions si nombreuses laissaient, en définitive, bien de la confusion dans l’esprit, lorsque, en 1873, parut, dans les Archives, le mémoire de Longet. L’auteur observe tout d’abord que la divergence d’opinions tient à ce que la suppuration bleue n’est pas une. Pour lui, en effet, trois espèces de coloration bleue doivent être distinguées.
1° Une coloration bleue semblable à celle que peut présenter, dans quelques circonstances, le lait, l’urine, la sérosité des vésicatoires. Cette coloration tient à la présence de sels biliaires ou hématiques, insolubles, du reste, par suite de réactions chimiques appropriées.
2° Une deuxième coloration est due à la présence soit de champignons, soit de vibrions. Cette coloration apparaît habituellement loin des plaies, surtout quand les linges à pansement n’ont pas été renouvelés fréquemment.
C’est la suppuration bleue de Cadet Gassicourt, c’est la tache bleue de Robin, de Lucke, de Billroth. Ce sont des moisissures qui se forment, à un moment donné, et qui donnent cette teinte, comme le fait a lieu soit pour le pain, soit pour tel autre produit.
3° Une troisième coloration bleue peut se rencontrer. Cette dernière n’est due ni à la production de végétaux ou de vibrions microscopiques, ni à une modification des humeurs; elle se forme dans des conditions spéciales sur des linges qui peuvent même ne pas être en contact avec de la suppuration.
Ainsi Longet a obtenu sur plusieurs sujets la coloration bleue en maintenant sur la peau, soit au niveau d’une plaie, soit même au niveau d’une surface complètement saine, des coin-