‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 35 sur 252 · ETUDE DU PUS — PUS FETIDE · texte numérisé non relu

ETUDE DU PUS — PUS FETIDE

presses imbibées d’eau tiède; par-dessus des plumasseaux de charpie sèche et du taffetas gommé pour empêcher l’évaporation, le tout étant maintenu par quelques tours de bandes en toile

Cette troisième coloration bleue est appelée par Longet coloration bleue des linges à pansement ( cyanochrose couleur bleue). Ce mot a au moins l’avantage de s’appliquer au fait, sans en spécifier la nature.

Les recherches de Longet semblent démontrer que le phénomène dépend surtout des variations atmosphériques .Voici . d’après lui, ce qui se passe : au moment d’un orage, sous l’influence de l’ozone, il se fait une combinaison de l’iode mis en liberté dans une salle de chirurgie et de l’amidon des compresses; l’on aurait ainsi de l’iodure d’amidon. Poursuivons l’étude des variétés du pus.

Pus fétide. — Le pus présente quelquefois une odeur fédide. Cela tient habituellement à la décomposition des matières albuminoïdes et à la décomposition des sulfates qui se changent en sulfures. Il se produit alors du sulfhydrate d’ammoniaque.

Le phosphore des matières protéiques peut, dans quelques circonstances, s’unir à l’hydrogène. Alors le fait d’une quantité même très minime d’hydrogène phosplioré suffit pour dégager une odeur excessivement fétide, exagérée encore par l’apparition d’acides gras très odorants, l’acide butyrique, par exemple, l'acide valérianique. Voici, du reste, ce que l’observation apprend pour la fétidité du pus.

l°La fétidité du pus, peut provenir du mélange direct du pus avec des matières fétides elles -mêmes. 11 en arrive ainsi dans les abcès urineux, dans les abcès stercoraux.

2° Le pus peut être mélangé avec des gaz fétides ; mais ces gaz proviennent de parties ne communiquant pas avec l’abcès. C’est ce qui a lieu, par exemple, dans les abcès de la marge de l’anus, dans ceux des paroisabdominales. Des observations nombreuses de Bérard, de Chassaignac, ont montré que dans ces cas la suppuration était habituellement fétide; pareil phénomène se rencontre souvent dans les abcès de la fosse iliaque.

HUITIÈME LEÇON

3° L’air, comme les gaz fétides, peut pénétrer dans les foyers purulents par voie endosmotique, et dès lors la putréfaction du foyer en est la conséquence. C’est ce que l’on voit survenir au niveau des abcès des gencives, des joues, de la langue, des régions du cou, du larynx, de la trachée.

4° Le pus devient fétide dans un abcès ouvert lorsque l’écoulement est plus ou moins imparfait (abcès par congestion, abcès plilegmoneux, abcès anfractueux).

Lorsque le pus est fétide, outre les caractères chimiques que nous avons indiqués, quelques altérations spéciales surviennent parfois. Ainsi les globules purulents se modifient, il deviennent très pâles, très volumineux, un peu granuleux; leur nombre diminue, tandis que celui des granulations augmente, au contraire. Souvent on rencontre dans ce pus des microzoaires, des micro phytes variables. Les effets phlogogènes et pyrogènes tiennent probablement à la présence de ces nouveaux éléments. En tout cas, il est tout naturel de faire cette remarque. Pour le pus ordinaire, l’action phlogogène ou pyrogène tient habituellement à la présence des globules; or, dans ce cas, les globules sont détruits et l’effet produit est cependant plus grave.

Enfin, en dernier lieu, le pus peut être variable au point de vue de sa spécificité. Il y a des pus virulents, il y a du pus varioleux, morveux, syphilitique. Le pus peut être simple, c’est-àdire ne présentant aucun des caractères que nous venons d'indiquer. Les expériences de Chauveau tendent à prouver que la spécificité appartient essentiellement au globule purulent, soit pour le pus vaccinal, soit pour le pus morveux.

Chauveau a pu, par des filtrations faites avec beaucoup de soin, obtenir un sérum absolument dépourvu de particules solides. Ce sérum serait, d’après ses expériences, tout à fait inoffensif. Quant à décider si la puissance virulente existe dans les granulations élémentaires ou les globules purulents, on comprend que ce problème soit insoluble. En résumé :

Page 1