‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 36 sur 252 · VARIÉTÉS DU PUS · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DU PUS

jo Variétés suivant le lieu où se forme du pus.

2» Variétés suivant l’intensité de l’inflammation.

1° Au niveau d’une plaie.

’2o Dans les Ç Présence des éléments spéciaux ù chaque tissu - tissus. I ou à chaque organe.

Blanc.

Pus ’ Homogène,

phlegmoneux / BeauC0up de globules.

Très fluide.

Grumeaux.

Presque pas de globules.

Matériaux hématiques.

Ressemble quelquefois à un liquide.

Séreux.

' Pus froid.

Noir.

2° Lie de vin.

3» Jaune.

Causes : Dumas, Ç Acide cyanhydrique.

3‘ Variétés de couleur.

Bleu

1841. t Fer deslinges. Bleu de Prusse- Décomposition chimique ^ analogue à la teinte verte de I la peau du ventre sur le ca- \ davre.

, A 26" ou 30° la sérosité du ’ pus et du sang subit une mo- ' dification particulière.

/ Acide sulfhydrique ^ Sulfure 1 du pus.

de fer j Fer des linges ou du \ \ sang.

( A. Champignon.

Verdeil, 1 ( Biliverdine.

I B. Modification ,

j Comte, 1842.

Sédillot, 1848.

Pétrequin, 1852

Robinet

Delore, 1854.

Fordoz, 1860-65. j

( Hématoïdine.

( Modification de la matière co- ( lorante du sang.

Ç Pyocyamine. Matière colorante liquide.

Billroth. ( Champignon.

( Vibrion.

I Modification de la matière \ colorante du sang ou de la ' bile.

Champignon.

Production d’iodure d’amidon.

Lucke, 1868.

Conclusion de Longet 3 espèces de colorât, bleue

4° Variétés d'odeur.

5° Variétés de spé-^ cificité. I

Fétidité ; production de sulfhydrate d’ammoniaque. ( Virulent.

Non virulent

Expériences de Chauveau.

HUITIÈME LEÇON

Propriétés phlogogènes et pyrogènes du pus. — Étudions maintenant les propriétés phlogogènes et pyrogènes du pus.

Le pus a des propriétés phlogogènes, c’est-à-dire qu’en l’injectant au milieu des tissus sains on détermine des phénomènes inflammatoires plus ou moins considérables. Il a aussi des propriétés pyrogènes, c’est-à-dire que sa pénétration dans le sang suscite des phénomènes pathologiques spéciaux.

D’une façon générale, l’observation démontre que tous les produits d’origine phlegmasique sont phlogogènes : misencon tact avec les tissus sains, ils provoquent des accidents locaux inflammatoires; mais le pus est, de tous ces produits, celui qui agit le plus dans ce sens. Des expériences nombreuses confirment pleinement cette assertion.

Expériences de Gaspard 1808 1822. Du pus frais injecté soit dans le péritoine, soit dans la plèvre, soit dans le tissu cellulaire produit des inflammations suppuratives.

Expériences de Gunther de Hanovre, 1834; Darcet, 1842; Castelnau et Ducret , 1844 ; Sédillot , 1848 ; Gamgée et Faivre, 1855.

En nous occupant ultérieurement de la résorption purulente, nous aurons, du reste, à revenir sur ces détails.

C’est à Chauveau que revient le mérite d’avoir élucidé cette question d’une façon plus complète; ses expériences datent de 1872.

En étudiant séparément :

lu L’action du pus pourvu de tous ses éléments,

2° Celle du pus moins les globules, c’est- à-dire l'action du sérum renfermant simplement quelques granulations élémentaires,

3° Celle du sérum pur,

4° Celle des globules seuls,

Chauveau est arrivé aux conclusions suivantes :

1° Pourvu de tous ses éléments, étendu même de deux parties d’eau, le pus injecté dans le tissu cellulaire produit un phlegmon diffus.

KTUDE du PUS — PROPRIÉTÉS PHLOGOGÈNES ET PYROGÈNES 187

2° L’injection du sérum et des granulations élémentaires agit dans le même sens, mais à un degré beaucoup moindre.

3° L’injection du sérum pur, c’est-à-dire dégagé de tout î élément cellulaire (globules et granulations élémentaires) ne détermine aucun effet phlogogène sensible.

4° L’injection des globules seuls produit les mêmes résultats que l’injection du pus lui-même.

Voici, en outre, quelques autres conclusions qu’il est important de connaître.

L’effet phlogogène dépend de la quantité de pus que l’on injecte et de sa qualité. Ainsi le pus d’un phlegmon très inflammatoire produit habituellement des effets phlogogènes plus intenses. Le pus d’un phlegmon plus modéré a une: action moindre. Le pus de l’abcès froid ne détermine souvent pas d’effet appréciable. Le pus putride, c’est-à dire le pus en voie de décomposition, et le pus, par exemple, exposé à l’air dans un trajet sous-cutané, celui, recueilli au niveau d’un séton, possèdent une puissance d’action considérable. A la suite de l’injection d’un pus semblable, presque toujours on voit survenir dans l'endroit où le liquide a été injecté des phlegmons gangréneux, à marche envahissante et promptement mortels. Etendu de trois fois son poids d’eau, ce pus donne encore lieu à des phénomènes graves, mais moins étendus. Mélangé avec douze fois son poids d’eau, il agit comme du pus ordinaire étendu de quarante parties d’eau, il ne détermine plus alors qu’une inflammation peu vive sans suppuration.

On a cherché à se rendre compte de ces symptômes divers que nous venons de passer en revue. Pourquoi le pus produit- il des effets phlogogènes et pyrogènes ? La composition chimique de ce liquide ne peut certainement expliquer en rien cette action pathologique. Ily a quelques années cependant, en 1871, Mathieu a émis, dans la Gazette hebdomadaire , quelques idées sur ce sujet qui méritent d’être connues. Suivant cet auteur, le pus est une substance extrêmement avide d’oxygène ; il s’en empare

HUITIEME LEÇON

toujours avec avidité. Cette propriété expliquerait assez bien ce qui se passe après l’injection de ce liquide dans les tissus. L’absorption de l’oxygène par le pus injecté entrave bien vite les phénomènes nutritifs, et entraîne par ce fait l’explosion des phénomènes inflammatoires .

Théories de la suppuration. — Examinons maintenant les diverses théories qui ont été proposées pour expliquer l’origine du pus. Par quel mécanisme le pus se produit-il au. niveau d’une partie enflammée ?

Sans vouloir passer en revue toutes les opinions qui ont été émises sur ce sujet, il me semble utile de vous signaler les plus importantes, les plus autorisées. On peut admettre tout d’abord deux grandes divisions :

En premier lieu, les théories plus anciennes;

En deuxième lieu, les théories contemporaines.

Théories anciennes. — Les théories anciennes sont les unes humorales, les autres solidistes.

1° Théories humorales. — Pringle, Gaber considéraient le pus comme provenant de la sérosité qui se putréfiait. Gaber allait jusqu’à prétendre qu’il lui avait été possible de produire du pus en exposant de la sérosité provenant du sang dans une vessie qu’il chauffait ensuite à une température de 25° et 40°.

Pour de Haen, le pus tout formé dans le sang se filtrerait par des surfaces enflammées. La nouvelle théorie du passage des globules blancs du sang au travers des parois capillaires rappelle un peu l’opinion que nous venons d’indiquer.

Hofmann et Graslmis avaient émis la pensée que la suppuration était une saponification des graisses par les produits acides de l’inflammation.

2° Comme théories solidistes anciennes, nous vous citerons seulement celles de Boerhaave, de Van Swieten et de Hunter.

Boerhaave et Van Swieten admettaient la dissolution des tissus par les liquides résultant de l'inflammation. Dupuytren, à une époque plus rapprochée de nous, acceptait assez volontiers

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