THEORIES UE LA SUPPURATION
cette opinion. Les divers auteurs qui ont soutenu cette idée se sont tout naturellement efforcés de prouver que l’on trouvait toujours dans le pus des éléments caractéristiques ayant appartenu aux tissus qui avaient suppuré. Pour eux la présence du pus était toujours l’indice d’une ulcération, d’une véritable perte de substance.
limitera formulé une théorie beaucoup plus célèbre en termes nets et précis. Elle a été, du reste, acceptée pendant longtemps par bien des esprits supérieurs, Thomson, Home, Meckel, Bichat. « Le pus, dit limiter, est produit par un changement, une décomposition, une séparation que le sang subit en traversant les vaisseaux. Pour l’accomplissement de ce phénomène, il faut qu’un appareil nouveau et tout particulier de vaisseaux soit formé ou bien qu’une nouvelle disposition, ou un nouveau mode d’action s’accomplisse dans ceux qui existent déjà. Je donnerai la qualification de glandulaire à ce nouvel appareil vasculaire ou à cette nouvelle disposition de vaisseaux, et je considérerai le pus comme une sécrétion . »
Avant de passer en revue les théories contemporaines de la suppuration, signalons, en dernier lieu, l’opinion du professeur Delpech de (Montpellier). Quand on examine avec soin l’intérieur d’un abcès ou la partie la plus superficielle d’une plaie, on voit une membrane étalée soit à la surface de la plaie, soit dans l’intérieur de l’abcès. Cette partie, décrite avec beaucoup de soin par Delpech, avait été appelée par lui membrane pyogènique ; c’est elle qu’il considérait comme l’organe sécrétant directement le pus. L’autorité, le talent du professeur de Montpellier firent accepter cette théorie assez longtemps.
Une objection capitale peut cependant lui être opposée.
S’il est vrai, en effet, que cette membrane se rencontre dans les abcès chroniques, et souvent à une certaine période des abcès aigus, dans bien des cas cependant où la suppuration a lieu, la membrane pyogénique n’existe pas, Elle doit être considérée dès lors elle-même connue un résultat possible
HUITIEME LEÇON
de la suppuration, et non comme une cause de ce phénomène.
Dans J’abcès froid, la membrane pyogénique a été de nouveau tout récemment regardée comme l’origine directe du liquide purulent ; mais cette idée se lie à des opinions toutes spéciales sur l’origine et la nature de l’abcès froid. Nous aurons bientôt à l’apprécier d’une manière complète.
Théories contemporaines. — De nos jours, les opinions contemporaines sur la suppuration, peuvent être ramenées aux cinq théories suivantes :
luLa théories cellulaire exclusive de Virchow ;
2° La théorie cellulaire plus complète:
\ 3° La théorie du blastème de Robin ;
< 4° La Ihéorie de l’émigration des globules blancs du ! sang 5
5° La théorie du microzyme, exposée par le professeur \ Grasset (de Montpellier) .
Sans vouloir entrer dans des détails trop minutieux, je me contenterai de vous énoncer quelques propositions générales qui peuvent, je crois, vous mettre facilement au courant de ces diverses théories.
Théorie cellulaire de Virchow. — Pour Virchow, le pus provient des éléments cellulaires de la partie enflammée. Tantôt la cellule purulente naît delà cellule épithéliale, modifiée par le travail inflammatoire; c’est ce qui arrive, par exemple, à la surface cutanée dans le réseau de Malpighi ; le fait est rare. Tantôt elle provient de la cellule conjonctive. C’est le cas le plus fréquent. On sait qu’en définitive, aux yeux de Virchow, les éléments conjonctifs sont le point de départ à peu près exclusif de toutes les manifestations morbides dont les tissus peuvent être le siège .
Théorie cellulaire plus complète. — Dans la théorie cellulaire plus complète, on admet que le globule purulent provient de la plupartdes cellules préexistantes et non pas seulement de la cellule conjonctive. Ainsi Cornil et Ranvier ont prouvé que