‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 38 sur 252 · THEORIES DE LA SUPPURATION · texte numérisé non relu

THEORIES DE LA SUPPURATION

les endothéliums des séreuses produisaient certainement des globules purulents. D’autres auteurs les font dériver soit des vésicules adipeuses, soit des noyaux du sarcolème, soit des cellules du cartilage.

Théorie du blastème. — La théorie du blastème consiste à admettre que les leucocytes du pus naissent spontanément au milieu du liquide transsudé des capillaires. Ainsi, d’après Robin, qui est le principal défenseur de cette doctrine, il y a tout d’abord dans les parties enflammées un liquide exsudé. Ce liquide contient au début une certaine quantité de fibrine. On voit naître, à un moment donné, les cellules purulentes, et à mesure que les cellules se forment, la quantité de fibrine disparait. Le sérum du pus, vous le savez, ne contient, en effet, que fort peu de fibrine. Cette fibrine s’est précipitée, pour ainsi dire, sous forme globulaire. Quelques expériences ont été invoquées pour soutenir cette opinion. Ainsi Cl. Bernard, en mélangeant du sérum du sang avec un peu de matière sucrée, a vu naître des cellules blanchâtres qui semblent avoir la plus grande analogie avec les globules blancs du sang.

Oiiimus et Legros ont aussi cherché à démontrer cette théorie en procédant de la manière suivante. Ils renferment de la sérosité de vésicatoire dans de petites vessies faites de baudruche. Ces vessies sont placées dans les tissus d’animaux. Or, après quelques heures, on voit apparaître des leucocytes dans le liquide fibrineux que renferme la petite vessie. D’après eux le leucocyte s’est constitué spontanément dans le liquide fibrineux de la petite vessie : il a suffi de le placer dans des conditions favorables de température et d’endosmose. Dans ces conditions, la fibrine primitivement dissoute fournit les éléments de la cellule purulente qui se constitue. Dans les cas où la fibrine primitive est coagulée, l’expérience ne réussit plus, aucun leucocyte ne se forme.

Théorie de V émigration des g lobules blancs du sang. — Le fait de l’émigration des globules blancs que nous vous avons

HUITIÈME LEÇON

signalé il y a peu de temps, à propos des théories inflammatoires, a fourni à Cohnheim quelques idées sur la suppuration ; ces idées méritent certainement un examen sérieux.

Pour Cohnheim, le globule purulent n’est que le globule blanc du sang, qui a traversé les parais vasculaires : des globules blancs du sang émigrent et constituent ainsi directement l’abcès. Lorsqu’un abcès est formé, le sang, en général, contient toujours moins de globules blancs. Le fait est tout naturel puisque ces globules se retrouvent alors dans l’abcès qui s’est réalisé.

Avant l’abcès, les leucocytes du sang sont, au contraire, en plus grand nombre. Cette augmentation dépend de l’irritation à ce moment toujours plus ou moins prononcée de la rate, des ganglions lymphatiques ou de la membrane interne des vaisseaux.

Les assertions de Cohnheim sont aussi basées sur quelques faits d’expériences. La plus importante a été tentée sur la cornée transparente de la grenouille. Après avoir irrité le centre de la cornée transparente, soit au moyen du nitrate d’argent, ou d’un fil passé au travers, Cohnheim voit l’inflammation se produire et l’opacité purulente survenir bientôt, cette opacité débute toujours par la périphérie. Les corpuscules normaux de la cornée restent sans changements, preuve que l’on ne peut faire dépendre la suppuration du fait de leur prolifération.

Si l’on injecte du bleu d’aniline dans le système circulatoire de la grenouille, on trouve, à un moment donné, dans la cornée des globules blancs colorés directement par les granulations de l’aniline.

Les globules de pus ne sont donc autre chose que le produit d’une immigration des globules blancs du sang au niveau des parties enflammées.

Théorie dumicrozyma .— La théorie du microzyma, à peine indiquée dans les ouvrages modernes, à été formulée j en parle professeur Grasset (de Montpellier) dans un mémoire sur l’inflammation} publié dans la Gaècttê médicale de Paris

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