CAUSES DE L’INFLAMMATION CHRONIQUE — PRONOSTIC
mènes de cicatrisation sont à peu près identiques, quelle que soit la solution de continuité. Or, les phénomènes de cicatrisation touchent de bien près aux phénomènes inflammatoires.
3° Le travail inflammatoire réside, en définitive, dans des modifications cellulaires. La cellule doit tout d’abord se rajeunir et revenir à l’état embryonnaire.
Gomme dans la nature, les mêmes fonctions s’accomplissent presque toujours d’une manière identique, comme la germination, par exemple, comporte toujours le même procédé, le phénomène inflammatoire doit évoluer partout aussi avec une certaine analogie fonctionnelle.
4° Pour les seuls tissus de la troisième catégorie, les cellules qui entrent dans leur composition ne subissent pas cette première modification. Le travail inflammatoire débute parle tissu cellulaire interstitiel, et ce n’est qu’ultérieurement que l’élément nerveux ou musculaire se modifie et dégénère.
Il nous paraît convenable cependant de ne pas nous en tenir seulement à ces propositions trop générales, et sans entrer dans des détails trop minutieux de pathologie spéciale, il nous semble utile de vous indiquer les faits les plus importants relativement à l’inflammation des principaux tissus.
Nous passerons successivement en revue l’inflammation dans les tissus
1 cellulaire, cartilagineux, osseux, musculaire, nerveux, vasculaire.
C’est ce qui fera le sujet de notre prochaine conférence.
Étude de l’inflammation envisagée au niveau du tissu conjonclif. — Augmentation du volume de la région enflammée. — Hypérinose et leucocytose très accentuées. — Résolution. — Suppuration. — Quelquefois induration persistante. — Inflammation du tissu cartilagineux.— Phénomènes observés du côté des cellules. — Phénomènes observés au niveau de la substance fondamentale. — Ostéite. — L'ostéite aiguë exis'et-elle? — Opinion de Billroth . — Carie osseuse. — Recherches de Ranvier. — Périostite. — Myosite. — Suppuration possible. — Transformation fibreuse. — Transformation osseuse. — Myosites à la suite des maladies aiguës. — Observations de Hayem. — Inflammation des muqueuses. — Inflammation du tissu nerveux. — Inflammation des séreuses.
Messieurs,
Nous commencerons aujourd’hui tout d’abord l’étude de l’inflammation envisagée dans le tissu conjonctif, le tissu cartilagineux, les tissus musculaire, muqueux et séreux.
Inflammation dans le tissu conjonctif. — L’inflammation du tissu cellulaire a pu servir de type pour l’étude du processus inflammatoire en général. On trouve, en effet, dans le tissu cellulaire des cellules nombreuses, une substance intercellulaire abondante, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et cependant, avec tous ces nombreux éléments, une certaine simplicité d’arrangement.
Quelques auteurs ont même accentué cette opinion que le tissu cellulaire était le point de départ unique de tout processus phlegmasique, s’appuyant sur ce fait que partout, quoique sous des formes variées, on rencontre ce tissu, pour ainsi dire, primordial.
Il semble en tout cas naturel de penser que les symptômes spéciaux de cette inflammation doivent être connus plus complètement que ceux des autres tissus moins répandus dans l’économie. Il n’en est rien cependant, et Chalvet, dans un travail réfléchi et bien au courant de la science moderne, a cru, au contraire, devoir affirmer que l’inflammation du tissu, cellulaire était la moins bien connue dans son évolution (Chalvet, Phys, 'patli. de l'inflammation 1869, p. 82).
Ce qui domine au début de l’inflammation du tissu conjonctif, c’est l’exsudât qui s’épanche dans les mailles du tissu comme au niveau de véritables cavités séreuses. Il en résulte un phénomène toujours très apparent dans cette inflammation, c’est l’augmentation du volume de la région malade.
Virchow a fait remarquer avec justesse que l’inflammation du tissu cellulaire s’accompagnait toujours d ’hypérinose et de leucocytose très prononcées. Suivant le professeur de Berlin, les lymphatiques qui communiquent dans les cellules de ce tissu puisent directement l’exsudât épanché à ce niveau. Dès lors on comprend facilement l’augmentation que l’on constate dans le sang à un moment donné, soit du chiffre de la fibrine, soit de celui des globules blancs.
Cette explication paraît judicieuse, elle rend compte jusqu’à un certain point d’un phénomène qui est vrai. Elle peut être néanmoins discutée. Ainsi, dans le travail de Chalvet que je vous ai déjà cité, vous trouverez l’objection suivante : « On comprend difficilement cette résorption de l’exsudât par les lymphatiques du tissu enflammé. Des expériences ont démontré, en effet, que les cavités séreuses enflammées ne résorbent pas. Les cellules et les canalicules sont, du reste, si profondément modifiés par le travail inflammatoire que l’on comprend peu que ces parties puissent concourir activement à l’absorption. »
Quoi qu’il en soit, l’exsudation dans l’inflammation conjonctive est très abondante; le gonflement des parties, avons-nous dit, tend toujours à devenir considérable, et lorsque les vaisseaux et