‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 44 sur 252 · INFLAMMATION DU TISSU CONJONCTIF · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU TISSU CONJONCTIF

les nerfs sont comprimés, on voit souvent survenir des phénomènes gangréneux. Souvent on voit sortir du foyer enflammé des flocons filamenteux qui ne sont autre chose que des débris sphacelés de tissu conjonctif.

Une fois la suppuration établie, le pus se collectionne et le liquide purulent tend ensuite à sc faire jour au dehors. Signalons que, dans bien des cas, il n’y a ni résolution ni suppuration. Les éléments embryonnaires fournissent alors les produits d’une induration permanente.

Inflammation du tissu cartilagineux;. — Au niveau du car tilage, voici les phénomènes que vous constaterez.

Au début, les cellules cartilagineuses se gonflent ; si l’irritation cesse, la cellule peut revenir à l’état normal; tout rentre alors dans l’ordre, il y a comme une véritable délitescence.

Si l’irritation continue, la cellule prolifère, les noyaux se multiplient. La cellule revient ainsi à l’état embryonnaire, et peut ensuite produire soit du tissu cartilagineux nouveau, soit du tissu fibreux, soit du tissu osseux. Quelquefois l’élément embryonnaire de nouvelle formation devient globule de pus, s’élimine ou subit d’autres dégénérescences ultérieures.

Ces modifications constituent les phénomènes qui se passent au niveau des éléments cellulaires du cartilage.

Au niveau de la substance fondamentale, voici ce qui arrive. Cette substance subit une segmentation fibrillaire qu’il ne faut pas confondre avec les faisceaux fibreux de nouvelle formation dont nous venons de parler. Cette substance se présente sous la forme de séries de brins parallèles formant comme de petites colonnes placées les unes à côté des autres (état velvèlique).

Dans la tumeur blanche, la scène pathologique se présente d’une façon un peu différente. La cellule cartilagineuse subit tout d’abord une transformation graisseuse. Cette invasion progressive arrive à isoler de petites portions de cartilage. Ces petits ilôts dégénèrent, deviennent alors autant de corps

étrangers, autant de petits séquestres suscitant autour d’eux les phénomènes inflammatoires que nous venons de décrire.

Cette observation explique en partie le fait que nous vous avons signalé, à savoir l’inflammation chronique que l’on constate au niveau désarticulations immobilisées.

L’immobilité peut, on le comprend très bien, en entraînant une nutrition différente des parties, déterminer quelques modifications cellulaires dans le sens d’une altération graisseuse. Ces modifications deviennent alors, comme nous venons de l’indiquer, l’occasion de symptômes inflammatoires ultérieurs.

En somme, pour le tissu cartilagineux, rappelez- vous, d’une part, les phénomènes qui surviennent du côté des cellules; d’une autre part, ceux qui s’expriment du côté delà substance fondamentale :

Irritation, prolifération des cellules ; l Production de tissu fibreux ou osseux :

\ Fissuration de la substance fondamentale, état velvé- ] tique ;

f Quelquefois dégénérescence graisseuse primitive des \ cellules cartilagineuses.

Examinons aussi brièvement que possible ce qui se passe du côté du tissu osseux.

Inflammation du tissu osseux. — L’intiammation du tissu osseux porte le nom d’ ostéite. C’est peut-être pour le tissu osseux que les lésions inflammatoires sont le plus remarquables; elles peuvent se résumer dans l’exposition des quelques faits suivants :

1° Tous les éléments cellulaires qui entrent dans la composi • tion de l’os : myélojplaxes , cellules adipeuses, cellules os seuses, sont susceptibles de proliférer.

2° Les phénomènes d’hyperplasie débutent le plus souvent par la moelle osseuse contenue sous le périoste, dans les canalicules de llavers ou dans le canal médullaire central. Comme les éléments les plus jeunes se rencontrent sous le

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