INFLAMMATION DU TISSU OSSEUX
périoste, c’est, après tout, à ce niveau que l'inflammation débute le plus fréquemment.
3° Pour une raison identique, vous comprendrez facilement que ce sont les sujets les plus jeunes qui, plus que les adultes, se trouvent exposés aux atteintes de l’ostéite aiguë.
4° Les os à moelle rouge s’enflamment plus souvent, ainsi le sternum, le corps des vertèbres, les côtes, les extrémités spongieuses des os longs.
Billroth,dansson Traité de Pathologie chirurgicale générale, a essayé de nier l’existence de l’ostéite. « Y a-t-il une ostéite aiguë, écrit -il, une inflammation aiguë du tissu osseux? Je crois pouvoir répondre par la négative, parce que je pars de cette supposition que la dilatation vasculaire, la prolifération cellulaire et l’imbibition séreuse du tissu constituent, en se combinant entre elles, quoique à des degrés variés, l’essence même du processus inflammatoire. » Or, d’après cet auteur, toutes ces conditions ne peuvent pas se réaliser au niveau du tissu osseux, surtout au niveau de la couche corticale des os longs : de plus, les vaisseaux capillaires osseux sont logés si étroitement dans les canalicules de Havers, du moins en beaucoup d’endroits, qu’ils ne peuvent pas se dilater convenablement.
Il y a dans cette assertion, après tout, une simple dispute de mots et le désir que l’on rencontre si souvent d’émettre une opinion un peu exceptionnelle. Du reste, si la pensée de Billroth a quelque chose de vrai pour le tissu osseux compacte, il n’en est pas ainsi pour la partie spongieuse des os, pour la moelle, pour le périoste. On comprend très facilement, au contraire, dans toutes ces parties l’évolution du processus inflammatoire, et l’auteur lui -même dans d’autres passages n’en a pas moins décrit :
l’ostéite
Vous trouverez dans les auteurs la distinction de l’ostéite raréfiante et de l’ostéite condensante.
Dans l’ostéite raréfiante, à mesure que les cellules nées du processus inflammatoire se multiplient, les lamelles osseuses s’amincissent et se résorbent (formation des lacunes de Howship), les canaux deHavers se dilatent, soit par suite de l’augmentation même des vaisseaux, soit par suite de l’augmentation des cellules qui prolifèrent à ce niveau
Dans l’ostéite condensante, au niveau des parties les plus irritées, on voit se constituer des néoformations osseuses. Le tissu osseux déjà existant devient beaucoup plus dur, comme éburné. Les canaux de Havers sont alors comprimés, rétrécis et souvent dans ces conditions des parties osseuses, privées à un moment donné des éléments qui les nourrissent, se mortifient ou se nécrosent. Ranvier a constaté pour l’inflammation du tissu osseux un fait qui mérite d’être signalé. La cellule graisseuse peut arriver à proliférer comme les myéloplaxes ou les médullocelles.Dans ces cas spéciaux, la grande quantité de cellules qui entrent en prolifération fait que les lamelles osseuses se résorbent, les corpuscules osseux deviennent eux- mêmes cellules embryonnaires, et le travail de résorption peut être poussé si loin que le tissu osseux disparaît quelquefois sans nécrose apparente. Ce fait se produit dans la lésion connue assez habituellement sous la dénomination de mal perforant des phalanges, lésion très commune chez les enfants scrofuleux. Il y a alors, en quelque sorte, une fonte, une liquéfaction de l’os. Ces inflammations suppurent quelquefois, mais le plus souvent elles se bornent à produire, comme nous venons de le décrire, du tissu embryonnaire inflammatoire avec hypertrophie consécutive du tissu osseux.
Il est une lésion que la plupart des pathologistes ont rangée à coté de l’ostéite, c’est la carie, l’inflammation scrofuleuse des os d’après quelques auteurs.
Suivant les dernières recherches de Ranvier, la carie 11e