INFLAMMATION DU TISSU OSSEUX 20Û
serait pas au début une inflammation. Cette lésion consisterait tout d’abord dans une transformation graisseuse des corpuscules osseux. Cette transformation graisseuse serait liée le plus souvent à un défaut de résistance organique, par suite, par exemple, des mauvaises conditions hygiéniques au milieu desquelles le sujet est placé, des états diathésiques variables qui peuvent peser sur lui. L’engraissement des corpuscules osseux devient la cause ultérieure des modifications nutritives très importantes que l’on voit survenir au niveau du tissu osseux. Le corpuscule osseux joue, en effet, un rôle capital pour la nutrition des travées osseuses. On voit alors des parcelles osseuses se nécroser, s’éliminer sous forme de particules très ténues. C’est ce que l’on peut appeler la première phase de la carie.
Plus tard, ces particules nécrosées agissent comme des corps étrangers, comme de véritables corps irritants, et l’on voit alors survenir une inflammation consécutive dans les parties voisines. Cette inflammation détermine ce que l’on constate, à un moment donné, au niveau des parties cariées, la production du pus, plus tard la tendance à la dégénération du tissu qui a été malade.
A. Ainsi trois phases bien distinctes d’une première période comprenant :
[ la dégénérescence graisseuse des corpuscules osseux;
la perturbation dans la nutrition de l’os ;
! la nécrose parcellaire des travées osseuses.
B. Une deuxième période à laquelle correspond:
! l'inflammation consécutive ; la suppuration; plus tard, la réparation.
Resterait à prouver d’une façon bien complète si la dégénérescence graisseuse, soi-disant primitive d’après Ranvier, n’est pas déjà le résultat d’un processus inflammatoire commençant, d’un processus qui existerait à l’état presque latent dès les débuts du mal.
Ber.nl:. — Palh. 'kir.
Longtemps, en effet, avant l’apparition des phénomènes caractéristiques de la lésion, les malades accusent des douleurs vagues plus ou moins vives. La gêne, la raideur des parties semblent indiquer qu’il existait, avant les manifestations apparentes, un travail bien réel d’irritation inflammatoire locale.
Chez l’enfant et chez l’adolescent, alors que le développement du squelette n’est pas encore achevé, alors que le système osseux, et principalement les épiphyses, sont le siège d’un travail physiologique intense, l’ostéite revêt des caractères tellement tranchés que nous ne pouvons nous dispenser d’entrer dans quelques détails à ce sujet, et cela d’autant moins que la question appartient en partie à notre école lyonnaise, grâce aux travaux de notre collègue, le professeur Ollier.
Nous ne ferons que rappeler les recherches et les publications de Chassaignac sur V ostéomyélite etles abcès sous-périosliques aigus , celles de Klose (deBreslau) sur le décollement spontané des épiphyses chez les jeunes sujets ; celles de Gosselin ( Arch . Nov. 1858) sur Y ostéite êpiphysaire des adolescents ; celles enfin de Lannelongue sur Y ostéomyélite. Ollier et l’un de ses élèves, Gamet, ont décrit l’affection en question sous le nom d’ ostéite juxta- êpiphysaire, expression qui a le mérite de s’appliquer au plus grand nombre des cas, sans rien préjuger du siège exact ni de l’étendue ou des variétés des lésions. On ne pourrait en dire autant du nom de périostite phlegmoneuse aiguë employé par Schutzemberger, Bæckel,Giraldès et Louvet.
Quoi qu’il en soit de cette question de terminologie, quelques caractères fondamentaux distinguent cette ostéite spontanée des adolescents : 1° Elle ne se rencontre que pendant la période de croissance; 2° elle revêt presque toujours une marche très aiguë ; 3° elle s’accompagne de phénomènes généraux graves (on l’a décrite sous le nom de typhus des membres') ; 4° enfin elle aboutit rapidement et le plus souvent à la suppuration et à la nécrose.
La nécrose se produit alors comme dans les autres ostéites,