INFLAMMATION DU SYSTÈME NERVEUX
avons dit à propos de l’inflammation en général nous renseigne suffisamment. Notez cependant un fait de symptomatologie indiqué par la plupart des auteurs, c’est que l’hypérinose est beaucoup moins prononcée que dans le cas de maladies in flammatoires des séreuses ou du tissu cellulaire.
11 nous reste à envisager le processus inflammatoire, au niveau des tissus nerveux et séreux.
Inflammation du tissu nerveux. — 1° Pour le tissu nerveux, une première observation doit être indiquée : les nerfs semblent opposer une grande résistance à l’inflammation. Souvent l’on constate au milieu de parties enflammées, l’intégrité presque complète du tissu nerveux. Souvent même le tissu conjonctif interstitiel peut proliférer sans que l’élément nerveux soit en rien altéré.
2° Dans l’inflammation des nerfs, la lésion initiale porte tout d’abord sur le tissu conjonctif interstitiel, ce n’est qu’ultérieurement que l’élément nerveux arrive à être comprimé et à s’altérer.
3° Virchow a fait, au sujet de la symptomatologie de l’inflammation du tissu nerveux une observation importante : dans les inflammations des parties nerveuses, même des centres nerveux, on n’observe dans le sang ni hypérinose , ni leucocytose : ce résultat tient à l’absence des vaisseaux lymphatiques au niveau des organes enflammés.
4° Lorsque l’altération des éléments nerveux se réalise, on voit ces éléments se liquéfier et disparaître, en se mêlant aux leucocytes inflammatoires. On arrive à n’avoir plus sous les yeux qu’un liquide crémeux, d’une teinte jaunâtre plus ou moins prononcée.
Inflammation des séreuses. — Au niveau des séreuses, voici les observations générales que vous retiendrez.
lu Dans les séreuses, les phénomènes inflammatoires commencent tout d’abord par la couche épithéliale, ou mieux par la couche endothéliale. L’endothélium constitue, vous le savez, le
revêtement épithélial non stratifié de la surface libre de toutes les séreuses et de la surface interne de tout le système circulatoire .
Les cellules gonflées tombent dans la cavité séreuse, et s’ajoutent à l’exsudât qui se produit dans ce cas comme au niveau des mailles du tissu cellulaire. Mélangées ainsi à l’exsudât albuminofibrineux, elles constituent ces couches pseudo-membraneuses d’aspect si varié que l’on observe à la surface des séreuses enflammées. Ges fausses membranes ne seront pas, du reste, confondues avec les néomembranes. Nous avons énoncé antérieurement les différences entre ces deux produits inflammatoires. Les premiers, simples modifications de plasmine concrète ou de matière albumineuse, n’arrivent jamais à une organisation complète ; les seconds, au contraire, sont susceptibles de vascularisation et d’organisation définitive.
2° Au début, la séreuse enflammée présente une sécheresse excessive ; cette sécheresse correspond à la desquamation de la couche endothéliale ; c’est à ce moment que vous pourrez constater le bruit de frottement si perceptible, par exemple, dans les cas de pleurésie.
3° A la période de sécheresse succède bientôt la sécrétion d’un liquide tout d’abord transparent ; ce liquide ne tarde pas à devenir trouble, opalin; il renferme ultérieurement des flocons fibrineux et du pus.
4° Les symptômes de l’inflammation des séreuses sont habituellement très éclatants. La douleur est des plus aiguës, la fièvre est vive. L’ hypérinose et la leucocytose sont des plus prononcées. Les phénomènes métastatiques sont fréquents, fréquents surtout lorsque l’inflammation est de nature rhumatismale.
Avant de continuer l’examen du processus inflammatoire au niveau du tissu vasculaire, résumons l’ensemble des idées que nous venons de passer en revue.