INFLAMMATION DES ARTERES. — DIVISION
Artérite. — Examinons tout cl'abord l 'artérite, la ‘périartérite des uns, la véritable artérite de Robin. C’est une affection rare, très rare ; et cependant il fut un moment où l’on considérait l’ artérite comme très fréquente. Toutes les fois que les vaisseaux artériels étaient trouvés plus injectés de sang, plus colorés en rouge, on affirmait que cette lésion existait, et sous l’inspiration des travaux de Franck, de Pinel, de Broussais, l’artérite était considérée comme l’altération essentielle de la fièvre inflammatoire.
Hogdson et Laennec réagirent contre cette manière de voir ; mais c’est surtout grâce aux recherches de Bigot et de Trous seau que la lumière se fit sur ce point. Ces deux auteurs démontrèrent, en effet, que la coloration plus rouge que l’on rencontre au niveau des artères constitue habituellement des faits de simple imbibition, et qu’il fallait bien se garder d’affirmer l’artérite par cela même que l’on constatait ce phénomène; du reste, cette coloration rouge siège toujours plus particulièrement au niveau de la tunique interne.
Dans l’artérite, le travail inflammatoire évolue surtout du côté des membranes externes, surtout l’externe et un peu seulement la moyenne. L’on constate alors :
1° L’injection des vaisseaux delà membrane externe.
2° Une prolifération cellulaire assez abondante à ce niveau.
3° Des productions exsudatives qui se rencontrent à la surface externe de la membrane externe, entre la membrane externe et la membrane moyenne, entre cette dernière et la membrane interne.
4° L’on trouve quelquefois au niveau de la tunique externe de petits noyaux blanchâtres, petites masses arrondies analogues à des produits tuberculeux. C’est ce que Kusmaal et Muser ont appelé la périartérite noueuse. Legouest a signalé cette forme dans l’article du Dictionnaire de Dechambre et a pu en observer un cas qui lui a été présenté par Nouel etBehier.
5° Quelquefois cette inflammation artérielle se termine par la
Berne. — Path. chir.
ir.
DIXIÈME LEÇON
suppuration, il y a alors une périartérite suppurative. Cette terminaison est rare, et on le comprend parfaitement quand on se rappelle combien la vascularisation de la tunique externe artérielle est peu considérable. On a distingué cependant la périartérite suppurative diffuse et la périartérite suppurative localisée. L’abcès se forme habituellement entre la tunique externe et la tunique moyenne. Leudet, en 1861, a rapporté les cas connus d’aortite suppurée.
6° A la suite de ces diverses lésions qui siègent surtout, comme nous venons de l’indiquer, au niveau des membranes externe et moyenne, la tunique interne peut arriver ellemême à présenter quelques altérations consécutives. La nutrition de cette membrane, en effet, se trouve plus ou moins modifiée, et l’on comprend dès lors qu’elle présente aussi quelques phénomènes de détérioration. Ainsi souvent cette membrane se décolle de la tunique moyenne.
Au point de vue de l’étiologie, des symptômes et du traitement, nous vous indiquerons seulement les quelques détails suivants :
a) L’artérite est quelquefois le résultat de l’inflammation qui existe dans le voisinage de l’artère. Cependant les artères résistent le plus habituellement aux lésions des parties au milieu desquelles elles siègent. Vous constaterez souvent leur intégrité, soit au niveau des abcès, soit au niveau des dégénérescences cancéreuses. Néanmoins il est des circonstances où ces vaisseaux s’altèrent et se perforent, par suite de leur contact avec un foyer de suppuration. Ainsi vous trouverez des observations assez nombreuses de perforation de la poplitée à la suite des abcès du creux du jarret, de perforation de la carotide à la suite de carie du rocher (1866, Arch. de Mèd., t. II, p. 16, Jolly).
Si l’on voulait, du reste, discuter à fond les raisons de ces différences, on en trouverait l’explication dans le fait d’altérations artérielles existant antérieurement, et rendant ainsiplus