SIÈGE DE L’ABCES CHAUD — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
passent dans son sang et occasionnent ultérieurement tel ou tel abcès. L’abcès est dit chaud et spontané si une réaction inflammatoire locale s’est manifestée tout d’abord.
Ce mécanisme nous permettra d’expliquer aussi la genèse de quelques abcès froids qu’il est bien difficile, comme nous le verrons, de ranger tous dans la catégorie des abcès tuberculeux, comme a tenté' de le faire le professeur Lannelongue. Mais n’anticipons pas sur cette question.
2° Siège de V abcès. — Pour le siège de l’abcès chaud, les quelques observations suivantes nous paraissent, nous le croyons, parfaitement suffisantes :
a) L’abcès chaud peut envahir à peu près tous les organes,
l’axe cérébro -rachidien, le foie, les poumons, la rate, les reins. Habituellement l’abcès chaud est d’autant plus rare dans un organe que cet organe renferme moins de tissu cellulaire. . .
b) Au niveau des muscles, l’abcès chaud est rare. D’après Denonvilliers, il est peut-être sans exemple que l’on ait observé un abcès chaud développé dans le tissu même des muscles.
c) L’abcès chaud peut se rencontrer même sous l’épiderme ; ainsi, dans la variété de panaris connue sous le nom de tourinoie, la petite collection purulente qui soulève l’épiderme est après tout un véritable abcès chaud.
d) Formé tout d’abord au niveau des divers organes, tantôt l’abcès arrive, à un moment donné, sous la peau, tantôt au dessous des aponévroses ; tantôt il reste, au contraire, dans les parties les plus profondes des cavités viscérales ou des parenchymes organiques.
3° Anatomie et 'physiologie pathologiques. — Quelle que soit la région du corps qu’il occupe, l’abcès présente au point de vue de l’anatomie et de la physiologie pathologiques quelques considérations faciles à retenir.
L’abcès présente à étudier deux parties, une cavité et un contenu.
ONZIÈME LEÇON
La cavité n’est pas constituée cle suite. Le raisonnement plus que l’observation directe permet d’envisager le phénomène de la manière suivante :
Au début, le pus est infiltré dans le tissu cellulaire de la partie enflammée.
Il se rassemble peu à peu dans un certain nombre de petites cavités voisines les unes des autres.
Ges cavités s’agrandissent par le fait delà rupture des cloisons intermédiaires et finissent par se réunir en une seule.
La durée de ce travail ne peut être appréciée d’une manière bien rigoureuse. Ainsi, d’après Thomson, le résultat se produit quelquefois en douze, dix-huit heures. D’autresfois, le travail de constitution se prolonge pendant un temps beaucoup plus long.
Pour se rendre compte de ce résultat, Rindtleisch, dans son Traité d’ anatomie pathologique , se contente des quelques explications suivantes. Pour lui, « les cellules qui, au début, sont assez uniformément répandues dans le parenchyme enflammé quittent les endroits où elles sont nées et affluent de tous côtés vers un point central où apparaît plus tard le foyer purulent. Dans cette locomotion, ajoute-t-il, interviennent, d’une part, le mouvement spontané des cellules, et, d’autre part, une transsudation plus ou moins intense fournie par les vaisseaux, transsudation qui favorise le mouvement des cellules, en détermine la direction et le lieu de réunion. » Billroth, dans son livre de Pathologie générale , a décrit aussi ce phénomène en fournissant quelques tableaux qui certainement peuvent permettre de mieux saisir le mécanisme de ce processus, mais que l’œil de l’observateur ne doit peut- être pas rencontrer bien souvent.
Voici le passage auquel nous faisons allusion :
« Les jeunes cellules s’amassent peu à peu aux endroits où étaient situés les corpuscules du tissu conjonctif, tandis que la substance intermédiaire diminue toujours ; puis, au centre du foyer inflammatoire, les groupes de cellules deviennent confluents et représentent un foyer suppuré, chaque abcès