‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 59 sur 252 · CAUSES DE L’OUVERTURE DE L’ABCES CHAUD · texte numérisé non relu

CAUSES DE L’OUVERTURE DE L’ABCES CHAUD

considérer comme justes les observation de Béclard qui ont démontré que les parois artérielles restaient saines au niveau d’un abcès; des expériences très précises de Nélaton ont confirmé, du reste, la justesse de cette assertion.

f) Les nerfs ne subissent dans ces conditions qu’un peu d’épaississement dans leur enveloppe fibreuse ; le plus souvent il n’en résulte pas de symptômes graves. Cependant dans quelques cas, soit que l’action de la suppuration s’exerce d’une façon plus sérieuse, soit que la sensibilité irritative du cordon nerveux soit plus grande, il en résulte des troubles fonctionnels assez importants. Ainsi, il y a peu de jours, à la suite d’un abcès chaud au niveau de la parotide, une jeune fille observée par ■ nous présentait une paralysie du facial. Le nerf avait été certainement modifié par suite du contact du pus.

Nous joindrons à cette étude de l’anatomie pathologique de l’abcès quelques aperçus de physiologie pathologique.

L’abcès une fois formé, que devient-il ?

Quelquefois l’abcès diminue spontanément, et disparaît après quelques jours. Dans ces cas, il y a absorption, tout d’abord, de la partie séreuse ; les globules purulents subissent en même temps une altération granulo-graisseuse ; ainsi transformés ils se résorbent, et dès lors l’abcès ne peut plus être constaté. Ces faits sont si rares, du reste, qu’il est peu de chirurgiens qui puissent en rapporter quelques observations.

Habituellement la collection purulente s’ouvre du côté des parties extérieures. Cette terminaison mérite une attention toute particulière, et les causes qui la produisent peuvent se diviser en deux catégories. Elles sont d’ordre physique et d’ordre vital.

Causes d’ordre physique. — II est évident que l’écartement mécanique des parois de la cavité et des parties voisines par suite de l’augmentation graduelle de la quantité du pus dans 1 intérieur de l’abcès doit, à un moment donné, favoriser la rupture des tissus et amener consécutivement l’ouverture à l’exté-

ONZIÈME LEÇON

rieur. Eu d’autres termes, les parties tiraillées s’amincissent et se déchirent en un point moins résistant.

Causes d’ordre vital. — Hunter admettait, pour se rendre compte de ce phénomène, -ce qu’il appelait V absorption ulcérative, V absorption interstitielle ou disjonctive. Les molécules des tissus subissaient d’après lui une impulsion d’absorption qui tendait à les faire disparaître. Ainsi comprise cette explication ne peut vraiment soutenir une critique sérieuse.

Cette prétendue absorption n’est après tout, comme nous le décrirons plus tard, qu’un fait de gangrène moléculaire. Sous l’influence de la pression que le pus exerce sur les tissus au milieu desquels il est renfermé, la circulation est gênée dans ces parties ainsi comprimées ; dès lors la nutrition se modifie, l’apport des matériaux nutritifs étant plus restreint. Dans ces conditions une solution de continuité arrive à se réaliser.

Cette solution de continuité s’opère habituellement soit au niveau des parties moins résistantes, soit au niveau de celles où la nutrition se trouve modifiée plus complètement. Dans les abcès des membres, c’est presque toujours du côté de la peau; au contraire, dans les abcès situés au niveau des cavités, le pus se trouvant à distance à peu près égale entre les membranes tégumentaires interne ou externe, se dirige, soit vers l’une, soit vers l’autre, soit au niveau des deux en même temps. Cela dépendra de conditions difficiles à bien apprécier. C’est ainsi que les abcès des joues, du cou, de la fosse iliaque viennent à s’ouvrir tantôt à la surface de la peau, tantôt dans la bouche, le pharynx, la vessie ou le rectum.

Une fois ouvert, l’abcès se vide, puis la réparation ou la guérison se fait, et cela de trois manières : tantôt rapidement, par cicatrisation, par première intention; nous nous en occuperons plus tard ; tantôt lentement, il y a alors cicatrisation par granulation ou par seconde intention ; tantôt enfin on voit survenir un trajet fistuleux. Dans le premier cas, les parois de l'abcès

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