SYMPTOMATOLOGIE DE L’ABCÈS CHAUD
débarrassé du pus qui s’est écoulé s’agglutinent et se réunissent complètement en peu de temps. Dans le second, la surface interne de l’abcès devient une véritable membrane granuleuse, une véritable plaie qui suppure un certain temps et dont la cicatrisation s’opère ultérieurement comme au niveau d’une solution de continuité dont la cicatrisation n’a pas ôté immédiate. La cicatrice interne qui se produit amène progressivement la diminution de la cavité, puis son occlusion définitive.
Une modification ultérieure doit encore être signalée.
La cicatrice elle-même subit comme une absorption réelle, et souvent l’on ne voit plus alors à la place de l’abcès qu’une simple ligne fibreuse. En d’autres termes, tout s’est passécomme au niveau d’une vaste plaie dont les bords non rapprochés n’ont pu se cicatriser que tardivement. Dans quelques cas, lorsqu’un corps étranger, par exemple, séjourne au niveau de l’ouverture, lorsque la peau qui recouvre l’abcès a été amincie dans une trop grande étendue, lorsque l’écoulement du pus n’a eu lieu qu’incomplètement, lorsque les parties sont soumises à des mouvements presque incessants, la cicatrisation ne se fait pas, les parois du foyer continuent à suppurer et l’on voit se former un trajet fistuleux. Nous aurons plus tard à étudier cette terminaison d’une manière plus complète en nous occupant des fistules. Il nous reste à passer en revue ce que l’on peut appeler la partie clinique de la question, c’est-à-dire l’étude de la symptomatologie, du diagnostic, du pronostic et du traitement.
4° Symptomatologie. — • Les symptômes de l’abcès s’expriment tout d’abord par les signes de l’ inflammation cellulovasculaire: symptômes locaux inflammatoires, augmentation de chaleur et de tension, élancements douloureux ressentis par le malade. Quelquefois on aperçoit des sudamina au niveau de l’abcès qui se forme. Nélaton a insisté beaucoup sur ce symptôme, mais la présence de ces vésicules est loin d’être constante.
ONZIÈME LEÇON
Nous avons indiqué, il y a peu d’instants, la raison physiologique que l’on peut invoquer pour expliquer l’oedème que l’on constate presque toujours au niveau des parties qui avoisinent un abcès.
Les symptômes varient beaucoup, on le comprend, suivant la position que l’abcès occupe. Sous ce rapport nous distinguerons :
a) L’abcès superficiel ;
b) L’abcès sous-aponévrotique ;
c) L’abcès parenchymateux.
a) Lorsque l’abcès est superficiel, le centre est habituellement ramolli, l’engorgement est limité seulement à la périphérie; la fluctuation est toujours facilement perceptible. Nous insisterons sur ce signe en nous occupant du diagnostic.
b) Lorsque l’abcès est sous-aponévrotique, la fluctuation est très difficile à percevoir; l’œdème des parties environnantes est toujours, au contraire, très prononcée.
c) Dans le cas d’abcès parenchymateux, les symptômes locaux physiques sont, on le comprend, bien difficiles à constater, et la symptomatologie fonctionnelle vous révèle souvent seule la lésion. Quelques pathologistes attachent une certaine importance au fait de transpirations abondantes que les malades éprouvent au niveau de la poitrine, au moment où la suppuration se réalise. Dans les abcès profonds de la région pelvienne, abcès fréquents chez la femme au moment de la période puerpérale, nous avons pu constater bien fréquemment la justesse de cette observation. En somme, ces abcès se distinguent surtout par l’obscurité et la gravité de leurs symptômes.
Diagnostic. — La question du diagnostic de l’abcès est une question d’ordre essentiellement clinique; c’est surtout au lit du malade, à propos de tel ou tel cas spécial, que le problème devient intéressant. Quelques points généraux doivent cependant être passés en revue.
1° Le diagnostic de l’abcès s’obtient par l’observation atten-