‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 61 sur 252 · DIAGNOSTIC DE L’ABCES CHAUD · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE L’ABCES CHAUD

tive clés phénomènes que nous venons de vous exposer, mais ce diagnostic comporte surtout la connaissance d’un signe important, la fluctuation . Billroth s’est contenté de comparer cette sensation à celle que l’on obtient en palpant les parois d’une vessie remplie d’eau. Gomme lui, nous sommes persuadé que c’est au lit du malade surtout que vous aurez à approfondir cet examen d’une façon complète; il nous paraît important cependant de vous donner sur ce sujet quelques explications.

On désigne sous le nom de fluctuation la sensation qui nous est transmise par le déplacement provoqué d’un liquide contenu dans une cavité. Cette sensation peut s’obtenir de deux manières différentes: par choc brusque, par pression alternative.

Par choc brusque, la fluctuation se recherche en imprimant un choc rapide sur un des points de la tumeur ; la vibration se perçoit par la main appliquée du côté opposé. Il y a dans ce cas ce que l’on peut véritablement appeler ondulation, flot de liquide.

Pour que ce procédé réussisse, il faut quelques conditions spéciales. En premier lieu, il faut que la collection purulente soit d’une grande étendue et que le liquide purulent soit abondant; il faut, en outre, que les parois de la poche soient peu épaisses et qu’il n’existe pas de cloisons intérieures. Ces conditions sont assez rares à rencontrer au niveau des abcès; aussi ce premier mode de fluctuation se perçoit-il peu souvent.

La fluctuation par pression alternative est celle que l’on recherche le plus souvent. Elle s’obtient on déprimant légère^ ment d’une main l’un des points de la tumeur, pendant qu’un ou plusieurs doigts de la main opposée sont passivement appliqués du côté opposé. La tumeur ne doit pas être percutée, mais pressée sur le point où la main est appliquée. Le liquide ainsi comprimé ne pouvant s’affaisser réagit alors suiy toutes les pat-

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ties cle la cavité et tend à repousser la main placée sur le côté opposé.

La fluctuation par pression alternative est donc une sensation de soulèvement de la main primitivement appliquée sur la tumeur, et la comprimant plus ou moins, il faut avoir soin : 1° de placer l’indicateur et le médius des deux mains sur deux points opposés de la tumeur et à une certaine distance les uns des autres ; 2° de ne pas soulever la main qui attend la pression provocatrice sans que cette sollicitation se produise ; 3° de ne pas trop rapprocher les doigts parce qu’ils pourraient être alors repoussés latéralement par les parties intermédiaires; en d’autres termes, bien distinguer que l’effort s’exerce sur la pulpe des doigts et non sur des parties latérales ; 4° bien se rendre compte que l’on n’a pas affaire à un soulèvement en masse des parties explorées. Il faut, en outre, être prévenu des résultats suivants que l’on pourrait quelquefois observer. Ainsi :

1° Quoiqu’il n’y ait pas de liquide rassemblé en un foyer, on peut quelquefois avoir la sensation de fluctuation; en cherchant, par exemple, lafluctuationsurune orange, le phénomène se produit parfaitement bien. Le liquide est alors placé dans de petites alvéoles plus ou moins indépendantes les unes des autres. Bien des tumeurs peuvent se rencontrer dans les mêmes conditions.

2° Au niveau de tissus peu extensibles et très vascularisés, vous pouvez percevoir la sensation de fluctuation sans qu’il existe cependant de collection de liquide, ainsi : à la base de la phalange unguéale, autour des articulations engorgées, à la face postérieure des doigts,

au dos de la main, pour peu que cette partie soit œdématiée.

3° Quelquefois vous n’arriverez pas à constater la fluctuation, parce que l’abcès occupera des parties molles et difficiles à

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