PRONOSTIC DE L’ABCES CHAUD
fixer :’ainsi à la marge de l’anus on éprouve souvent beaucoup de difficultés pour arriver à bien se rendre compte du phénomène.
4° Dans des abcès sous-muqueux qui occupent le fond d’une cavité naturelle, lorsque le bout du doigt seul peut les atteindre, au pharynx, par exemple, ou dans le vagin, il faut frapper du doigt sur la tumeur, comme pour l’enfoncer perpendiculairement, puis s’arrêter brusquement. Le doigt perçoit alors une une espèce de choc en retour dont il est facile d’expliquer le mécanisme. Ce procédé peut être souvent d’une grande utilité, c’est à Lisfranc que l’on doit surtout la vulgarisation de ce moyen de diagnostic.
Malgré toutes les ressources du diagnostic le plus complet, bien des abcès échappent cependant à l’investigation la plus minutieuse : ainsi des abcès de certaines cavités splanchniques, ceux qui siègent au niveau des organes ou à la face internedu crâne.
Pronostic. — L’appréciation du pronostic ne peut s’établir que d’une façon très générale. Ce pronostic dépend :
( du siège de l’abcès,
Icle ses rapports, de ses causes, de son étendue,
de circonstances complètement individuelles.
L’abcès chaud est sans aucun doute une lésion d’une certaine gravité; mais que de différences, lorsque l’ouverture pourra se faire facilement au dehors, ou que, placé dans une cavité organique, cet abcès risquera, en venant à s’ouvrir, de déterminer des accidents quelquefois d’un danger exceptionnel. C’est ce qui arriverait, par exemple, au niveau de la cavité péritonéale.
5° Traitement. — • Lorsque l’abcès est constitué, l’indication que le chirurgien doit remplir est nette et précise. Elle peut se formuler de la manière suivante :
A. Favoriser tout d’abord la sortie du pus.
B. Favoriser ultérieurement l’agglutination des parois de la cavité.
Ber?<e. — Palh. chir.
ONZIEME LEÇON
A. Favoriser la sortie du pus. — Tous les auteurs n’ont pas compris cette indication de la même façon. Ainsi Hildebrand, professeur à Erlanger, S. Gooper, Josse (d’Amiens) ont posé en principe que l’ouverture de l’abcès devait toujours être livrée à la nature. Le précepte inverse est plutôt admis dans la pratique ordinaire, et l’on peut dire que dans la plupart des cas où la collection purulente est accessible aux moyens d’action, elle doit être ouverte dès qu’elle est reconnue.
Boyer a formulé l’opinion mixte de laisser seulement ouvrir d’eux-mêmes les abcès du visage, du cou et du sein. Quand on procède différemment avec une certaine intelligence chirurgicale, la cicatrice linéaire est après tout moins apparente, et l’on a la satisfaction d’avoir diminué de quelques jours la souffrance du malade en amenant une guérison plus prompte. Habituellement on attend, pour pratiquer l’ouverture d’un abcès, qu’il soit arrivé à ce que l’on appelle sa maturité complète : on peut dire que ce résultat est atteint lorsque l’induration périphérique diminue et que le ramollissement central est nettement marqué.
Cette règle générale souffre néanmoins de nombreuses exceptions, et bien souvent quand la suppuration est profonde et étendue au milieu de parties inextensibles et susceptibles de causer l’étranglement des tissus enflammés, quand l’abcès se trouve dans le voisinage d’un organe important dont les fonctions peuvent être compromises, il sera convenable de réaliser le plus tôt possible l’ouverture de l’abcès tout en n’agissant, du reste, que lorsqu’il y a possibilité de le faire sans trop de danger pour le malade.
Pour procédera l’ouverture, il est quelques précautions dont il faudra tenir compte :
1° Explorer avec minutie l’endroit où vous croyez devoir agir.
2° Déterminer d’avance l’étendue et la direction de l’incision. Pour le choix de l’instrument à employer, votre conduite sera toujours subordonnée à cette règle générale : ouvrir au pus