TRAITEMENT LOCAL DE L’ABCÈS FROID
io Ouverture par les tiques. . . . •
I application de pâte de Vienne, application de potasse caustique ponction au 1er rouge.
J.-L. Petit ponctionnait l’abcès avec une aiguille rougie, puis appliquait sur l'ouverture une ou plusieurs ventouses.
Ponctions successives avec le bistouri. Boyer préconisait cette manière de 1 faire. Il se servait d’un bistouri droit, et pour empêcher l'air d’entrer faci- 2*. . 'lement il déplaçait légèrementla peau, atin qu’après la ponction et le retour des /téguments à leur position, le parallélisme entre l'ouverture de l'abcès et l’incision de la peau fût détruit.
\ Ponction sous-culanéa avec aspiration (Jules Guérin). L’aspiration a été ^ ' 'quelquefois combinée avec la ponction capillaire (Jullie Henry, Paris, 1872).
' Flaubert pratiquait parfois les grandes incisions, incisions faites dans toute ) la longueur de l'abcès. Il remplissait ensuite la cavité de charpie, provoquait ’j de la sorte la formation de bourgeons charnus, et obtenait souvent ainsi une (réunion secondaire.
5*. . Callisen avait conseillé l'excision complète des téguments.
^ v Le séton préconisé par Bell a donné quelquefois de bons résultats. Valette ’ ((de Lyon) appliquait souvent le séton à la pâte de chlorure de zinc.
' A diverses époques, on a injecté dans la cavité de l’abcès froid des liquides plus ou moins irritants.
I Fabrice d'Aquapendente recommandait les injections d'oxymel.
j Dupuytren employait souvent le vin chaud, laissait le liquide cinq à six minutes, puis l’enlevait.
(Bust, Schaack injectaient soit une solution de sublimé, soit une solution de nitrate d’argent.
Boinet a montré tout le parti que l’on pouvait tirer des injections iodées.
Nous insisterons bientôt sur la valeur de la méthode’de Listercomme tr.iite- 1 ment de l’abcès froid.
2Pr> DOUZIÈME LKÇON
Il est difficile de choisir entre tous ces procédés; aussi Gerdv insistait-il sur cette pensée que tous ces moyens guérissaient, mais que leur valeur absolue ou relative était impossible à bien fixer d’avance.
Voici la pratique que vous pourrez suivre :
Si l’abcès est petit, récent, l’incision peut suffire.
Si l’abcès est moyen et de date récente, ayez recours à la cautérisation.
Si l’abcès est moyen et plus ancien, le séton ou les injections irritantes peuvent être employés.
Si l’abcès est volumineux, les ponctions successives, les aspirations seront d’abord mises en usage; on emploiera plus tard les incisions.
L’excision de la paroi, l’ouverture de la poche avec le stylet chauffé à blanc constituent toujours un mode d’intervention exceptionnel.
Signalons en dernier lieu l’application faite, il y a peu de temps, des courants galvaniques. Il en résulte habituellement une rubéfaction prononcée de la peau, la partie séreuse du pus se résorbe, et l’abcès rentre alors dans les conditions de l’abcès phlegmoneux.
Nous venons de vous retracer d’une façon bien rapide l’histoire de l’abcès froid. Nous avons cru devoir procéder ainsi, parce que depuis peu de temps les travaux du docteur Lannelongue, du professeur Trélat, de Brissaud et Josias, de Besnier ont modifié cette étude. Des idées toutes spéciales ont été émises sur l’étiologie, l’évolution, la nature, l’anatomie pathologique, le traitement de l’abcès froid, et leur importance nous a semblé nécessiter un examen approfondi de ces nouvelles théories.
En joignant à l’exposition que nous venons de vous faire ces considérations, nous aurons, nous l’espérons, traité cette partie de notre programme d’une manière aussi complète que possible.
De V abcès froid suivant les idées de Lannelongue. — La
DE L’ABCÈs FROID SUIVANT LES IDÉES DE LANNËLONGUE 287
définition de l’abcès froicl a été tout d’abord formulée par le docteur Lannelongue d’une façon absolument nouvelle.
L’abcès froid est, pour cet auteur, une tumeur essentiellement tuberculeuse dès l’origine comme plus tard.
Ainsi défini, l’abcès froid se divise en deux catégories: d’une part, l’abcès froid ordinaire ; d’une autre part, l’abcès froid osseux.
Dans la première catégorie, l’on peut distinguer l’abcès froid des parties extérieures et celui des organes proprement dits. L’abcès froid osseux se divise aussi en deux espèces :
( l’abcès froid osseux sessile ;
| l’abcès froid osseux par congestion.
Le premier se trouve placé au niveau même de la lésion osseuse ; pour le second, la lésion osseuse est à une distance plus ou moins éloignée. Ainsi:
I tantôt au niveau des parties extérieures : abcès
froid ordinaire simple ;
tantôt au niveau du parenchyme des organes :
abcès froid parenchymateux .
t Abcès froid osseux sessile :
Abcès iroid osseux : ) ’
/ Abcès froid par congestion.
Cette définition et cette division sont basées sur des appréciations d’anatomie pathologique que nous devons tout d’abord vous faire connaître.
Lorqu’un abcès froid est définitivement constitué, il offre à considérer une enveloppe qui le limite, c’est la membrane pyogéniquedes anciens auteurs, et un liquide contenu, le pus. Ces deux parties réunies présentent, du reste, les quatres subdivisions suivantes :
lula partie interne de l’enveloppe ou surface interne de 1 la membrane pyogénique 5
j 2° la partie externe de cette enveloppe ou surface ex- ! terne de cette même membrane ;
I 3Ü la cavité proprement dite} l 4° le liquide.
DOUZIÈME LEÇON
Surface interne. — Cette surface est d’un aspect tout spécial. La description de Lannelongue mérite d’être analysée d’une manière aussi méthodique que possible, et c’est ce que nous ferons pour bien graver ces détails dans votre esprit.
1° Cette surface interne n’est presque jamais lisse et unie dans toute son étendue; elle est, au contraire, inégale et villeuse ; les anciens auteurs avaient déjà indiqué cette particularité.
2° Elle présente un aspect chagriné. Cet aspect provient de petites saillies arrondies, comme de très petits bourgeons, que l’on voit disséminées à sa surface.
3° Elle offre souvent des boursouflures et des saillies exubérantes qui rappellent le chémosis conjonctival. Ces boursouflures sont quelquefois pâles (chémosis séreux), d’autres fois plus rouges, analogues au chémosis inflammatoire.
4° Quelquefois ces boursouflures se développent au point de constituer des diverticules libres qui flottent dans le liquide comme les valvules conniventes de l’intestin.
5° On voit souvent se dessiner sous cette paroi interne de petites colonnes encastrées dues au relief des parties sousjacentes, surtout les vaisseaux, les nerfs et les cordes tendineuses. L’aspect de la paroi est alors aréolaire, comparable à la surface interne du cœur.
6° En quelques points, la paroi est plus mince; elle est alors lisse et moins vasculaire.
7° La coloration de cette surface varie dans des proportions assez grandes. Immédiatement après l’incision, on la trouve grisâtre, présentant un piqueté vasculaire, des stries rosées, des plaques ardoisées. Quelquefois la coloration est d’un rouge foncé, et sa congestion est même si intense, que l’on voit des hémorragies se produire sous l’influence des moindres efforts. La teinte est d’autres fofr franchement jaune, cela dépend de dépôts caséeux adhérents que l’on rencontre à ce niveau, dépôts caséeux qui sont quelquefois très fortement adhérents. Des tractions mêmes énergiques ne les enlèvent qu’avec