ACCROISSEMENT DE L’ABCÈS FROID (LANNELONGUE
lier et de remarquable que la paroi est très épaisse, si on la compare à la petitesse, au contraire, de la cavité.
Lorsque ce petit abcès siège à proximité du tégument, il s’ouvre quelquefois directement à la surface; quelquefois il se résorbe; le plus souvent il prend un accroissement plus considérable.
G. Accroissement de V abcès. — Après une période stationnaire, au moins en apparence, de quelques jours à quelques semaines, la tumeur s’accroît; il se fait alors autour d’elle un empâtement mal circonscrit et diffus. G’ est ce second état, cet engorgementpostérieur,et non la tumeur primitive, que Boyer avait parfaitement vu lorsque, avec un esprit d’observation ' plein de sagacité, il avait défini l’abcès froid : « l’abcès résultant de la fonte purulente d’une tumeur dans laquelle les symptômes qui caractérisent l’inflammation n’ont pas été marqués surtout au commencement de la maladie. »
L’empâtement arrive à un certain volume, puis se ramollit au centre; à ce moment l’abcès est définitivement constitué. Tout s’est passé, du reste, comme dans le cas de la première petite tumeur que nous avons décrite et dont nous avions constaté quelquefois le ramollissement immédiat. L’abcès ainsi formé prend souvent un développement ultérieur considérable. Le mécanisme de ce développement dépend, suivant Lannelongue, essentiellement de la poche; c’est elle qui se propage au niveau des organes voisins, absolument comme une tumeur maligne qui envahit successivement les divers tissus.
Nous ne pouvons mieux faire que de vous citer la description même de Lannelongue. « D’une part, les tissus voisins sont envahis par la néoplasie embryonnaire, au sein de laquelle apparaissent les follicules et les nodules tuberculeux; d’autre part, les parties anciennes de la paroi, celles qui confinent à la cavité de l’abcès, se dissolvent, et plus ou moins détruites tombent dans la cavité. Envahissement d’un côté, destruction de . l’autre, telle est la marche de ce singulier processus. Les élé-
DOUZIEME LEÇON
înents les plus actifs de la partie externe de la membrane py0, génique se propagent dans les tissus voisins; en dedans, les autres éléments se dissolvent, tombent dans la cavité et augmentent ainsi le prétendu liquide purulent. » A ce moment la paroi de l’abcès, qui est vraiment l’abcès lui-même, pourrait être divisée en deux zones bien distinctes :
De même que les tumeurs se propagent plus ou moins facilement dans tel ou tel tissu, de même la membrane pyogénique envahit telle ou telle partie avec plus ou moins de facilité. De tous les tissus celui qui se prête le mieux à cette prolifération envahissante, c’est sans contredit le tissu conjonctif. Aussi c’est de préférence dans les régions où existe ce tissu que cet envahissement se réalisera plus complètement, dans les intervalles musculaires, par exemple.
Lorsque le tissu conjonctif a une texture plus serrée, comme au niveau des aponévroses, la résistance au développement de la paroi est plus considérable, mais avec le temps, cette résistance cesse et les aponévroses elles-mêmes se trouvent, à un moment donné, comprises dans le travail d’envahissement et de destruction. Au niveau des perforations naturelles qui livrent passage aux petits vaisseaux, la propagation se fait aussi plus rapidement ; il en est de même au niveau des gaines vasculaires ; c’est là où l’on voit se former tout d’abord les traînées des noyaux embryonnaires qui plus tard s’infiltrent dans les tissus voisins.
Ainsi, pour l’abcès froid, vous aurez beaucoup moins à rechercher l’influence du poids du liquide ou la part qui revient à la déclivité ; c’est qu’en effet cette influence est tout à fait . secondaire. Ce n’est pas le contenu de l’œuf qui fuse dans tel ou tel sens, c’est la coquille qui se développe dans telle
Une zone
zone d’agrandissement, zone de destruction, source du liquide de l’abcès.
Une zone interne,