‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 77 sur 252 · ABCÈS FROID PAR CONGESTION (LANNELONGUE · texte numérisé non relu

ABCÈS FROID PAR CONGESTION (LANNELONGUE

Abcès froid par congestion. — Après l’étude de l’abcès froid ordinaire, il semblerait logique de vous décrire complètetement l’abcès froid par congestion des auteurs. Telle n’est pas cependant notre intention; l’étude de l’abcès par congestion comprenant une lésion osseuse spéciale dont nous ne devons pas nous occuper, nous nous contenterons de vous indiquer seulement, d’après les nouveaux travaux de Lannelongue, quelques notions générales à propos ' de l’évolution,

1 des symptômes principaux,

I du diagnostic,

1 du pronostic de cette espèce d’abcès.

Nous pourrons ensuite vous exposer d’une manière un peu plus complète les conséquences thérapeutiques que ces notions nouvelles semblent entraîner.

Evolution. — Les anciens auteurs expliquaient l’évolution de l’abcès par congestion delà manière suivante : pour eux, une lésion osseuse existait tout d’abord en un point limité de l’os,

I et cette lésion aboutissait à la production de pus.

Ce pus s’accumulait peu à peu dans une partie limitée, puis tendait, à un moment donné, à se faire jour à l’extérieur, en fusant, soit au niveau des gaines vasculaires, soit au niveau des cordons nerveux.

En uh mot, l’abcès par congestion représentait une source purulente osseuse que la pesanteur et les pressions musculaires dirigeaient ensuite dans un sens déterminé.

Actuellement l’abcès par congestion doit être regardé comme un simple abcès froid lié à une lésion tuberculeuse osseuse ; cette lésion tuberculeuse primitive est

tantôt une végétation cellulo- tuberculeuse existant dans I un point osseux,

I tantôt une masse tuberculeuse plus ou moins considérable produite dans une portion d’un os.

Dans le premier cas, voici ce que l’on observe:

308 DOUZIÈME LEÇON

On constate tout d’abord au niveau de l’os malade un engorgement manifeste. Les anciens pathologistes pensaient volontiers que cet engorgement était déterminé par l’issue des liquides à la surface de l’os. Il en résultait un empâtement des tissus mous plus ou moins comparable à celui que l’on remarque autour des foyers ordinaires de suppuration. Il n’en est rien cependant. Quand on incise, par exemple, comme Lannelongue l’a fait, ces engorgements placés sur la diaphyse d’un os superficiel, il s’écoule à peine quelques gouttes d’un liquide de couleur jaune sale et grumeleux. On constate, au contraire, à ce niveau, des fongosités très vasculaires qui traversent le périoste par des éraillures multiples. Quelquefois les éraillures sont très petites, d’autres fois la destruction du périoste est plus étendue et les bords de l’ulcération font partie du noyau fongueux luimême. Ces fongosités viennent de l’os; elles perforent, à un moment donné, le périoste, pour gagner plus tard les tissus extérieurs. Ges fongosités constituent la membrane externe de l’abcès froid ; comme pour cette partie, on peut y distinguer une zone extérieure et une zone intérieure. La première pousse des prolongements qui vont envahir peu à peu les tissus voisins ; la seconde produit les éléments de déchéance dont l’ensemble constituera, à un moment donné, le liquide de l’abcès.

L’abcès froid par congestion se distingue donc uniquement de l’abcès froid simple par une origine osseuse que n'a pas ce dernier.

Les végétations que nous venons d’indiquer constituent la paroi de l'abcès.

Au point de vue anatomique et au point de vue physiologique l’analogie est complète.

Au point de vue anatomique, l’existence des follicules tuberculeux y a été constatée. G’est surtout pour les abcès ossifluents que les observations de Lannelongue ont été prises avec le plus de soin. Ainsi dans onze cas détaillés, neuf fois les tubercules élémentaires, les follicules tuberculeux, les nodules à des périodes

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