ABCÈS FROID PAR CONGESTION (LANNELONGUE
d’évolution différentes ont été signalés, et leur non-constatation dans les deux autres cas a pu tenir à des préparations incomplètes.
Au point de vue physiologique, c’est par ces végétations que l’abcès progresse au milieu des parties qui présentent le moins d’obstacles à cette évolution. La pesanteur, le liquide et la nature du contenu sont de peu d’importance pour expliquer cette marche, et cela est si vrai que, dans quelques circonstances, cette progression peut être même inverse de celle qu’indique tout d’abord la pesanteur : c’est ce qui arrive, par exemple, dans les abcès par congestion dits récurrents , selon l’expression heureuse de Bouvier.
Gomme nous avons vu l’abcès froid simple naître d’un tuberculome, de même l’abcès froid par congestion n’est aussi qu’une lésion tuberculeuse survenue au niveau d’une portion osseuse. Tantôt l’abcès reste sessile, tantôt il se développe plus ou moins loin de son origine, il prend alors plus particulièrement la dénomination d 'abcès par congestion.
Il est cependant une différence sur laquelle Lannelongue insiste avec juste raison: pour l’abcès froid simple, celui que nous avons décrit tout d’abord, le liquide vient exclusivement de la paroi ; pour l’abcès par congestion, le liquide a une double origine, la paroi d’une part, l’os affecté de l’autre. Le pus de l’abcès paf congestion devra donc présenter quelques caractères de composition différente. Darcet avait déjà constaté la présence dans ce liquide des éléments osseux en plus grande quantité, cela semble tout naturel.
Dans la monographie de Lannelongue vous trouverez une analyse de Villejas, pharmacien en chef de l’hôpital de Sainte- Eugénie, qui signale aussi quelques détails. Ainsi, d’après cet auteur, le pus de l’abcès froid ossifiuent est moins riche en matériaux solides que celui cité par Robin; les leucocytes ne représentent que la vingtième partie du pus pris en totalité, tandis que la moyenne est habituellement d’un quart.
DOUZIÈME LEÇON
D une autre part, la quantité totale d’albumine est notablement supérieure, cette quantité s’élève à 55 gr. 00 pour 1.000 de sérum.
Nous venons de voir l’évolution de l’abcès ossifluent par propagation des végétations, végétations à follicules tuberculeux nées d’un point de l’os primitivement malade. Il y a, en outre, avons-nous dit, un deuxième mode d’évolution. Le voici :
Quelquefois une portion de l’os présentant tout d’abord des éléments tuberculeux se creuse d’une cavité dans laquelle s’accumule de la matière tuberculeuse, de la matière caséeuse. Cette masse caséeuse arrive ensuite au niveau des tissus extérieurs, elle s’enkyste, et l’on voit ainsi se former un abcès presque solide. L’observation démontre que dans ces conditions la membrane enveloppante a beaucoup moins de tendance à pousser des végétations extérieures au niveau des parties voisines. L’abcès reste habituellement stationnaire.
Ce mode de formation est rare, du reste, très rare, et l’on peut affirmer que dans la grande majorité des cas, l’abcès froid par congestion naît des végétations tuberculeuses osseuses. Comme situation générale, symptomatologie, diagnostic et pronostic, nous vous indiquerons seulement les quelques particularités suivantes.
Situation générale. — Tantôt l’abcès froid par congestion existe aux membres, tantôt il existe au niveau d’une cavité.
Quand il existe aux membres, tantôt il correspond seulement à une lésion osseuse, tantôt il correspond à une lésion articulaire. Ainsi un abcès par congestion du fémur peut provenir d’une lésion coxalgique.
Dans une cavité, l’abcès peut rester renfermé dans la cavité où il s’est formé, ou bien il sort de cette cavité pour apparaitre plus loin. Le plus grand nombre des abcès par congestion correspond à une lésion vertébrale. Dans ce cas, l’abcès se maintient dans la cavité abdominale. Souvent, au contraire, il s’échappe de cette cavité pour faire saillie, par exemple, soit à