‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 104 sur 270 · C. Période de suppuration · texte numérisé non relu

C. Période de suppuration

D. Période d’épuisement.

Douleur.

Douleur intense.

Accablement après la cessation de la douleur. Envies fréquentes et difficulté d'uriner.

1 1° Dupuytren : épuisement nerveux.

2’ Wilks : choc subi par le système nerveux.

3° D’après quelques auteurs, supression, par suite de la brûlure, des fonctions de la peau.

A. Période primitive , ou irritative. .

Lang (de Gottingen.)

Quelquefois

mort rapide 1 5° Baraduc

avec abaisse- (

ment de la I

température. „ (

6° Sonnen- J

burg.

7» Von Lesser .

Congestion des reins ; urémie consécutive.

Soustraction d’une grande quantité de la sérosité du sang; sang dès lors plus épais; difficulté consécutive de la circulation.

Diminution réflexe du tonus vasculaire par suite de l’irritation des appareils nerveux terminaux.

Altération primitive du sang au niveau de la partie brûlée. Perle de l’hémoglobine. Altérations consécutives de la masse sanguine.

Oligocythémie rapide.

j Phénomènes locaux inflammatoires du côté des organes thora-

B. Période inflam-t ciques : surviennent surtout dans le cas où la brûlure existe

matoire t au n*veau des parois de la poitrine. Épanchement pleurétique.

/ Marche insidieuse. Phénomènes encéphaliques inflammatoires l rares.

Phénomènes locaux inflam- \ matoires du côté d°s or- f p)iarrliée.

ganes abdominaux. En-| Mort subite par péritonite aiguë, térite ulcéreuse. )

Accidents traumatiques ordinaires.

C. Période de suppu- 1 Continuation des accidents thoraciques et abdominaux, ration. ... .1 Convulsions chez les enfants.

\ Morts subites. Embolies probables.

D. Période d’épuise- ( „ .

. Affaissement progressif.

Il nous reste à vous entretenir de l’anatomie pathologique, du diagnostic, du pronostic et du traitement de la brûlure.

Anatomie pathologique. — Nous ne voulons pas revenir sur les diverses lésions que nous avons examinées déjà à propos des divers degrés de la brûlure, nous appellerons seulement votre attention sur les altérations que présentent les organes internes à la suite des symptômes généraux que nous venons de passer en revue.

Lorsque les malades succombent pendant la première période, vous rencontrerez surtout des congestions encéphaliques, souvent des épanchements ventriculaires et de la congestion des méninges : le refoulement du sang à l’intérieur, l’excitation perçue par les centres nerveux peuvent rendre compte de ces phénomènes. Nous n’avons pas à vous signaler de nouveau les altérations du sang qui peuvent expliquer les cas de mort rapide.

Dans la deuxième période, il est fréquent de constater des inflammations broncho-pneumoniques et des épanchements pleurétiques. Des altérations spéciales se montrent aussi du côté des intestins. Dupuytren en avait indiqué quelques-unes; mais depuis lui, Lang (1840, London medical Gazette ), Curling (medico -chirurgical Transactions , 1842), Erichsen ( London medical Gazette, 1844), reprenant l’étude de ces lésions viscérales, ont confirmé ces découvertes et les ont agrandies. Dupuytren. avait décrit seulement les congestions, les ecchymoses de l’intestin; Erichsen et Curling ont, déplus, appelé l’attention sur les faits suivants. Au troisième ou au quatrième jour après l’accident, commence l’hypertrophie des glandes de Brünner, cette modification dépendant probablement des phénomènes congestifs que l’on voit se produire à ce moment. A la place de ces glandes hypertrophiées, il se forme une ou plusieurs ulcérations, en général bien limitées, à bords nets, non décollés et non taillés à pic. Voici, du reste, les observations que l’on peut faire au point de vue du siège, de la fré-

quence et de l’aspect de ces ulcérations. Presque toutes siègent dans le duodénum, aux environs du pylore. Leur fréquence est assez grande, puisqu’on les rencontre chez le tiers des sujets brûlés succombant pendant la deuxième ou la troisième période. Leur aspect est souvent différent : tantôt l’ ulcération est à son début, tantôt elle est en voie de cicatrisation, quelquefois deux ou trois ulcérations sont réunies ; tout autour d’elles, la muqueuse intestinale est presque toujours fortement injectée, boursoufflée, même enflammée. Le foie est congestionné et présente souvent les signes de dégénérescence graisseuse.

Pendant l'évolution de ces quatre périodes, le sang est fréquemment altéré ; nous en avons1 déjà parlé à propos des morts rapides, nous ne reviendrons pas sur cette question ; remarquez seulement que cette altération peut dépendre de diverses causes :

1° Elle peut provenir de la perturbation importante qui existe du côté du fonctionnement cutané dans toutes les brûlures considérables.

2° Les congestions internes, surtout celles du rein, du poumon ou du foie, ne peuvent moins faire que d’entraîner des modifications dans la composition du sang.

3° La grande quantité de sérosité qui s’écoule parfois des phlyctènes entraîne cet état de plasticité du sang sur lequel Baraduc a surtout insisté.

4° Le sang est toujours plus ou moins lésé au niveau d’une partie brûlée. Les globules altérés, en se mêlant au courant sanguin, entraînent nécessairement d’autres modifications ultérieures dans la masse sanguine. Il en résulte soit des hémorragies passives à la peau, soit des suffusions du côté des muqueuses ou des organes internes, soit des concrétions fibrineuses qui deviennent l’occasion d’embolies et d’infarctus.

Diagnostic. — Le diagnostic de la brûlure comporte le plus ordinairement la solution des questions suivantes :

1° Affirmer l’existence d’une brûlure ;

2° Apprécier le degré, le siège exact, l’étendue de la lésion ;

3° Le médecin légiste doit souvent rechercher la nature du corps qui a produit la brûlure et indiquer si cette brûlure a été faite pendant la vie ou après la mort.

1° Reconnaître une brûlure est habituellement chose facile. Rappelez- vous cependant que celles du premier et du deuxième degré présentent tout à fait l’aspect de l’érythème ou de l’érysipèle. Souvent des phlyctènes occasionnées par le contact irritant de substances spéciales peuvent simuler à s’y méprendre des phlyctènes du deuxième degré. Velpeau, dans ses cliniques, cherchait toujours à faire ressortir les points de ressemblance qu’on pouvait établir entre les phénomènes de la contusion et ceux de la brûlure : inflammations superficielles à divers degrés, inflammations profondes, escarification, élimination des escarres. Malgré ces ressemblances, il est évident que le plus souvent le diagnostic différentiel est assez facile. Nous nous souvenons néanmoins d’un cas où Velpeau avait réussi à égarer le diagnostic de plusieurs médecins qui suivaient sa visite. 11 s’agissait d’un blessé qui avait sur le dos une contusion déterminée par le passage sur cette région d’une large courroie mise en mouvement par une roue; la pression avait bien pu, du resté, déterminer un certain dégagement de calorique. Les uns avaient diagnostiqué une brûlure au troisième degré, les autres une contusion grave avec escarification.

2° Pour l’appréciation du degré de la brûlure, le problème est plus difficile, le diagnostic est même quelquefois impossible dès le début. A ce moment en effet, l’inflanimation peut ne pas être considérable ; ensuite ce symptôme augmente et entraîne ultérieurement des suppurations et même la formation d’escarres qui ne semblaient pas tout d’abord devoir se réaliser. Ce fait explique l’opinion, souvent formulée dans le public, que la brûlure agit pendant neufs jours. Eu tait, cette opinion est évidemment fausse; mais comme résultat, il est vrai que pendant les premiers jours qui suivent un trauina-

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