BRULURES PAR LE GRISOU
2° D’ordinaire on voit survenir, à peine quelques heures après l’accident, des gonflements considérables .
3° Le derme offre toujours une teinte d’un gris sale ; il est d’une sécheresse extrême.
4° Gomme symptômes généraux, voici quelques indications à retenir. Le sang est tout d’abord refoulé violemment du côté des organes internes; il y a ralentissement des mouvements du cœur, petitesse et concentration du pouls. Habituellement, avons-nous vu dans les cas de brûlures ordinaires, la vessie contient toujours peu d’urine. Au contraire, dans la brûlure par le grisou, la quantité d’urine est plus considérable. Gela dépend probablement de la pression plus élevée dans le système aortique (expériences de Ludwig et de Glande Bernard) .
5° Après avoir présenté tout d’abord des phénomènes très graves ; de la stupeur, des vomissements, quelquefois de l’excitation, le blessé se remet souvent très rapidement. Après quelques instants passés au grand air, on le voit recouvrer son intelligence et répondre aux questions qu’on lui fait. Il peut même quelquefois marcher, rentrer seul chez lui ; puis, peu de temps après, la scène change, les douleurs se font sentir de nouveau et des symptômes généraux trè s graves se manifestent aussi.
6° Après deux ou trois jours, surviennent les inflammations des organes internes. Si le blessé est robuste, il a quelques chances de survivre.
Les malades présentent, du reste, à partir de ce moment les mêmes phénomènes que ceux qui se manifestent lors d’une brûlure ordinaire. Vous remarquerez seulement que les symptômes de localisation inflammatoire ont lieu surtout du côté des organes abdominaux; de plus, lorsque la suppuration se produit au niveau d’une brûlure par le grisou, cette suppuration est toujours abondante; elle dure longtemps; on voit se former des croûtes grisâtres et molles. L’aspect des surfaces brûlées ressemble assez
bien à ces éruptions impétigineuses que l’on voit chez les enfants scrofuleux. Cette lésion persiste, dans ces conditions, pendant un temps très long, et ce n’est souvent qu’après des mois, quelquefois même des années, que la guérison est complète. Ce fait, d’après quelques observateurs, tiendrait à l’action spéciale de la flamme du grisou; il semble plus naturel de le faire dépendre de l’état général du brûlé qui reste toujours affaissé, après avoir été plus ou moins éprouvé par l’inhalation des gaz délétères, entre autres de l’oxyde de carbone. Sous l’influence de cet état général déprimé, anémié, la cicatrisation ne se fait pas ou se fait mal, et c’est une opinion acceptée parmi les mineurs que ceux qui ont avalé le feu en conservent l’empreinte pendant un temps très long. Ils ne reprennent pas facilement leurs forces et conservent longtemps une anémie caractéristique qu’on doit certainement considérer comme dépendant de l’intoxication méphitique.
En résumé :
Brûlures étendues, superficielles, s’accompagnant souvent d’engorgements considérables;
Suppurations longues ;
Phénomènes généraux graves;
Localisations inflammatoires plus fréquentes du côté des organes abdominaux ;
Anémie consécutive persistant longtemps.
Brûlures déterminées par la vapeur d'eau. — Les observations de ces brûlures spéciales ont été surtout relatées dans les ouvrages de chirurgie navale. Ainsi, dans le traité du docteur L. Saurel, vous trouverez la relation très détaillée des brûlures produites à la suite de l’explosion de la chaudière du yacht royal le Comte d’ Eu. Voici les observations qui ont été faites à ce sujet :
1° Les brûlures produites par la vapeur sont peu douloureuses. En réfléchissant à la douleur si vive si promptement ressentie dans les cas de brûlures produites par l’eau