‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 107 sur 270 · BRULURES PAR LA VAPEUR D’EAU · texte numérisé non relu

BRULURES PAR LA VAPEUR D’EAU

chaude, on ne peut s’empêcher d’être étonné de ce symptôme qui doit en partie dépendre de l’instantanéité avec laquelle l’accident se produit. Begin avait déjà indiqué ce fait pour les brûlures par les métaux en ignition. Dans ces conditions, des membres presque entiers peuvent être carbonisés, sans que le blessé ressente immédiatement une grande douleur. Lorsque, au contraire, les brûlures du quatrième ou du cinquième degré, se font lentement, la douleur est très vivement ressentie.

2° Les brûlures produites par la vapeur d’eau sont toujours assez profondes; ce sont des brûlures du quatrième et du cinquième degré.

3U La mort survient très rapidement ; ce résultat est en rapport avec les accidents locaux qui existent dans ces cas, soit du côté du larynx, soit du côté des bronches. Les brûlures des muqueuses sont très fréquentes dans ces conditions ; elles présentent des altérations locales diverses, tantôt l’hypérémie simple, tantôt la chute de l’épithélium ; tantôt la muqueuse est plus profondément altérée, et même complètement détruite.

4° Les brûlures par la vapeur sont très fréquentes en Angleterre, à cause de certaines habitudes domestiques. Ainsi, dans la plupart des familles, il y a constamment sur le foyer des bouilloires à thé avec de longs becs. Les enfants viennent pour prendre quelques gorgées du liquide, et l’on voit dans ces conditions se produire des brûlures plus ou moins profondes du pha • rynxet de la muqueuse broncho- trachéale. Le docteur Philipp Bevan a donné sur ces brûlures d’excellentes indications qui ont été publiées dans l’ Union Médicale de 1860.

Brûlures 'par suite de V explosion de la poudre. — Il faut tenir compte, pour ces brûlures, de la température très élevée des gaz qui se produisent pendant l’explosion, et de l’incrustation dans les tissus de particules charbonneuses, les unes incandescentes, les autres moins chaudes. Malgré la température très

élevée qui se développe ail moment de la combustion de la poudre, les brûlures qui en sont le résultat sont généralement limitées au troisième degré et dépassent rarement le quatrième. Les parties ainsi brûlées présentent un aspect caractéristique, elles sont toujours noircies par les résidus de la poudre et l’on rencontre fréquemment à leur surface des grains de poudre qui, implantés plus ou moins profondément dans les tissus, constituent autant de petits corps étrangers.

Les auteurs distinguent ces brûlures en deux catégories :

! Brûlures simples,

Brûlures compliquées (complications de contusions plus ou moins graves).

Ces dernières exigent évidemment une surveillance plus attentive, puisque les accidents dus à la contusion viennent s’ajouter à ceux de la brûlure.

La présence des grains de poudre incrustés dans la peau nécessite quelques précautions pour les extraire. Cette extraction doit se faire le plus rapidement possible, car, après un certain temps, ces grains de poudre pénétrant plus complètement dans les tissus, leur ablation devient beaucoup plus difficile. Une aiguille à cataracte sert pour cette opération, toujours longue et souvent douloureuse.

Il nous reste, pour réaliser le programme que nous vous avons indiqué, à étudier le coup de chaleur et la combustion spontanée.

Coup de chaleur. — On donne le nom de coup de chaleur à l’ensemble des phénomènes locaux et généraux produits chez l’homme par l’action de la chaleur, soit naturelle, soit artificielle. Ces phénomènes peuvent tout naturellement se diviser en deux catégories :

(1° Le coup de soleil, j 2° Le coup de chaleur.

En France, jusqu’à présent, ces accidents n’ont pas été décrits complètement dans les ouvrages de chirurgie, et cela se

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