Des symptômes locaux H ypéresthésie au début
fonctionnels. . . . . ( pJus tard; aneslhésie.
Deuxième degré. — Au deuxième degré, on constate des lésions plus profondes :
IDes crevasses,
Des phlyctènes,
Des épanchements sanguins avec ou sans ulcérations consécutives.
Crevasses. — La peau se présente avec une coloration plus violacée, la tuméfaction est plus accentuée ; l’épiderme alors se fendille, et l’on voit se constituer de petites ulcérations irrégulières auxquelles on a donné le nom de crevasses. Ces lésions peuvent exister aussi dans les gelures du premier degré, lorsque l’influence du froid s’est fait sentir pendant
GELURE — DEUXIÈME DEGRÉ
longtemps ou à des intervalles fréquemment répétés. Cette altération pourrait ainsi être considéré ) comme une transition entre le premier et le deuxième degrés.
Phlyctènes. — Los phlyctènes qui se forment renferment une sérosité blanchâtre mélangée de quelques grumeaux, elles sont habituellement entourées d’une zone d’un rouge brun. Quelques auteurs ont indiqué dans cette phlyctène la présence de liquides colorés plus ou moins rougeâtres. Pour Fremmert, ce fait n’existe pas, et à ce degré le liquide des bulles et des phlyctènes est toujours une sérosité claire, jamais colorée en rouge, ni trouble. Le plus souvent, la phlyctène se déchire, et la surface dénudée constitue une ulcération à fond gris cendré, ulcération qui, dans quelques cas, persiste assez longtemps. C’est ce que l’on appelle l’engelure entamée. Lorsque ces symptômes succèdent au premier degré par suite d’une réaction trop vivement sollicitée, on dit alors assez volontiers que c’est seulement une engelure du premier degré réchauffée. Les médecins ont cherché à faire des engelures une maladie constitutionnelle, un érythème spécial en rapport avec la diathèse scrofuleuse. Parfois la phlyctène ne se déchire pas ou ne se déchire que très tardivement; au-dessous on trouve, reconstitué, un épiderme d’une ténuité extrême, d’une teinte rosée, et dont la sensibilité est toujours très prononcée à ce niveau.
Epanchements sanguins. — Au lieu de renfermer une sérosité plus ou moins limpide, les phlyctènes peuvent contenir du sang. Ce phénome constitue un épanchement sanguin se produisant dans les endroits où l’épiderme présente le plus d’épaisseur. L’épanchement sanguin peut encore survenir audessous de l’épiderme, sans que celui-ci soit soulevé. D’autres fois, le sang est infiltré dans le tissu même du derme. Vous retiendrez la description suivante de Legouest :
1° L’épanchement siège surtout au niveau des extrémités inférieures, à la face plantaire des orteils, au talon ; il s’étale souvent sous l’épiderine qu’il colore en noir.
2° Il est habituellement dur, peu douloureux, à moins d’une pression très forte.
3° Aucune auréole n’existe à la limite.
4° Quand on perfore l’épanchement, le sang- ne s’écoule pas facilement, il est tout d’abord visqueux ; puis, après un certain temps, il prend l’aspect d’un vernis desséché, se détachant par petits fragments.
Ces épanchements sanguins diffèrent beaucoup, comme on le voit, des épanchements séro-sanguins que l’on rencontre soit dans les cas de fractures, soit à la suite d’érysipèles graves, mais il est possible de confondre, dans certains cas, ce symptôme avec des escarres gangréneuses. Selon Legouest, cette lésion serait essentiellement sous la dépendance d’un état scorbutique ' général; il nous semble plus judicieux de la rattacher simple-
ment aux marches forcées qui déterminent la déchirure des petits vaisseux. C’est, en effet, presque toujours au niveau de la plante du pied qu’on observe ce phénomène. Sous l’influence , i du froid, les vaisseaux s’altèrent, deviennent plus friables, et, au
moindre effort, des déchirures s’opèrent.
Jusqu’ici les symptômes qui sont sous la dépendance de l’action du froid ressemblent tout à fait aux lésions déterminées par les brûlures:
Erythème,
Phlyctène,
Ulcération.
Nous retrouvons tous ces symptômes dans les deux premiers degrés de la brûlure : n’étaient les épanchements sanguins que nous venons de vous décrire, l’analogie serait vraiment frappante.
Au troisième degré, nous constaterons une différence esseni. ’ tielle .
Troisième degré. — • Lorsque l’influence du froid agit avec plus d’intensité, voici tout d’abord ce que vous constaterez :
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GELURE — TROISIÈME DEGRÉ
Les parties deviennent blanches, sèches, dures,
d’une insensibilité complète.
C’est ce que nous appellerons la congélation temporaire, l’anoxémie temporaire du troisième degré : la connaissance de ce phénomène a conduit à réaliser l’anesthésie locale.
En eiFet, quand on cherche à anesthésier une partie, soit en appliquant à ce niveau un mélange réfrigérant, soit en se servant de vapeurs d’éther, on voit, à un moment donné, ces parties devenir blanches, plus dures; l’insensibilité est alors complète, la congélation temporaire est obtenue.
Cette première phase du troisième degré donne à la gelure
une physionomie particulière. En prenant quelques précautions, en faisant sur la surface gelée quelques frictions avec de la neige, en maintenant l’application de compresses froides, en d’autres termes, en surveillant la réaction, une fois l’influence du froid supprimée, on peut voir la circulation se rétablir, l’anoxémie cesser et les parties revenir à l’état normal.
Cette expérience, réalisée, il y a longtemps, par limiter consiste, vous le savez, à congeler l’oreille d’un lapin à l’aide d’un mélange réfrigérant, qui la rend sèche, dure, cassante; l’animal ne souffre nullement, même quand on en sectionne une partie, les vaisseaux ne laissent écouler aucune goutte de sang;
puis, en surveillant la réaction, la chaleur se rétablit peu à peu, et tout rentre dans l’ordre.
Il n’en est pas de même pour les brûlures. Une partie brûlée au troisième degré ne peut pas revenir à l’état normal. L’escarification est fatale, et les tissus ne reprendront leur vitalité qu’ après la chute de l’escarre et la cicatrisation. Pour la gelure, au contraire, une partie peut présenter le caractère distinctif du troisième degré, l’anoxémie et cette partie, comme nous venons de le voir, peut revenir à l’état normal.
Le troisième degré de la gelure est caractérisé par la mortification des tissus, tantôt immédiate, tantôt consécutive. Lorsque la mortification est immédiate, on voit apparaître des taches d’une coloration un peu bleuâtre, quelquefois diffuses; d’autres fois, leur délimitation est bien nette. Ges escarres immédiates, provenant des gelures au troisième degré, présentent les caractères distinctifs suivants :
Elles sont de consistance molle ;
Elles mettent toujours un temps très long à se détacher ;
Elles laissent après elles des ulcérations fongueuses, d’une teinte rouge saumon, faites comme par emporte-pièce ;
Ges ulcérations se cicatrisent avec une lenteur extrême.
L’escarifi cation immédiate peut être plus ou 'moins profonde. On comprend dès lors que Legouest et Valette aient distingué des degrés correspondant à l’altération de tel ou tel tissu, cellulaire ou musculaire, et qu’ils aient admis un quatrième et un cinquième degrés ; mais, dans la plupart des cas, il est beaucoup j>lus difficile que pour les brûlures de pouvoir reconnaître à quelques signes certains la profondeur de la lésion.
Lorsque l’escarification est consécutive, on voit les parties tuméfiées au niveau desquelles la réaction s’opère devenir beaucoup plus douloureuses, l’inflammation s’en empare, et il survient des fusées purulentes et des plaques gangréneuses plus ou moins étendues ; souvent un bout de doigt, un orteil, le nez, une oreille, sont frappés de. mortification.
Nous venons de passer en revue les trois degrés de la gelure admis par Callisen, en vous signalant seulement le quatrième degré de Legouest. Il nous reste actuellement à examiner les autres effets déterminés par le froid.
Le froid peut-il agir plus complètement en produisant l’escarification immédiate de tout un membre, comme dans les cas de brûlure au sixième degré. Beaucoup d’auteurs ont pensé