‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 12 sur 270 · IMMERSION · texte numérisé non relu

IMMERSION

la réfrigération obtenue par l’eau froide n’est pas suffisante, on peut se servir de glace pilée et renfermée dans une vessie ou dans un sac de caoutchouc. Billroth emploie souvent ce moyen à la suite des amputations, dans le traitement des fractures compliquées de plaies et dans les plaies contuses. La glace appliquée sur les plaies agit à la fois comme antiphlogistique, comme antiseptique et comme hémostatique. Suivant lui, la gangrène est peu à craindre comme complication ; mais plusieurs fois il a vu survenir, dans le voisinage des plaies contuses, des phlegmons volumineux que ce traitement est impuissant à prévenir ou à modifier dans leur marche.

Immersion. — Nous avons dit que l’emploi de l’eau pour le traitement des plaies avait conduit au procédé de l’immersion. L’immersion, comme cette expression l'indique, consiste à plonger la partie blessée dans un bain rempli d’eau, soit d’une façon continue, soit d’une façon intermittente. Percy, un des premiers, avait conseillé l’emploi de ce moyen. En 1841, Charles Mayor publia un mémoire intéressant sur ce sujet. C’est un mémoire sur l’appropriation des bains aux plaies des diverses parties du corps ; les appareils proposés sont certainement ingénieux, mais difficiles à se procurer, souvent d’une application pénible, et malgré bien d’autres instruments dont vous trouverez la description dans l’ouvrage de Gaujot, le procédé n’est resté qu’un procède d’exception.

Pour les pansements par l’eau vous retiendrez les quelques conclusions suivantes :

1° Le pansement à l’eau que nous avons décrit en premier lieu est le plus simple, le plus facile à appliquer dans la plupart des cas.

2° Le procédé de l’irrigation est un moyen plus difficile à mettre en usage et plus dangereux ; il faut habituellement en réserver l’application aux cas de plaies contuses.

3° L’immersion est un procédé plus prompt, mais difficile, très difficile à mettre en usage, et que l’on ne peut, par conséquent, employer que dans des cas excessivement rares.

Pansement à V acide carbonique, — Nous rangerons dans la même catégorie le pansement à l’acide carbonique. L’application de l’acide carbonique au traitement des plaies vient d’une expérience réalisée par Ingenboux, physicien hollandais, ayant résidé longtemps en Angleterre. Cet auteur observa qu’après avoir eu le doigt dénudé de l’épiderme par suite de l’application d’un vésicatoire, la douleur ressentie augmentait beaucoup si l’on faisait arriver sur la surface privée d’épiderme unecertainequantité d’oxygène ; (pic cette douleur diminuait beaucoup, au contraire, si l’on substituait à l’oxygène l’acide carbonique. En 1856, Follin, dans un article publié dans les Archives de médecine, conseilla l’application d’un appareil spécial pour mettre en usage ce procédé pour les plaies d’amputation, par exemple. Le moignon était entouré d’un manchon en caoutchouc, un tube conduisait sur la plaie l’acide carbonique que l’on pro duisait à part dans un flacon spécial par la réaction ordinaire de l’acide tartrique sur le bicarbonate de soude. Demarquay et Leçon te avaient imaginé aussi un appareil à peu près semblable. Cette méthode n’a pu se généraliser : les appareils sont difficiles à avoir, difficiles à appliquer, aussi n’est- ce que dans des cas tout à fait exceptionnels, dans des cas, par exemple, de plaies excessivement douloureuses que vous pouvezavoir recours à ce moyen.

Pansement de Burgraeve. — Nous considérerons aussi comme mode de pansement agissant dans un sens antiphlogistique, le pansement du professeur Burgraeve. Il consiste dans l’application sur la plaie de très minces feuilles de plomb que l’on maintient à l’aide de bandelettes agglutinatives. Suivant l’auteur, les avantages de cette méthode peuvent se résumer de la manière suivante :

1° Le plomb est un contact doux pour la plaie ;

2° Il dispense d’employer la charpie, cause permanente d’infection ;

3° La couche de sulfure qui se forme empêche la putréfaction et le développement des organismes qui l’accompagne ;

Page 1